Twilight : la fin d'un mythe et du désir...





Le rire est le propre de l'homme...
On m'en avait peint une fresque de la frustration sexuelle mormone, on ne m'avait pas menti. Twilight - Chapitre 1 : Fascination est une comédie hilarante! Des répliques qui feront pâlir d'envie les Kevin Smith, Alain Chabat et autres... Un film à faire mouiller les culottes adolescentes...
Twilight se veut le paradigme de la recherche adolescente du désir. Ainsi, Kristen Stewart excelle dans l'art d'essayer de laisser transparaître une quelconque excitation sur son visage, en se mordillant tout simplement la lèvre inférieure, laissant à la vue de tous sa petite langue vermeille immaculée. Malgré son charme évident, l'effet escompté échoue. Il n'en ressort qu'une impression d'aphte (ou d'herpès) lui rongeant la parole. Bella, lycéenne de 17 ans, tombe enfin amoureuse d'un garçon... Un amour enfantin certes, mais amour quand même. A cet âge, on se regarde droit dans les yeux, de loin, sans contact, pour mieux apprécier les prémices du désir. Le propos niais d'une pseudo-métaphore du désir adolescent, évoqué en long et en large dans Twilight, nous fait regretter l'œuvre de Pascale Ferran, Lady Chatterley qui est pourtant l'apogée filmique niveau jocrisse.


Face à elle, Robert Pattinson surprend son monde en devenant le maître incontestable de la mono-expression faciale, toujours fausse et cabotine. Du haut de ses 23 ans, il possède néanmoins un talent, celui d'être mauvais, mais adulé de tous (de toutes...). Dans une société qui prône le travail et le mérite, son succès semble alors hypocrite. Qu'a-t-il fait, mis à part, rester planté devant une caméra, à réciter sans émotion aucune son texte? Avis aux amateurs : pour bien gagner votre vie, filmez-vous immobile.
Pour clouer le tout, Stephenie Meyer explose le mythe du vampire, initié par Bram Stocker avec son Dracula. Nous avons face à nous une imitation discount du vampire, qui brille au soleil (on dirait des diamants dixit Bella), a une vie sociale, joue au base-ball avec ses potos...
L'indien, Taylor Lautner, ou comment ruiner le style de Jason Mewes dans Jay and Silent Bob Strike Back. Bonnet, cheveux longs, tête marrante, mais pas de chanson? Dommage, en dérivant vers ce genre, Twilight aurait pu être une référence du cinéma comique...

La photographie, quant à elle, donne l'impression au spectateur d'être en face d'un téléfilm amateur autricho-hongrois des années 80. Et l'usage abusif de gros plans sur des personnages au charisme de post-it ne sert en rien le film.

Malgré tout, nous ne regretterons pas les fous rires devant ce film. Un film à phéromones, qui n'aura le mérite que de gonfler les caisses des complexes cinématographiques.

Avatar : anti-américanisme écologique




Succombons à la tentation, et entrons dans les salles obscures pour y découvrir la révolution du moment : Avatar!
Après les pleurs du Titanic, les frissons d'Aliens le retour, l'oppression d'Abyss, James Cameron revient à l'attaque avec son Avatar. Autant dire qu'on ne peut sortir des salles indemne...


Tout d'abord, parlons du scénario... Avatar nous narre la colonisation impérialo-capitaliste de la société américaine de l'an 2154. Les marines sont envoyés sur Pandora, afin d'y récupérer de l'unobtanium (minerai très rare, pouvant résoudre la crise énergétique sur Terre). L'être humain a décidé d'exploiter les richesses minières de l'espace. Problème sur Pandora, les ressources sont situées sous un arbre géant, résidence principale des Omaticayas. Ces Na'Vi refusent de se laisser exploiter par l'envahisseur, et résistent. Les terriens, en attendant de les chasser de force, adoptent une solution plus pacifique et rusée : ils créent le programme Avatar. Il consiste tout bêtement à créer des copies presque conformes du peuple de Pandora, de s'immiscer et s'intégrer dans leurs tribus, afin de leur demander gentiment de s'en aller. Sympa, non? Retenons aussi la réplique du film, celle qui fait le chef-d'œuvre : Je te vois (I see you en VO). Là, on est passé à quelques centimètres du ridicule (Tag, you're it)...

Le topo est fait, entrons dans le vif du sujet...

Le scénario est la chose à ne pas retenir du film : les situations sont toutes prévisibles (quelle fin!) et les personnages sont des caricatures triviales vues et revues! Cependant, il est très ancré dans l'actualité : l'histoire est le reflet de la guerre du pétrole. A l'instar des Etats-Unis qui persiste avec sa guerre en Irak (la deuxième réserve mondiale de pétrole), les Marines d'Avatar s'en vont à Pandora pour l'unobtanium! Dans cette optique, il eusse été drôle de la part des USA d'envoyer des agents en Irak, en immersion totale, afin de convaincre le peuple irakien de quitter ses terres pour qu'on puisse les dépouiller, non?

La représentation des Na'Vi


Un Na'Vi, comme son nom ne l'indique pas, est perçu par les humains comme un être primitif. Prenant exemple sur les indiens d'Amérique (attention, film anti-américaniste!), il combat l'envahisseur avec un arc et des flèches, et chasse. Très proche de la nature, il vénère les arbres, la faune et la flore. Son esprit est connecté directement à la nature, par un acte de symbiose quasi-sexuelle. D'un point de vue physique, il est très grand (sa taille atteint les trois mètres), et sa structure osseuse est renforcée par du carbone. Ces caractéristiques sont le fondement du message du film. James Cameron a voulu à travers son Avatar nous faire ouvrir les yeux sur le comportement humain, l'importance de l'écologie. Il déclare d'ailleurs : "Avatar est un film engagé, qui s'ouvre et se ferme sur l'image du héros en train d'ouvrir les yeux. C'est le message du film : il faut ouvrir les yeux.  Protéger l'environnement". La construction physique des Na'Vi prend alors tout son sens : ils sont plus grands car ils ont compris leur rapport à la nature, leur peau est bleue pour nous signifier l'importance de l'océan, nous rappeler le réchauffement climatique qui nous guette... Un film alarmiste au demeurant, d'autant plus accentué par l'image qu'il donne de l'homme.

L'être humain, destructeur de la planète

Pourquoi nous fait-il ça, James? Il nous décrit comme des monstres insensibles, idiots et inconscients! Le paradigme de cette vision dégradante est la scène de destruction de Kelutral, l'arbre sacré. On prend une énorme claque, visuelle d'abord, et psychologique ensuite. Derrière le divertissement, la réflexion. Sommes-nous conditionnés par la société à devenir ces futurs et hypothétiques malfrats anti-naturel? Deviendrons-nous des robots, à l'image du colonel Quaritch se glissant mécaniquement dans sa peau d'acier? Cette œuvre monumentale espère nous convaincre qu'il faut bouger les choses, avant de perdre le contrôle de la planète, notre contrôle.

L'essence du cinéma

Avec Avatar, on retrouve la nature-même du cinéma (paradoxe?), telle que nous la décrit Panofsky dans son texte Style et matériau au cinéma. Le septième art est un progrès technique (vive l'avènement de la 3D relief), enchantant et magique, mais populaire avant tout.

Oui, le cinéma est un divertissement! On y retrouve de nombreuses références à des films ayant fait le succès (pécuniaire) des salles obscures. Ainsi, certaines scènes vous rappellerons Star Wars, d'autres Aliens, Jurassic Park, Titanic... Oui, car Cameron a aussi un côté mégalo, et n'hésite pas à s'auto-référencer.
Mais derrière ça, il y a un amour certain du cinéma, et de l'image. Autant dire qu'Avatar est une véritable claque visuelle de deux heures quarante et une minutes. La 3D relief, qu'on aime ou pas, nous fascine. Les décors sont majestueux, les couleurs sont incandescentes et criardes (mais jamais superflues), les effets spéciaux exceptionnels subjuguent... Avatar est le film à voir au moins une fois dans sa vie.

Le cinéma a une fonction sociale intrinsèque, qui façonne le comportement des gens. Cameron l'a bien compris, et mise sur cet aspect pour faire bouger les choses. Là où Michael Moore a échoué, Cameron réussira-t-il? Verdict dans 144 ans...

Erwin Panofsky - Style et matière du septième art




Erwin Panofsky est un historien allemand de l'art, sans doute le plus célèbre, travaillant principalement sur le symbolisme caché des œuvres (peinture). Alors, lorsqu'il touche pour sa seule et unique fois le domaine cinématographique, Ciné-Focus ne peut qu'être heureux! L'ouvrage concerné, Trois essais sur le style, sort en 1996 chez Gallimard (l'essai fût écrit dans les années 30).


La naissance du cinéma

La première chose à mettre en exergue est la façon dont le cinéma est apparu. L'homme a toujours été fasciné par la représentation du monde. Ainsi, il y a plus de 15 000 ans dans les grottes de Lascaux, l'être humain griffonnait des images, reflet de la faune, de leurs exploits de chasse, de leurs croyances... Puis vint la photographie, les appareils de projection basique, et tout le tralala! Tout cela pour dire que le cinéma est un progrès technique, naît d'une évolution et non d'un besoin. En effet, la naissance du cinéma est indissociable de l'émergence du capitalisme. Joseph Schumpeter (célèbre économiste autrichien) théorisait l'importance de l'entrepreneur dans l'économie : l'innovation crée le besoin. Le cinéma en est le paradigme. Certes, ce point n'est pas primordial, mais il fallait l'aborder (dommage que Panofsky n'y eusse pensé).
Panofsky nous fait remarquer que "ce n'est pas un besoin artistique qui provoqua la découverte et le perfectionnement d'une technique nouvelle, c'est une invention technique qui provoqua la découverte et le perfectionnement d'un nouvel art". Le cinéma est a contrario des autres arts, né de l'innovation.


L'essence du cinéma

L'ambition principale de cet essai sur le cinéma, est de définir l'essence de ce nouvel art : le divertissement! Pour l'historien allemand, le succès de cette nouvelle forme d'art vient du pur enchantement qu'on éprouvait à avoir l'impression de voir bouger les choses, qu'elles que puissent être ces choses. De plus, le cinéma est à la base un art populaire : mise en forme et plasticité ne prévalent en rien le plaisir cinématographique de la masse (d'ailleurs, le cinéma se définit par sa production de masse).
Les hautes classes de l'époque ne fréquentaient que peu les salles obscures : "Il n'est guère étonnant que les hautes classes, quand ils commencèrent petit à petit à s'aventurer dans ces premiers cinémas, ne le firent pas en gens qui cherchent une distraction normale et éventuellement sérieuse, mais avec ce sentiment caractéristique de condescendance consciente que nous avons quand nous plongeons, en joyeuse compagnie, dans les profondeurs populaires de Coney Island ou d'une kermesse européenne : il y a encore quelques années, la règle, pour des gens d'un certain standing social ou intellectuel, était qu'on pouvait avouer avoir pris plaisir à d'austères films éducatifs...".
En s'appuyant sur l'essai, on déniche deux modes de consommation : le cinéma en tant que divertissement (la classe populaire), et le cinéma ludo-éducatif (les hautes classes). On peut alors avancer le paradoxe des hautes classes, qui méconnaissent l'essence du cinéma : si on met le cinéma au service d'une autre fonction (éducative ou autre), ce n'est plus du cinéma, il perd son essence de divertissement.

La fonction sociale du cinéma

Panovsky souligne également dans son essai le rôle du septième art dans la société, sa dimension sociale. Le cinéma étant un art populaire, il façonne (modèle) le comportement des gens, participe à la construction d'une identité commune. Le cinéma prend alors le relais d'arts qui ont perdu leur fonction sociale. L'auteur écrit : "Que cela nous plaise ou non, c'est le cinéma qui modèle, plus que n'importe quelle autre force singulière, les opinions, le goût, le langage, l'habillement, le comportement et même l'apparence physique d'un public comprenant plus de 60 % de la population du globe." Pour preuve, il n'y a qu'à s'intéresser de plus près au cinéma de propagande  et de manipulation de masse nazie, ou pendant la guerre froide...

Pour aller plus loin :

Cinema Tycoon 2 : Movie Mania



Après avoir été aux commandes d'une brasserie industrielle, d'un casino, d'un hôpital, d'une prison, d'une écurie, d'un zoo, de New-York, la saga Tycoon nous propose de gérer un cinéma!

Vendu comme le meilleur du Tycoon, cela laisse à désirer sur le niveau des autres jeux...

Cinema Tycoon 2 nous permet de gérer plusieurs cinémas (de la petite salle de quartier, au grand complexe), sans aucune indépendance. Prendre les rênes d'une salle de cinéma : un rêve pour de nombreux gamins, qui ne se réalise pas ici (ne serait-ce que virtuellement)! Amateurs du septième art, ne jouez pas à ce jeu.



Graphismes, sons, jouabilité?

Rien de bien transcendant à l'image. A l'heure de la révolution 3D au cinéma avec Avatar, on ne peut qu'être déçu par la pauvreté visuelle de Cinema Tycoon. Les décors sont sympathiques certes, mais peu convaincants. On se croirait dans un jeu d'objets cachés estampillé Big Fish. Pas grand chose à dire : la ville, les guichets, le snack bar, la salle de cinéma, et puis c'est tout!

La bande sonore elle, nous laisse entendre une musique répétitive, aux allures d'épopée romaine, qui n'arrive pas à contrecarrer le soporifisme de ce jeu de gestion.

Pour jouer, c'est facile : prenez votre souris et cliquez la où on vous le demande (les écrans se mettent en surbrillance avec les astuces activées), et voilà. Aucune difficulté n'est présente, à un point tel qu'on n'a pas l'impression de jouer. Bien dommage... Surtout qu'il n'y a pas de mode libre, où nous pourrions faire exactement ce que l'on veut de notre cinéma, l'agrandir à notre rythme, projeter les navets pour notre bon plaisir...


Pourquoi faire?

En quoi consiste ce jeu? Il consiste à acheter des bobines de film, les projeter dans sa (ou ses) salle(s) de cinéma, les vendre quand elles ne sont plus rentables, tout cela au gré des goûts versatiles du public. Avec les bénéfices engrangés, vous devrez améliorer la qualité de votre exploitation : achat de nouveaux projecteurs, de nouveaux sièges, d'un ensemble sonore plus performant, de guichets, de salles, d'articles de snack bar, faire un parking, etc. 

Voilà, une fois le fonctionnement du jeu compris, plus rien ne nous arrête, mis à part l'ennui. Pour venir à bout des missions de sauvetage des cinéma, comptez trois petites heures. Malheureusement, Cinema Tycoon 2 n'a pas réussi à se sauver lui-même.

Si malgré cela, vous désirez ce jeu, plus que tout au monde, baladez-vous sur le site de Micro Application, et vous trouverez votre bonheur.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...