Les anges de la télé-réalité


"Ils sont huit et ont marqué l'histoire de la télé-réalité en France. Aujourd'hui, ils débarquent aux États-Unis avec un seul rêve en tête : conquérir Hollywood"...
Prenez des individus ordinaires sans talent dont la seule particularité est d'avoir participé à une émission de télé-réalité. Demandez à ces personnes de choisir un objectif bateau (devenir acteur, chanteur, mannequin... star avec plein d'argent pour résumer). Mettez-les dans une villa de rêve à Miami ou Los Angeles et filmez-les 24/7 pour obtenir facilement un cocktail d'identification pour les spectateurs ordinaires. Avoir déjà vu la tête des candidats dans d'autres émissions auparavant fait que le petit public derrière son écran cathodique (actualisation : de nos jours priment plutôt les écrans plats LCD, LED, etc.) considère un peu ces candidats comme des people, les voyant comme des gens du quartier que l'on croise sans vraiment les connaître... Mais là, ces "personnalités" vont tout faire pour rester sous les feux des projecteurs (et a fortiori vendre quelques clichés bidonnés aux magazines people afin d'arrondir leurs fins de mois...) : nous avons donc des répliques cultes propres à la télé-réalité (répliques qui pourraient servir de base à une publicité : "Toi non plus aussi tu veux pas parler comme que comment eux ces gens ils parlent de la bouche : Bescherelle"), des disputes entre gonzesses, des demoiselles qui n'en glandent pas une et bronzent toute la journée au bord de la piscine sous un soleil magnifique, des mecs qui flirtent avec les filles les plus jolies (dans la pensée télévisuelle, la joliesse se calcule au prorata de maquillage sur le visage : plus t'en mets, plus t'en as !). Mais il y a surtout le parrain de l'aventure : Fabrice, le mec qui a des amis influents partout dans le monde du showbiz' et qui te dégotte des rendez-vous avec les meilleurs producteurs (relatif...) en claquant des doigts...

Après s'être farci dans la première saison : Astrid et Diana de L'île de la tentation, Steevy et Marlène du Loft, Senna, Amélie et John-David de Secret Story, et Cindy Sander de la Nouvelle Star ; On se tape pour la deuxième du lourd, mais alors très lourd... : Sofiane de la Star Ac', Monia de Popstars (Whatfor powaaaa !), Daniela, Johnatan, Caroline et Julie de Secret Story, Brandon de L'île de la tentation, Marvin de Génération Mannequin, et Loana du Loft !

Les candidats des anges de la téléréalité n'ont que quelques semaines pour profiter des vacances tous frais payés sur la côté américaine, faire de l’œil lors des rendez-vous arrangés et avancer dans leur objectif de "carrière"

"T'as pas de talent, t'as que dalle !" lancé par une Monia en colère, résume avec brio le concept et le niveau d'une émission qui marche.

Shakira - Rabiosa (featuring Pitbull)


Shakira, où l'art de rendre n'importe quel clip sexy à en mourir...
La bombe latine a une nouvelle fois frappé. Après une déferlante de vidéos suite à la coupe du monde de foot en 2010, dont la pitrerie musicale "Waka Waka" servait d'hymne officiel, elle revient à la charge avec une véritable bombe visuelle, où la plastique atrocement désirable de la chanteuse colombienne met à mal les hormones de l'être mâle. Les déhanchements suintant la séduction pullulent dans ce clip vidéo, accompagnés par des gestes fortement connotés sexuellement (deux doigts sur la bouche, un lancer de boules sur une gonzesse à moitié défroquée dans une baignoire... s'il n'y a pas d'allusions, fusillez-moi !) sur des airs puant le coït. La belle plante, affublée d'une légère robe verte laissant se profiler les lignes gracieuses de ses gambettes perchées tout en haut de ses bottes à talon, susurre à nos oreilles des sonorités à la limite de l'orgasme, sous une perruque rappelant les exquises danseuses du cheval fou. Alternant la démarche féline d'une chanteuse populaire (domptée par la toute-puissance d'un physique avantageux) et des fragments de désir sur une barre de pole dance, le réalisateur aura réussi à faire de cette illustration visuelle de chanson racoleuse, une œuvre ancrée dans une époque où le sexe est roi (et ici, reine...). Chapeau bas et culotte baissée.

Notons toutefois les nombreuses références à Pokémon : Ratata, Ratata... A quand l'apologie de Pikachu ?

Gordon Ramsay: Cookalong Live



Il existe deux versions de cette émission...
  • D'un côté, il y a la version cheap des britishs. Le concept est posé : le grand chef Grodon Ramsay (dix étoiles au Michelin, pas mal quoi !) propose de concocter avec un invité (et une dizaine d'internautes en live) un bon petit plat, en une heure. Dans une petite cuisine sans prétention, Gordon Ramsay, entouré de quelques spectateurs triés sur le volet et ébahis de voir un chef multi-étoilé avec une énergie folle (comme s'il s'était fait une ligne de coke avant l'émission), montre ses talents de cordon bleu, ainsi que son côté pédagogue avec une attitude passionnante.
  • De l'autre côté, il y a l’exubérance et le pognon des Américains : un décor immense, des spectateurs à foison (il doit y en avoir au moins deux cents !), des écrans géants qui poussent par-ci par-là, une cuisine centrale immense ouverte sur le public...
La version U.K. fait beaucoup plus intime que l'U.S. Il y a déjà moins de caméra, les plans se concentrent plutôt sur Gordon, les invités et la nourriture, tandis que les américains aiment à nous faire des cadrages larges, des travellings survolant les spectateurs. Du grand spectacle comme seuls les américains en sont capables.
Faire des pâtes, des desserts n'a jamais, Ô grand jamais, été aussi fascinant que depuis le jour où le chef Ramsay s'est mis aux fourneaux des émissions culinaires télévisées. Animateur dans l'âme, Gordon jongle entre les fourneaux et les discussions rapides avec ses invités (tous aussi attachants les uns que les autres, dans un contexte bisounoursien : le spectateur a alors la chance d'entendre Allison Hannigan avouer être cute-a-tarian, c'est-à-dire qu'elle refuse de manger tout ce qu'elle pourrait - ou aimerait - avoir comme animal de compagnie... si c'est pas mignon ! L'une des stars de HIMYM séduit le peuple de par son charme naturel), et montre au monde entier sa face cachée : son humour. L'émission "Hell's Kitchen" lui laissait sur le front une étiquette de tyran déterminé, tandis que "Ramsay's Kitchen Nightmares" insistait sur ses critiques acerbes de la bouffe mal cuisinée et réchauffée au micro-ondes, le tout ponctué par des "Fuck !" intempestifs. "Cookalong Live" redonne ses lettres de noblesse au cuisinier, et le jette dans le monde des personnalités que l'on aimerait côtoyer parce qu'elles ont l'air trop sympa.

A choisir je prendrai la version américaine, beaucoup plus moderne et télévisuelle que celle lancée par les anglais.

Critique : done !

Sexe et dépendances (Off Centre)


Sortez couvert !
"Sexe et dépendances", c'est le "American Pie" en série pour les gens qui n'ont plus douze ans, qui sont à la fin de leur adolescence et qui entrent à petits pas dans le monde adulte. Il n'est alors pas étonnant de retrouver Eddie Kaye Pause Caca Thomas et John John Cho de la saga à l'humour gras et acnéique. Cependant, contrairement à "American Pie" (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7...) les répliques et dialogues de la sitcom américaine ne sont pas cul-cul la praline, et traînent une maturité et un réalisme beaucoup plus signifiants dans le monde des grands. Exit la tarte aux pommes et autres conneries de pucelles, place à la life telle que la génération Y la connaît.


Une bande de potes, Mike Platt, Euan Pierce et Chau Presley (incontestablement le plus drôle des trois), mènent une vie tout à fait normale, bercée par le boulot et les amourettes. Une sorte de caricature des "Friends", avec moins de mélodrame et plus de rires en boîtes. Des situations plus ou moins grotesques, des délires pas toujours très drôles, mais des acteurs suffisamment convaincants pour que l'on adhère à cette sitcom qui n'aura (mal)heureusement pas trouvé son public, puisqu'elle n'offre que deux saisons et trente épisodes de vingt-deux minutes. A découvrir sans se presser.

Rien à déclarer


Pourvu qu'elles soient douces...
Autant "Bienvenue chez les Ch'tis" m'avait fait marrer (et encore plus lorsque j'ai vu le nombre de téléspectateurs...). Autant je considère Benoit Poelvoorde comme un excellent acteur (je suis et resterais sous le charme de "C'est arrivé près de chez vous"). Autant Dany Boon m'a déjà semblé sympathique sur quelques plateaux télés. Mais là, la sauce ne prend pas du tout. Le film est d'un pathétique du début à la fin. Même le générique final était un supplice. Les mimiques et l'intolérance du personnage qu'interprète Poelvoorde sont insupportables et m'ont refilé la diarrhée pendant près d'une semaine. Ruben Vandervoorde est l'archétype du Belge vu par les Français d'il y a... un million d'années : un gros con qui ne peut qu'être sujet à vannes. Dany Boon se crée pour lui-même un français aux allures de Ch'ti, mais sans l'accent. Tous deux douaniers, ils incarnent des bouffons sur pattes, complètements débiles. Les douaniers devraient protester face à cette insulte cinématographique. Et après, on s'étonne que les jeunes ne respectent plus l'uniforme, qu'ils caillassent des camions de pompiers et de police. Jamais je n'ai eu aussi honte d'être français que depuis la vision cauchemardesque que nous a livrée un Dany Boon en manque total d'inspiration. Pourvu que "Rien à déclarer" ne dépasse pas trop les frontières...

We are four lions


Boom boom pow !
"We are four lions" est une preuve par l'exemple que l'humour n'a aucunes limites. Les anglais sont bien connus pour leur sens de la bouffonnerie, et cette merveilleuse comédie de Chris Morris en est la confirmation.


Dans un contexte toujours ultra chaud bercé par les menaces que nous matraquent les journaux télé et la presse écrite, "We are four lions" exploite le terrorisme et ignore toutes les idées reçues sur les méchants moudjahidines, les combattants du mal. L’extrémisme islamique en deviendrait presque attirant, grâce aux performances des acteurs, incarnant avec brio ce quatuor de terroristes en herbe, un peu attardés sur les bords, mais tout de même intelligents lorsqu'on y regarde de plus près. On s'attache à cette bande de joyeux lurons, préparant avec farce et rigueur un attentat permettant de leur ouvrir les portes du paradis, accueillis par 72 vierges effarouchées. J'attends impatiemment la saga "Omar" : "Omar à l'école des terroristes", "Omar et la chambre des bombes", "Omar et le prisonnier d'Ouzbékistan", "Omar et le détonateur de feu", "Omar et l'Ordre du Coran", "Omar et le Cheikh de sang-mêlé", "Omar et les reliques de Ben Laden". Une manière subtile de faire réfléchir le spectateur sur le monde qui l'entoure. Magnifique.

Halal police d’État


Non, ce n'était pas le radeau !
Éric et Ramzy ne sont plus drôles depuis "Double Zéro", c'est-à-dire sept ans.

"Les Dalton" : nul.
"Steak" : catastrophique.
"Seuls two" : insignifiant.

Le duo comique ne parvient pas à esquisser un semblant de talent d'acteur, et aucun sourire ne se dessine sur le visage du spectateur. Pourtant nous, pauvres observateurs, faisons d'énormes efforts pour tenter de comprendre l'humour (absent) de "Halal police d’État". Nous essayons en vain d'apprécier les références cinématographiques nombreuses présentes dans ce long-métrage, mais le duo non-comique est si exaspérant qu'il est impossible pour l'être humain de trouver une once d'intérêt à cette daube monumentale. Le réalisateur s'attache à calquer ses plans sur ceux de films vraiment drôles ("La cité de la peur", "Mais qui a tué Pamela Rose"), tandis que les vannes lourdes et douteuses fusent à la vitesse de la lumière."Halal police d’État" est un immense bordel, un ramassis de bêtises et de clichés qui ne feront qu'amplifier le rejet de la population française envers les immigrés maghrébins.


Le Front National n'aura qu'à diffuser en masse ce film pour être certain d'être élu en 2012. Merci aux personnages d’Éric et de Ramzy, de faire de notre planète un endroit peu accueillant et chaleureux, où l'intolérance règne en maître. A quand la campagne présidentielle ?

Triangle


Je, tu, il, nous, vous, ils...
"Triangle" est l'une des surprises que l'on aime à découvrir par hasard. Le scénario même s'il n'est pas vraiment original, puisqu'il s'inspire de deux mythes (le triangle des Bermudes, et Sisyphe), est captivant et imprévisible. Pourtant, il n'est pas évident de scotcher le spectateur sur son siège (canapé de salon... le film étant sorti uniquement en vidéo) avec une histoire de bateau-fantôme et une boucle temporelle qui se répète. Le réalisateur a profité d'un scénario ficelé à merveille, ainsi que de ses petits tours de cinéaste pour rendre intéressant cette œuvre étonnante.


Le jeu d'acteur est loin d'être parfait (très, très loin !), et la comédienne principale, Melissa George, ne possède qu'une seule expression de visage : les yeux ouverts aux trois-quarts, les sourcils bétonnés sur le front et la lèvre supérieure dévoilant à chaque seconde sa dentition du haut. Heureusement que l'accessoiriste du long-métrage a eu l'idée de génie de lui faire porter un débardeur blanc laissant déborder de temps à autre une poitrine visuellement agréable (et accordant quelques points de plus au charme d'une blonde australienne), accompagné d'un mini-short en jean et d'une petite veste en laine pour que le personnage ne fasse pas trop catin. A voir au moins une fois pour se faire une idée du triangle.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...