John Dean - House of Evil : The Indiana Torture Slaying



Quand un amoureux de la culture s'est farci avec plus ou moins de mal les films "The Girl Next Door" (celui de Gregory Wilson) et "An American Crime" (Ellen Page quoi !), il lui devient tout naturel de s’intéresser au cas Sylvia Likens. "House of Evil: The Indiana Torture Slaying" relate la tragique histoire d'une jeune et charmante adolescente américaine, torturée à mort par sa pensionnaire de famille d'accueil. Mis à l'écrit par l'excellent travail journalistique de John Dean, les malheurs de Sylvia passionnent par la froideur et l'objectivité des mots de l'auteur, tout autant que par la tristesse diabolique des situations. Nous découvrons avec horreur au fil des pages les insanités subies par la pauvre adolescente docile, sous le joug d'une famille d'accueil possédée par une génitrice à la sanction facile et sévère. Des faits avérés à en faire froid dans le dos !

Et pourtant... plus la lecture avance, plus le lecteur s'agace face au manque de réaction et d'intelligence d'esprit de l'ensemble de cette tribu primitive. Il est difficile de concevoir une logique dans ces événements tragiques. Il est presque impossible de comprendre les réactions d'une adolescente potentiellement intelligente, qui ne cherche pas plus que ça à sortir de cet enfer, préférant les coups à l'instinct de survie. Il est pénible d'assister iimpuissant aux fièvres perverses d'une moukère inconsciente et bourreau principal de ce pandémonium offusquant. Il est malheureusement utopique d'espérer pouvoir se détacher de ce document absorbant et terrible.

Le bouquin se découpe en deux parties principales : l'histoire de Sylvia Likens d'un point de vue global, et le procès de la famille Baniszewski (entre autres). On découvrira avec plaisir, rage ou regret les sanctions prises par la justice américaine envers ces tyrans perfides. De même, la présence de l'auteur John Dean au procès lui permet d'expliciter les réactions du banc des accusés, de la famille de la martyre persécutée... Un bouquin passionnant qui laisse le liseur sur une question sans réponse : pourquoi ?

Olive et Tom (Captain Tsubasa)



De la tomme à l'olive...
"Olive et Tom", c'est l'archétype de l'excès, de la démesure totale et du gros comme un maison qui passe comme une lettre à la Poste parce que la première fois qu'on a vu le dessin animé on était des gamins pré-ados fans de futchébole ! Les frasques et aventures d'une bande de mioches (dont l'âge cumulé n'atteint pas les deux chiffres...) dont l'unique dessein est le football. Quelques années de vie seulement, et déjà ils ont trouvé leur but ultime : le soccer ! Pour eux, le ballon rond est une question de vie ou de mort...


Olivier Atton, Thomas Price, Ed Warner, Marc Landers... des noms qui ont marqué l'esprit de toute une génération de collégiens (et moins si affinités). L'on se souvient tous de ces petits génies (et beaucoup plus que ça) du foot, capables de jouer avec les jambes et les épaules démises ou brisées, capables de transpercer les filets de but avec un tir si puissant qu'il fera également un trou dans le mur, capables de tirer tellement fort que le ballon prendra feu, capables de faire des figures acrobatiques dignes des plus grands saltimbanques pour arrêter une frappe de la mort, capables de faire des tacles assassins sans que l'arbitre ne daigne siffler une faute, capables de faire des sauts en l'air d'une dizaine de mètres pour faire une tête ou un retourné acrobatique, capables de courir sans s'arrêter sur un terrain de football plus grand que la superficie totale de l'Europe, capables de discuter tout en courant et en pensant à voix haute... mais incapables d'être des jeunes gamins insouciants et immatures. Nous sentons bien que le manga original a été écrit par des grands (n'est-ce pas?), plaçant à tout bout de champ des élans de maturité qu'un môme ne peut avoir. Chaque épisode (et match) est rythmé par le questionnement sur soi ("Pourquoi ai-je joué personnel avec que je n'avais qu'à faire une passe latérale à mon coéquipier pour assurer le but et la victoire ?", "Que ferais-je si le médecin ne me laisse pas jouer la finale ce soir ?"...). Chaque match est rythmé par les commentaires du speaker, qui a le temps d'analyser les mouvements et stratégies d'équipe pendant le match parce qu'une passe transversale peut durer tout un épisode, qui a le temps de décrire précisément les actions qui se déroulent sur le terrain (ou dans les vestiaires, ou chez le médecin... c'est un speaker omniscient...) pour le grand bonheur des 120 000 spectateurs et des millions et millions de téléspectateurs scotchés devant leur écran cathodique pour suivre l'évolution des jeunes poussins... Et pourtant malgré tout ça, l'ancien collégien qui s'éclatait à regarder les aventures d'Olive et Tom en rentrant de l'école, s'éclate aujourd'hui encore devant cet anime magistral et passionnant.

Amélie Nothomb - Tuer le père


C'est toujours avec un bonheur non simulé que chaque année je retrouve mon auteure favorite : Amélie Nothomb. Certes, plus les années passent et plus les feuillets livrés chez Albin Michel par la dame au chapeau diminuent. Pour sûr que le style Nothomb ne sort pas d'un abysse démiurgique réservé aux seuls génies de la littérature. Cependant, je ressens toujours le même plaisir à découvrir le nouveau Nothomb...

Une heure et quelques minutes supplémentaires m'ont suffi pour venir à bout de cette philocalie belge. Le puissant processeur Nothomb enchaîne avec assurance une écriture automatique, simple et efficace. Toujours créative, la talentueuse Amélie extirpe de son tromblon une histoire flyée, comme à son habitude, délectable récit d'un jeune adolescent qui découvre les affres de l'amour en la personne de sa mère adoptive, sexy fire dancer dans le désert du Nevada. La Belge nous offre un trip aux allures de western dans le fabuleux monde magique d'un minet encore puceau. En recyclant de manière subtile mais attendue le complexe d'Oedipe, Amélie Nothomb parvient encore à accrocher le lecteur à sa plume, sans pour autant l'emporter dans un nirvana littéraire.

Sex and death 101




Lorsque l'on voit le talentueux Simon Baker, héros de la série qui cartonne en ce moment ("The Mentalist"), sur la jaquette d'un DVD qu'on n'aurait pas acheté s'il n'avait pas été dessus et qu'on l'achète pour cette raison sans-même se poser de questions, c'est que le marketing et la puissance commerciale des américains n'a aucuns soucis (d'autant plus que Simon Baker est australien...).


Le résultat : ils nous vendent du vide ces salopards ! Encore un truc vu et revu, qu'un gamin de huit ans a pondu au détour d'une cour de récré pendant que son grand frère regardait en cachette dans sa chambre une des cassettes porno de son vieux ! Un être omniscient (ou presque) a dressé la liste des 101 personnes avec lesquelles Roderick Blank a couché dans sa vie. Or, ce jeune homme qui s'apprête à se faire passer la bague au doigt n'a à ce jour soumis à son bon vouloir que 29 femmes. Apparemment il y a quelques soucis sur le décompte... Roderick reçoit tout de même un email (ouais un email plutôt qu'une lettre, ça fait plus moderne et djeuns') contenant cette fameuse liste. Sa vie sentimentale et sexuelle s'en retrouvera complètement chamboulée ! Oh, que c'est étonnant : on ne l'avait pas vu venir ça ! Est-ce que Roderick parviendra à combattre le destin et cette liste? La surprise est de taille, et le suspens insoutenable... S'il n'y avait pas eu au casting Simon Baker et la toujours très charmante Winona Ryder, ce stupide "Sex and death 101" aurait eu sa place dans les films qu'on ne remarque pas dans les bacs de DVD.

127 heures



Pas de bras, pas de chocolat...
Après un "Slumdog Millionaire" bien sympathique qui nous plongeait quelque peu dans l'univers de Bollywood, mais avec tout le pognon d'Hollywood, Danny Boyle -le réal' à la mode du moment- revient à la charge avec l'adaptation d'une histoire vraie particulièrement compliquée à mettre en scène sans que le spectateur ne se dise qu'il est devant un film soporifique sans aucun intérêt. Ce petit "127 heures" a réussi l'exploit de rendre intéressant les déboires d'Aron Ralston : le bras coincé sous un rocher dans le creux d'un canyon, il doit lutter des jours durant contre la déshydratation et la mort qui l'appelle petit à petit...



Armé d'un acteur principal étonnamment convaincant (James Franco comme on ne l'a jamais vu!), Danny Boyle enchaîne les mouvements de caméra improbables pour faire opérer la magie du cinéma dans ce petit espace restreint qu'est la crevasse terrestre. Un travail de montage particulièrement efficace, des scènes intéressantes et surprenantes, une tension à couteaux tirés, un spectateur imprégné des émotions transmises par un acteur dont on ne soupçonnait pas le talent : un film réussi, très réussi.

Sucker Punch



Bonjour grand fauve !
"Sucker Punch"...
Le titre était intéressant.
L'affiche du film était et est toujours alléchante.
Le synopsis semblait avoir du corps.
Le réalisateur était plutôt prometteur (eh oui, Zach Snyder c'est "300", "Watchmen", et aussi le remake "L'armée des morts", et "Le royaume de Ga'Hoole"... rien de bien transcendant, mais une petite patte intrigante).
Le résultat est pitoyable.


Il y a d'un côté les mâles qui regardent "Sucker Punch" parce que ça raconte l'histoire d'une bande de gonzesses canons qui échafaudent un plan pour s'évader de leur prison de bordel. De l'autre côté, il y a les pseudos-féministes qui regardent "Sucker Punch" parce que ça raconte l'histoire d'une bande de gonzesses canons qui échafaudent un plan pour s'évader de leur prison de bordel.
Le premier clan admirera la plastique des protagonistes, incarnant chacune un cliché différent (une blonde platine, une presqu'asiatique, une blackounette, une rouxette et la sage). Le film sera alors l'occasion pour ces mâles de fantasmer quelque peu sur ces hystériques belligérantes, rêvant de ce lupanar aux allures de paradis où tous les goûts sont admis.
Le clan des féministes imaginera une métaphore sous-jacente au film, mettant en exergue la libéralisation sexuelle de la Femme avec un grand F, pointant le doigt sur la violence que la susnommé a subi durant des décades et des décades. Ce long-métrage sera alors vécu comme l'apologie de la toute-puissance du vagin.


Le cinéphile remarquera la facilité avec laquelle Zack Snyder jongle avec les grosses ficelles et les tendances cinématographiques du moment ("Et si je faisais un cadrage bizarre là ?" ; "Allez on va ralentir cette scène comme ça ça fera un hommage à 'Matrix'", "Ouais mets des effets spéciaux partout ça marche bien ça"...) pour faire de son film à fort potentiel de la vulgaire pisse cinématographique. Dans la catégorie "Je fais un film où l'héroïne est emprisonné dans n'importe quoi et pour s'échapper elle s'imagine un monde parfait mais il n'y a aucun rapport avec Ilona", préférons à ce taudis de véritables œuvres ("Tideland" de Terry Gilliam en tête pour cette catégorie). Des effets spéciaux estampillés cinématiques de jeu vidéo, une réalisation bâclée et pompée sur les autres, un jeu d'acteur oscillant entre le géniale et le pittoresque, des filles sexys, un scénario sans fond : la recette du succès hollywoodien !

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...