Quand un amoureux de la culture s'est farci avec plus ou moins de mal les films "The Girl Next Door" (celui de Gregory Wilson) et "An American Crime" (Ellen Page quoi !), il lui devient tout naturel de s’intéresser au cas Sylvia Likens. "House of Evil: The Indiana Torture Slaying" relate la tragique histoire d'une jeune et charmante adolescente américaine, torturée à mort par sa pensionnaire de famille d'accueil. Mis à l'écrit par l'excellent travail journalistique de John Dean, les malheurs de Sylvia passionnent par la froideur et l'objectivité des mots de l'auteur, tout autant que par la tristesse diabolique des situations. Nous découvrons avec horreur au fil des pages les insanités subies par la pauvre adolescente docile, sous le joug d'une famille d'accueil possédée par une génitrice à la sanction facile et sévère. Des faits avérés à en faire froid dans le dos !
Et pourtant... plus la lecture avance, plus le lecteur s'agace face au manque de réaction et d'intelligence d'esprit de l'ensemble de cette tribu primitive. Il est difficile de concevoir une logique dans ces événements tragiques. Il est presque impossible de comprendre les réactions d'une adolescente potentiellement intelligente, qui ne cherche pas plus que ça à sortir de cet enfer, préférant les coups à l'instinct de survie. Il est pénible d'assister iimpuissant aux fièvres perverses d'une moukère inconsciente et bourreau principal de ce pandémonium offusquant. Il est malheureusement utopique d'espérer pouvoir se détacher de ce document absorbant et terrible.
Le bouquin se découpe en deux parties principales : l'histoire de Sylvia Likens d'un point de vue global, et le procès de la famille Baniszewski (entre autres). On découvrira avec plaisir, rage ou regret les sanctions prises par la justice américaine envers ces tyrans perfides. De même, la présence de l'auteur John Dean au procès lui permet d'expliciter les réactions du banc des accusés, de la famille de la martyre persécutée... Un bouquin passionnant qui laisse le liseur sur une question sans réponse : pourquoi ?










