Strangeman ou l’autopsie sans corps
Aujourd'hui je vais vous parler d’un album que je n’ai pas
écouté (cf : titre d'article). Non pas par négligence ou par snobisme, mais par principe
méthodologique : l’enjeu ici n’est pas d’évaluer une production musicale au
sens strict, mais d’interroger un objet textuel inédit : les commentaires
laissés par l’artiste lui-même sur ses propres chansons. En d’autres termes, il
s’agit d’un album dont je ne possède que la glose, le discours sur l’œuvre, et
non l’œuvre sonore. C’est une critique ricochet, où l’objet esthétique peut se laisser deviner à travers ses marges.
Ce geste critique, paradoxal et radical, met en lumière une question essentielle : peut-on comprendre un artiste sans sa musique, uniquement par ce qu’il dit de lui-même? L’entreprise est fragile, mais révélatrice : Strangeman existe peut-être davantage comme narrateur de son propre échec que comme compositeur.
