Zapping Amazing 2



Le Zapping Amazing 2.

Déjà, ce n'est pas un Zapping. C'est un ensemble sans fil conducteur de sketchs puisant ses références chez les Robins des Bois (sans le talent d'écriture, sans les bons comédiens, et sans blagues drôles...) ou les Nous C Nous (avec les mêmes lacunes citées pour les Robins), de vidéos/podcasts créées spécialement pour le spectacle (certaines parties de certains podcasts furent drôles, mais pas suffisamment pour que le système limbique déclenche un rire. À la limite, un sourire sera esquissé, voire un gloussement de pitié... quelques secondes dans l'entièreté du show). Si c'eût été un zapping, le rythme aurait été fort, et les longs moments de solitude des protagonistes sur scène ne se seraient pas fait sentir à travers l'écran. Bref, sans montage, cette génération Internet du rire n'est rien, déjà qu'à la base... elle est une coquille vide.

Deuxièmement, ce n'est pas Amazing. Où est l'étonnement, l'incroyable ? Où est le double arc-en-ciel ? Qu'y a-t-il de Chuck Norris là-dedans ? Que fait la police ? Ces personnalités ont peut-être grappillé quelques points de charisme dans Les Sims, sur scène, le néant. Aucun n'a suffisamment de prestance pour rendre cette parade nuptiale de podcasteurs divertissante. Kemar, Natoo, La Ferme Jérome, Mister V, Julfou, Cyprien, Norman, Hugo et quelques guests bien connus de la Toile parviennent malgré tout à titiller les hormones de gamines entre le primaire et l'entrée au collège, complètement folles de voir leurs idoles sur scène. Et la scène, parlons-en de la scène ! Le Grand Rex... On ouvre les Grands Boulevards aux petits porteurs de duvet là ? Une belle salle de spectacle, utilisée par des novices du Stand-Up pour faire les cent pas sur une estrade devant près de trois mille enfants, balançant des vannes communes, maladroites, sans puissance comique. 

Enfin, le 2... Pourquoi ? Faut s'arrêter là. Une fois ça passe. Deux fois, on se dit que la société n'a pas encore retenu la leçon, mais que là, c'est la der des der. C'est le déclic pour nous faire comprendre qu'il franchement temps de déterminer et fixer des limites. Les gamins, coupez-leur le Net, ou arrêtez de les estimer comme des enfants-rois, à céder à tous leurs caprices (Virginie : "Ouah y'a Normanfaitdesvideos en spectacle ! Je like sa vidéo et je partage sur Facebook et j'impose à mes parents de m'emmener au Zapping Amazing !")... À quand une descente des enseignants dans la rue pour une éducation à l'humour dès le primaire ? 

The Dark Knight Rises



Rarement me suis-je autant marré devant un film ! Le dernier volet de la trilogie batmaniesque de Nolan enchaîne avec une grosse papatte hollywoodienne les scènes humoristiques, les situations comiques et références hilarantes :

- Batman se transforme en Gregory House avec sa canne, sa jambe qui boîte et une barbe de trois jours. Une solution miracle pour se guérir ? Un petit collier autour du genou et on repart comme en 40.
- Bane, un méchant à la Darth Vader avec son masque à cartouche sur la tronche pour respirer convenablement car il a perdu sa ventoline.
- Batman va se faire démonter par le méchant Bane au point d'en avoir le dos brisé, et va se soigner grâce à... une corde.
- Marion Cotillard.
- La scénographie des combats, complètement ringarde et désuète.
- Des répliques attendues et stupides.
- Un combat de la voix la plus rauque entre Batman et Bane.
- Un pamphlet contre les communistes et les musulmans
- Un scénario confus et poussé à l'extrême
- ...

Heureusement qu'il y a beaucoup d'effets spéciaux et de l'action à foison pour faire oublier au spectateur lambda le viol cinématographique qu'il subi. Les zygomatiques en prennent un coup, mais pas autant que nos sphincters.

Dredd



Y'a pas Sly.
Y'a des punchlines ringardes.
Y'a des personnages principaux, gentils ou méchants, sans aucun charisme.
Y'a des accessoires (les armes... et surtout la moto du Juge Dredd !) ayant l'air de sortir de la Foir'Fouille du coin
Y'a un huis clos sans réelle ambition, qui se laissera voir tranquillement par les adeptes de films d'action.
Y'a des aberrations, comme dans tout film à héros : les méchants narcotrafiquants mitraillent (avec une sorte de M-134 géant, à balles explosives...) la zone où sont nichés les gentils juges... Un petit groupe (ici, deux personnes) va mettre à mal toute une organisation criminelle (un immeuble géant, l'équivalent d'une cité entière remplie de malfrats et d'Ak47 !)...

Dredd, c'est l'histoire d'un gars de la police mondiale, entre Robocop et Batman, un costume tout plastique sur une moto pas très belle ni esthétique, pour faire revivre (un revival comme les Américains en ont le secret) un film bidesque et culte du milieu des années 90, ancré dans une époque kitsch et racoleuse. Pete Travis, le personnel technique et le casting ont réussi l'exploit de faire pire que le Judge Dredd avec Stallone. Un film d'action au budget restreint, qui charme tout de même pour son côté "vieille école", bourrin et sans pitié. Ne cherchez pas une quelconque réflexion sur la justice ou l'utilisation abusive de la force dans cet univers dystopique où règne le chaos, elle est si sous-jacente et cachée par la fumée des explosions intensives (ou encore des cadavres jonchant le sol), qu'elle en devient inexistante. Un redémarrage du système encéphalique sera nécessaire après le white que se sera tapé votre cerveau.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

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