Sanctum


Oh bah tiens j'ai justement de l'argent à gâcher !
"Sanctum" est sans doute le film qui a bénéficié de la promotion et du marketing les plus aisés. En effet, quoi de plus attirant pour le spectateur (que dis-je, le consommateur de cinéma) que de voir sur une affiche géante, une bande-annonce à la télé ou autre... le nom du célèbre réalisateur canadien James Cameron, ainsi que ses deux films les plus connus "Titanic" et "Avatar", servis par une affiche rappelant (étrangement) celle du somptueux "Abyss" (de James Cameron lui-même en 1989). Alors forcément, quand le mec qu'a fait des millions et des millions d'entrées à travers le monde avec ses films prend les commandes de production d'un long-métrage qui se passe dans les grottes terriennes, il y a de quoi être appâté! Et au final, nous nous retrouvons avec une place de cinéma tarif "j'ai l'intention d'engranger un max de pognon" 3D, pour une œuvre qui ne mérite pas plus que le prix d'une location VOD.



"Sanctum" nous raconte une expédition spéléologique et marine, dans les tunnels d'Esa'ala, une galerie de grotte encore inexplorée. Par chance, un riche milliardaire en manque d'aventures finance ce voyage sous-terrain. Mais, on ne peut pas tout avoir non plus. Il se trouve qu'un cyclone approche et que les aventuriers fouillant les sous-sols de roche se retrouvent pris au piège dans cette prison de pierre, tandis que le niveau de l'eau monte petit à petit...



Nous avons envie d'aimer ce film, notamment à cause de la 3D convaincante et réussie (même si cela n'égalera jamais les projections 70mm des Imax), et des décors sous-terrains très beaux. Cependant, impossible d'y arriver. L'ouverture du film met des plombes à se faire, tandis que le réalisateur met plus d'une heure et demie à rendre ses personnages intéressants. Il ne nous reste plus qu'un sachet de pop-corn avec son gobelet géant de Coca pour ne pas trop souffrir de la quenelle cinématographique que nous enfonce bien profond la machine à pognon hollywoodienne. C'est ici le point le plus triste de l'histoire. Le film n'ayant coûté que la rondelette somme de 20 millions de dollars est déjà rentré dans ses frais sur le sol américain (avec un peu plus de 22 millions de dollars de recettes). Chaque spectateur européen allant le voir renflouera donc les poches déjà bien remplies de Cameron, James de son prénom, qui sur ce coup-là ne s'est pas foulé! Ce thriller des profondeurs n'a d'haletant que l'estimation que l'on peut imaginer, des liasses de billets qu'il amassera tout au long de son exploitation. Le navire a bien pris l'eau et Jack s'enfonce dans les gouffres marins pendant que le spectateur plonge pour tenter de le sauver, ce connard. En attendant, amusons-nous à regarder les recettes du film monter petit à petit!

Papa

 

Maurice Barthélémy nous offre avec son "Papa", le plus beau et agréable des Road-Movies français. Ce sympathique "film-route" sans prétention nous narre avec une sincérité monstre, la tendre histoire entre un père, Alain Chabat, et son fils, Martin Combes. Ce charmant couple d'individus est bien loin de l'humour absurde et déluré des Robins des Bois dont Maurice Barthélémy est l'une des figures de proue. Exit donc les vannes très quatrième degré du réalisateur qui nous avait enchanté avec son "Casablanca Driver". Place à une véritable tendresse.



L'histoire que déroule le célèbre Luc (de "La Stratégie de l'échec") sur le tapis d'asphalte des autoroutes de l'Hexagone, est un pur hymne simplissime au bonheur et à l'espoir. Alain Chabat émerveille par son talent d'acteur, tandis que le gamin à qui il donne la réplique brille d'un naturel inexplicable. Tous deux réunis donnent l'impression d'une réelle complicité, ce qui accentue la crédibilité de la relation familiale, et a fortiori celle du film (et encore plus si l'on regarde les bonus du DVD). Si l'on ajoute à cela une mise en scène intéressante, guidée par l'œil de cinéaste de Maurice Barthélémy, nous obtenons un cocktail cinématographique rare dans le paysage du septième art français. Entre une intrigue habilement développée, des plans agréables visuellement (étonnant d'ailleurs pour un road-movie sur les autoroutes françaises!) et un jeu d'acteur convaincant, il y a un très bon film français, original comme on n'en fait plus!

Le Filmeur


Qui veut de la fluoxétine ?
Le réalisateur français Alain Cavalier nous offre (quoique, je ne sais pas s'il s'agit d'un cadeau, je pencherai plus pour le Trojan - Cheval de Troie) avec son "Filmeur" un monde cinématographique sous Prozac. Tout le film souffre d'une exagérée lenteur. Les deux voix-off (celle de Cavalier et de sa compagne, Françoise), qui d'ailleurs ne sont pas vraiment des voix-off, endorment par le rythme soporifique qu'elles adoptent, tandis que les plans s'enchaînent à une vitesse phénoménalement stagnante, bercés par un montage violemment impromptu.



"Le Filmeur" est le dernier volet du triptyque autobiographique d'Alain Cavalier, complété par "Ce répondeur ne prend pas de message" et "La Rencontre" (auxquels nous pourrions ajouter le récent "Irène", sorti en 2008). Il s'agit donc d'un journal filmé, de l'exposition dans les salles obscures des fragments de vie intime du réalisateur. Cette intimité que laisse à voir Alain Cavalier est très dérangeante, surfant presque sur la vague du glauque. Les moments de grande émotion de la vie d'un individu (que ce soit la perte d'un proche, la maladie - aussi bénigne soit-elle - ou un ongle incarné) peuvent certes titiller la perversion à tendance voyeur de l'être humain. Cependant, lorsqu'il s'agit d'une réalité brutale et brut (Alain Cavalier admet lors d'un entretien filmé pour Telerama.fr ne jamais corriger une image), on tourne rapidement vers le malsain. S'il n'y a pas cette écran de protection, ce préservatif psychologique entre le spectateur et l'œuvre autobiographique, le film devient perversement troublant.


Les films de famille sont fait pour être regardés en famille. "Le Filmeur" est un film de famille, qu'il reste chez Cavalier! Evitez de voir "Le Filmeur", car le pathétique des situations (dans le sens où cela suscite de la pitié) risque fort de ruiner votre journée, ou votre semaine pour les plus sensibles. Triste.

The Hottie and the Nottie


Raccrochez c'est une horreur !
Navrant. Jamais un film n'a été aussi navrant!

La photographie est dégueulasse, malgré quelques levers de soleil californien. Les décors donnent l'impression d'être séquestré dans la cave d'un électricien autrichien, avec un éclairage digne d'une chambre à gaz!
Le scénario est bidon : deux filles (une bombe, un thon) et un gars. Le mec est depuis toujours épris de la jolie fille (Paris Hilton), avant de se rendre compte qu'en fait il est amoureux de la moche (Christine Lakin)! Pour cette épiphanie, il lui faudra une heure et vingt-six minutes!

Le jeu d'acteur est somptueusement pitoyable : la prestation de Paris Hilton frise le ridicule, presque autant que ses cheveux ; Joel Moore ferait honte aux acteurs de séries Z ; et Christine Lakin, elle se débrouille mieux que le reste du casting...

Le maquillage est le point le plus positif du film (...) : transformer Christine Lakin en une Ugly Betty bis uniquement en lui foutant des dents pourries, en lui ébouriffant les cheveux, en lui collant une mouche sur le menton et en lui mettant quelques tamponnades rosées sur les joues pour laisser l'impression qu'elle a un rash facial, ça ne peut qu'être une preuve de génie!

Et notons aussi des répliques sorties tout droit de l'encyclopédie universelle du navet : "Une vie sans orgasme, c'est comme un monde sans fleur", "Il y a du soleil, et comme on est sur un bateau, on va se faire bronzer", "Tu sais, j'ai lu quelque part qu'avoir une bonne estime de soi-même influence le regard des autres" (sortie de la bouche de Paris Hilton, ça ne peut qu'être risible)...

"The Hottie and the Nottie" mériterait bien mieux que la 35ème place du bottom 100 d'IMDB!

The Experiment



"The Experiment" nous raconte les affres de l'être humain. Dès le début, le générique nous offre une sorte de parallèle entre l'animal et l'homme. On est donc immédiatement dans le bain du long-métrage, qui ne fera, tout au long des quatre-vingt douze minutes qu'il dure, que dresser un portrait pessimiste et sauvage de l'habitant de la planète Terre.





Le film attaque fort, déjà par son entrée en matière, son ouverture très marquée par un fatalisme de la violence. On suivra pendant une heure et demie, une bande de vingt individus réunie pour les besoins de scientifiques faisant une expérience comportementale, d'une durée de quatorze jours. Cette expérience consiste à mettre ces chers cobayes dans une prison totalement coupée du monde extérieur. Une fois placé à l'intérieur de ce monstre de briques, le chef des scientifiques leur explique le fonctionnement de l'expérience : six des cobayes seront les gardiens, et le reste sera les détenus. Pour toucher le gain final de l'expérience (quatorze milles dollars chacun), les détenus et gardiens tout neuf doivent respecter quelques règles : si une seule personne abandonne, personne ne touche sa "prime" ; s'il y a une seule violence, tout s'arrête et chacun rentrera bredouille chez lui...



Une fois l'expérience lancée, le film devient véritablement intéressant (même s'il y a quelques excès de zèle de la part des scénaristes, beaucoup trop désabusés par la société environnante!). Nous entrons dans une relation de pouvoir entre les prisonniers et les matons, relation qui va forcément changer et révéler le mal qui sommeille dans chaque individu. L'une des règles de cette "prison expérimentale" est que chaque détenu doit terminer son assiette (on sent déjà ici la frustration des scénaristes, qui ont peut-être eu quelques conflits culinaires avec l'autorité parentale durant leur jeunesse...). Alors si un seul de la troupe s'y refuse, tente une petite rébellion d'adolescent, les gardiens tout frais devront sévir en conséquence, et sans violence physique. Alors, forcément, un des matons, légèrement psychopathe sur les bords va lancer l'idée de génie qui fera basculer le film : on ne peut pas les frapper, mais on peut les humilier ! On aura de ce fait droit à des bizutages en règle (urinons sur le méchant prisonnier, mettons-lui la tête dans les toilettes, enfermons-le dans une sorte de cuve, menottons-le sur les barreaux de sa salle, à la vue de tous...), jusqu'au jour où notre génie sociopathe pète un petit peu son câble (Forest Whitaker est d'ailleurs très bon dans son rôle!) et lance des répercussions à la violence crescendo. Le film va maintenant partir en sucette, dans tous les sens, dans une exagération totale de la mauvaiseté innée de l'être humain, poussant à... l'émeute des détenus ! Résultat : quelques bleus à la gueule, des coups de poing par-ci par-là, du sang à ne savoir qu'en faire, et la mort d'un diabétique qui ne réclamait que son insuline...



"The Experiment" aurait pu être un très bon film, singulier (marrant pour un remake). Mais au final, il est totalement annihilé par la pauvreté de la réflexion comportementale, ainsi que par le manque d'espoir et le côté too much des réactions des personnages. Soyons francs, rester deux semaines dans une pseudo-prison sans ouvrir sa gueule, et récolter quatorze milles dollars, c'est à la portée de tous. Tout le monde sauf "The Experiment".

Les Galettes de Pont-Aven

 

Une petite galette ?
Les petits gourmands, amoureux du septième art flirtant sans cesse avec les classiques du cinéma français, ne peuvent passer à côté de cette douceur délicieuse accompagnant thé ou café, émoustillant nos papilles avec un goût beurré et sucré très agréable. Notre palais remercie le côté glouton de l'être humain pour cette gâterie bretonne.




Joël Séria, lui, nous offre un autre délice. Il nous a pondu un très bon film, sous-estimé par la foule, mettant en scène un Jean-Pierre Marielle au sommet de son art. "Les galettes de Pont-Aven" est un véritable régal, auditif surtout, grâce à la volupté des dialogues déclamés par Marielle. L'acteur français à la longue filmographie nous donne à entendre des mots fabuleux, des déclarations d'amour pour le corps de la femme ("Oh ton cul! Comme il est beau! On dirait un Courbet dis donc. Quel génie il faut pour peindre ça. Quand je pense que ce mec en a peint des milliers et qu'on l'a poursuivi pour obscénité, alors qu'il a peint la plus belle chose au monde : un cul!"...), des répliques aux premiers abords sexistes ("Tu sens la pisse toi, pas l'eau bénite"), mais toujours sur une tonalité libérée, propre aux années 70. Ainsi, on aura de tout dans "Les galettes de Pont-Aven".


Suivre le circuit d'un représentant en parapluie, VRP d'il y a trente ans, ses frasques de coureur de jupon, son mal-être sexuel conjugal... n'aura jamais été aussi délectable qu'avec "Les galettes de Pont-Aven". Et pourtant, le sujet n'était pas forcément propice à l'appréciation. Joël Séria a réussi ici un très bon film, qui gagne à être reconnu.

Glee


Guilee guilee guilee !
Ceci n'est pas Glee, la série encensée et regardée par des millions d'amerlocs en mal de talent. Ceci est un pastiche d'Un Dos Tres, sans le côté euphorisant de Beatriz Luengo, sans la beauté latine de Monica Cruz, sans Pablo Puyol et les autres clichés espagnols. Ceci est un sous-High School Musical (et pourtant, la tâche était difficile : comment faire moins bien que Zac Efron et Vanessa Hudgens?). Ceci est une adaptation télévisuelle de A la recherche de la Nouvelle Star, sans Philippe Manoeuvre, sans les délires fantasmagoriques d'André Manoukian. Ceci est un ramassis de kitsch, fourré au jeu d'acteur calamiteux (serait-ce une référence avant-gardiste à Camélia Jordana?), au glaçage scénaristique immangeable. Ceci est l'archétype de la série surestimée. Ceci ne peut être regardé que par des adolescents incultes et aseptisés par la société. Ceci est l'un des arguments du monde snobinard. Ceci achète du temps de cerveau humain disponible. Ceci est Glee.


L'âge de raison

 


Les malheurs de Sophie...
Sophie Marceau a longtemps été un mythe pour toute une génération. Les spectateurs ayant vu "La Boum" seront unanime sur le charme, le naturel mirifique de cette sylphide bien de chez nous. Difficile après cela d'oublier la petite Vic, qui aura bercé la jeunesse de milliers de gens. Peu probable de ne pas songer à la belle Sophie en écoutant "Reality" ou "Your Eyes". Pourtant, Yann Samuel a réussi, à la manière de Stephenie Meyer et sa magistrale daube surcotée chez les ados pré-pubères (qui souilla à jamais l'aura du vampire), à briser le mythe sacré qu'était feu Sophie "Vic" Marceau.


"Chère moi-même, aujourd'hui j'ai 7 ans et je t'écris cette lettre pour t'aider à te souvenir des promesses que je fais à l'âge de raison et aussi te rappeler ce que je veux devenir..."



Un pitch tout aussi navrant que le choix de mise en scène adopté par le réalisateur. La petite Vic est devenue la grande Marguerite, phénoménale commercial et négociatrice hors pair, nageant dans une piscine dorée tandis que d'autres plongent dans une baignoire rouillée. Un jour, elle reçoit une série de lettres qu'un notaire à la retraite lui transmet. Ces lettres, elles les a écrites une trentaine d'années plus tôt. Dorénavant, le réalisateur va montrer son côté propret, son penchant Disney moralisateur. Le propos mièvre et naïf comme quoi il faut réaliser ses rêves d'enfance, aussi improbables soit-ils, va être l'occasion pour Yann Samuel de nous mettre des flashbacks à tort et à travers, tentant de nous faire croire à une certaine magie de l'enfance (couleurs criardes, effets spéciaux somptueusement français...). En plus de la tendance "petite souris qui parle et qui a de grandes oreilles", le metteur a un énorme complexe "Dora l'exploratrice". Les dialogues surfaits et niais sont tantôt en français, tantôt dans la langue de Shakespeare. Les non-anglophones crieront au scandale face à cette maladresse scénaristique. Le métissage entre les deux langues n'aurait pas été aussi choquant si les acteurs avaient un tant soit peu potassé leur accent. On se demande alors comment Sophie Marceau a pu incarner une James Bond Girl !



Outre la pauvreté de l'écriture et de la mise en scène, "L'âge de raison" souffre d'un mal encore plus profond : le jeu d'acteur. Sophie Marceau jouit d'une prestation calamiteuse et indigne de son statut de star, d'icône de l'Héxagone, tandis que ses différents partenaires de "comédie" irritent, à un point tel que le spectateur est tenté de brûler tous les câbles audio présents, de se percer les tympans afin de ne plus jamais être capable d'entendre ces braillements terribles.



Sophie Marceau n'est plus. Son aura a disparu. Elle emporte avec elle cette ordure audiovisuelle qui ne doit jamais, mais alors jamais, être vue.

Tazza Rotta


"Et si le plus grand salon d’art contemporain était votre salon ? Art Channel expose la création artistique de l’ère informatique provenant du monde entier directement dans votre salon."

Aujourd'hui, aux environs de seize heure, je suis tombé sur cette œuvre de Jerry King Musser, "Tazza Rotta". Tout de suite, j'ai été intrigué. Plusieurs éléments peuvent contribuer à cet intéressement soudain...


Dans un premier temps, un rire pulsionnel profond s'est emparé de moi, provoqué par la nullité terrible et le pitoyable de ce court-métrage d'art contemporain. Comment une personne saine d'esprit se qualifiant d'artiste peut-elle nous pondre ceci, une vidéo de quatre minutes totalement vide de sens. Oui, je trouve ceci vide. C'est l'histoire d'un mec qui filme des tasses, qui tire tables et chaises (surplombées de tasses évidemment) avec des cordes. Et puis c'est tout, rien de plus, rien de moins. Alors je me demande si je suis passé à côté de quelque chose. Peut-être est-ce là le propos, le message de l'œuvre? Peut-être est-ce ce manque de contenu, cette absence de matière, qui sont propice à la réflexion sur ce film! En ceci, c'est une réussite. L'auteur serait alors l'avant-garde d'un mouvement du néant artistique, un concept du rien?

Dans un second temps, je me suis demandé si cet artiste gagnait sa vie grâce à ses œuvres (j'ai supposé en voyant la monstrueuse qualité de "Tazza Rotta" qu'il n'en était pas à son premier exploit...). Quelques recherches Internet plus tard, il est difficile d'y apporter une réponse. Jerry King Musser n'a pas encore l'honneur d'avoir une page Wikipédia (peut-être serai-je un jour son biographe!), sa célébrité n'est donc pas au beau fixe. Je me tourne alors vers son site web personnel, son portfolio web : http://www.musser.cc. On y découvre alors un artiste plutôt prolifique malgré sa non-reconnaissance wikipédienne. Une centaine d'œuvres référencées. Je continue donc ma quête d'informations. http://rhizome.org/profiles/jerrykingmusser/ me donne un peu plus de détails : cursus universitaire, prix et autres distinction, expositions, ... Intéressant...

Puis, je me suis penché quelques instants sur le titre de la vidéo : Tazza Rotta. Mes connaissances en italien étant limitées, j'ai fait confiance à Google Translate : tasse brisée. Le titre est tout à fait convenu pour une vidéo montrant des tasses, qui par un subtil jeu de cordes et un montage époustouflant  finissent par être brisées! Je suis alors déçu par ce manque d'audace et d'originalité. Le titre aurait dû aller dans le non-sens visuel, et pointer vers quelque chose de totalement différent, sans aucun rapport, et dont la signification serait nulle... "Pomme de terre", "Robe de chambre" ou encore "Gant de Velours" (quoique ce dernier pourrait donner du sens à la vidéo...).

Enfin, j'ai décidé de m'intéresser un peu plus à ce bonhomme, en regardant non pas ses œuvres vidéos (Tazza Rotta m'ayant achevé pour un temps), mais ses travaux photographiques. Quelques-uns de ses clichés étant disponibles sur la toile, autant en profiter! Nous les trouvons ici : http://www.flickr.com/photos/meadowdweller/show/. Lorsqu'il ne s'agit pas d'images animées, l'artiste devient intéressant, et propose de très beaux clichés.

Les fadas d'art contemporain bizarre se rendront sur Art Channel qui propose des vidéos en ligne d'artistes très peu connus (je n'en ai guère reconnu). Les autres fadas pourront fréquenter les FRAC et autres...

Mes petites amoureuses



A nous les petits françaises !
Les cinéphiles "avertis" crieront au génie, à la majestuosité du discours d'Eustache, à la perfection de ton des comédiens. Ils se pavaneront devant le souvenir de ce cinéaste méconnu du grand public. Les amateurs du cinéma américain d'action, des comédies romantiques tire-larmes, des Disney moralisateurs et fabuleux... perdront bon nombre de leurs repères cinématographiques face à cet œuvre particulièrement étrange.
Ce sentiment bizarre que laisse "Mes petites amoureuses" n'est pas seulement dû à la longueur du film (deux heures). Il s'agit de l'effet direct d'un montage lourd, très lourd, bercé par une cinéphilie extrême du  réalisateur, par son amour du septième art, allant du muet aux films de Bresson. Par son montage sans cesse ponctué de fondus au noir, le long-métrage apparaît comme ennuyeux, soporifique pour les plus récalcitrants. Et pourtant, cette œuvre n'est en rien desservie par ce choix de coupe. L'auteur livre ici un film très intime, aux tendances autobiographiques, très pudique. On découvre tout au long de ces cent-vingt minutes des fragments de la vie d'un jeune garçon, pré-adolescent, une succession des scènes de son quotidien. Une sorte d'ersatz de journal filmé.

 

Le trait autobiographique de l'histoire (la cinéphilie d'Eustache se ressent dans celle de Daniel, le gamin du film, ainsi que dans les nombreuses références, par le biais d'affiches par exemple) permet d'en sortir un témoignage sociologique. En effet, le parallèle entre les aventures de Daniel et celles du réalisateur dénote une vision des années 60. Eustache devait travailler durant sa jeunesse à l'usine ; Daniel est forcé de quitter l'école pour être apprenti dans un atelier. Le message sous-jacent à ceci, du point de vue de la génération Y (voire Z pour les plus avancés) : la jeunesse de 2011 se plaint de devoir fréquenter l'école, celle des années 60 râle de ne pouvoir y aller. Déjà, on notera, trente ans plus tard, le côté "je me rebelle dans mon coin contre la société". On peut de ce fait voir un certain militantisme dans le film, une action en faveur d'une éducation généralisée et gratuite. La mère de Daniel, interprétée par Ingrid Caven, lance d'ailleurs lors d'une conversation avec son fils que même si l'enseignement est gratuit, toutes les strates de la société ne peuvent pas la fréquenter, puisqu'il faut acheter les livres, les cahiers, des vêtements... Ce regard porté sur une couche miséreuse de la société est d'autant plus troublant qu'il n'y a aucune marque d'un jugement, aucun regard moralisateur, comme s'il était naturel d'avoir dans la société des inégalités pécuniaires.
 

"Mes petites amoureuses" est également troublant car le sujet principal est la découverte sexuée. Daniel découvre les premiers émois d'un enfant entrant dans l'adolescence. Ainsi, il va commencer à s'intéresser au corps de l'autre sexe. Le réalisateur donne une vision de la jeunesse des années 60 très frivole. Les demoiselles en devenir semblent plutôt libertines, embrassant les garçons à tout-va, se laissant limite violer par les passagers sans aucune vergogne d'un train. Il n'est pas étonnant alors que cette même génération lance, dans les années qui suivent, le mouvement hippie (largement dominé par une liberté sexuelle exacerbée).
Ici, le jeune pré-adolescent est comme une jachère, un vivier d'hormones qui tendent à la sexualité.
ce film paru en 1974 (écrit une dizaine d'années plus tôt) est un important maillon du cinéma français, une ligne tracée à contre-courant de la Nouvelle Vague. "Mes petites amoureuses" est un touchant témoignage d'un cinéaste méconnu.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...