Amours et turbulences



Une petite comédie romantique à l'américaine, faite par des Français, remplie des clichés de réalisation hollywoodienne : la caméra qui tourne autour des personnages pendant leurs baisers ; des flashbacks intégrés tout au long du film ; deux versions différentes de l'histoire (une pour la fille, l'autre pour le garçon) ; deux scènes côte à côte pour montrer le comportement identique des deux personnages amoureux, avec les mêmes gestes, les mêmes remarques, les mêmes mots, les mêmes actions ; quatre-vingt-dix minutes pour tenter de mettre le doute au spectateur sur l'épilogue, pour finir par balancer une happy end dans les trente dernières secondes...

Nicolas Bedos et Ludivine Sagnier forment un joli couple à l'écran, et les personnages secondaires apparaissent fort sympathiques. Conventionnel et bien foutu, "Amours et turbulences" charme aisément le spectateur par son enchaînement de petits gags, ses conversations naturelles et un jeu d'acteur convaincant.

Sophie-Tith - Premières Rencontres



- Putain les mecs j'ai merdé !
- Noooon ! Ne me dis pas que tu as outrepassé la règle des trente-cinq minutes ?
- Si, on a fait trente-sept minutes d'album... Mais je n'ai fait aucun effort sur la pochette de l'album : une photo prise vite fait dans un café pendant qu'elle regardait dehors, ça lui filera un petit côté mystique.
- Excellent, c'est toujours mieux que la pochette d'Olympe, avec un effet grec ancien et toutes les babioles blanches qui traînaient dans le studio photo.
- Et au niveau des tympans, pas trop agressif ?
- Franchement, de vous à moi, les yeux dans les yeux, l'album est très bon.
- Elle a fait un worst of de ses prestas à la téloche comme Olympe ou elle a sorti un peu de couilles avec de nouveaux morceaux ?
- Niveaux testicules, les bourses sont encore pleines : y'a trois morceaux qu'elle avait chantés à la Nouvelle Star, et huit reprises qu'elle a choisies. Évidemment, on a fait le strict minimum au niveau instrumental, un rythme de batterie de temps à autre, et quelques notes de guitare ou de piano pour faire genre.
- C'en devient chiant du coup ?
- C'est plat.
- Faut qu'on arrête de faire ça les gars, au bout d'un moment le public se réveillera et nous foutra sur la gueule si on continue sans cesse à sortir de la daube alors qu'on aurait pu faire des disques potables si on savait de quoi on parle !
- ...
- ...
- Je déconne ! Ils sont trop cons.
- Impossible de te croire.
- Sûr, ça fait des années qu'on détruit l'industrie musicale, les gens n'ont pas d'oreille.
- Nous non plus.
- Oui, mais on a des fouilles en or.

Olympe - Olympe



- Tiens les mecs, comment on appelle le premier album du petit gars sans charisme de l'émission phare de la première chaîne européenne, ouais tu sais, ze voïsse ?
- C'quoi son nom, plinthe ?
- Olympe.
- Ah okay dokay... Bah on l'appelle Olympe alors. Autant lui faire assumer au taquet, et ne mets mon nom nulle part, je n'ai rien à voir avec cette bouse auditive.
- Je comprends. J'encaisse juste les chèques t'façon.
- C'est quoi son album encore ?
- Rien, c'est un worst of de tout ce qu'il a chanté à la télé, en moins bien.
- T'y vas fort quand même, ce n'est pas aussi bon que ça !
- Oui excuse-moi, je me suis laissé emporter par les ventes du disque.
- Ça ne durera pas.
- Je sais, j'en profite.
- Bon je vais voir ce qu'a fait Sophie-Tith.
- Fais donc, et n'oublie pas : trente-cinq minutes de "musique", pas plus.

Lorie - Danse



Le disque est vendu comme un bain de soleil, de la danse ardente, du sable chaud, des vacances sous les tropiques... Qu'a-t-on entendu aussi : "guérisseur de morosité". Une raison pour le faire sortir avant le début de l'hiver (le 8 octobre 2012, nda), cela offrira un peu de bonheur aux foyers, et réduira la facture de fioul. Un dessein somme toute honorable.

Pourtant cet album de Lorie composé intégralement de reprises (passant de Dalida à Bardot, empruntant la bretelle Claude François avec une halte sur l'aire de repos Richard Cocciante...) est loin d'être aussi efficace que prévu. L'ensemble manque de rythme, de chaleur et surtout de sensualité. Pour une oeuvre aux ambiances latinos, y'a un truc qui cloche ! La direction artistique des reprises dénature l'originel, et le tout est désagréable à l'oreille. Nous avons l'impression d'écouter un disque de karaoké, ou d'être face à un petit orchestre avec sa chanteuse bien foutue mais aux capacités vocales limitées. Niveau charisme organique il va falloir rejouer un peu aux Sims pour gratter quelques points, car la voix ne transporte pas l'auditorium. Dommage, c'eusse pu être agréable d'avoir un hiver doux.

Le Capital



Un film qui exprime de façon putassière la vacuité consciencieuse des grands de ce monde, grands dans le domaine financier. Seul un personnage se démarque du lot par une réflexion simple et clair sur le triple entubage de la banque envers le monde. La pseudo "plus grande top model du monde" brille par son charisme de nettoyeuse industriel (de même, point de charme n'échappe de l'actrice), incarnant un personnage injustifié et complètement inutile dans le scénario. Au contraire, Nassim agace, et son comportement (ainsi que le comportement de Marc Tourneuil à son égard) est antinaturel et surjoué. Le public comprendra tout de même l'attirance du pouvoir chez les vénales gazelles. Couplé à un comportement de queutard chez les Grands Dirigeants, on assiste donc à la caricature du pouvoir. Au moins le personnage de Gad Elmaleh admet de lui-même le vice de la banque : "J'enrichis les riches, j'appauvris les pauvres."
Un joli pamphlet contre l'argent et la toute-puissance du capitalisme, esclavagiste des pouvoirs politiques et du peuple.

Jenifer - Ma déclaration



Un album de reprises purement inutile. Un retour aux sources pour Jenifer, puisque la production rappelle celle de la première Star Academy, avec sa direction bâclée et ses arrangements musicaux vacillant entre le douteux et l'inexistant. Pire qu'un hommage pour France Gall, un cheval de Troie de haute voltige. Ecoutez à la place les conseils de Laocoon et Cassandre.

Leslie - Les enfants de l'orage



L'album au fond n'est pas trop mauvais.
Les paroles passent sans que l'on se foute forcément d'elle, et la musique se laisse écouter pendant un Paris Brest accompagné d'un café crème.

Flux toxique & périssable du jour

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