Les bonnes choses ont-elles une fin? Je ne sais plus. Je livre ici, avant de me lancer prochainement (d'ici un an, un siècle, une éternité?) dans la critique pure et dure de l'album "Louisville Slugger" de Thomas Poncet, une discussion que j'ai eue avec moi-même autour des textes du (non) disque, noyau de la plongée précédemment publiée. Les amateurs de redondance s'en donneront à cœur joie, les autres pourront vaquer à d'autres occupations, ou pas.
Le critique fou
Quand on lit l'album Louisville Slugger de Thomas Poncet, on pourrait croire que c'est juste une suite d'images, comme ça, un peu sans lien. Mais en fait, si on creuse un peu, on découvre une histoire puissante, celle d'une transformation personnelle. C'est ce que je vais décortiquer ensemble avec moi-même
Alors, tout part de là, de cette
phrase un peu mystérieuse qui frappe fort : « You've been Louisville
Slugger’d ». C'est pas juste des mots, hein, c'est l'événement déclencheur,
le cœur du réacteur de tout l'album. La question c'est, mais qu'est-ce que ça
veut dire?
Au début du voyage, on est plongé
dans un monde de vision, d'observation. L'histoire, elle ne démarre pas avec un
grand boom ou un drame. Non, non, ça commence tout doucement avec un regard
passif sur le monde qui défile. Le narrateur, à ce moment-là, il est vraiment
spectateur. Il est dans la rue. Et qu'est-ce qu'il voit? Ben il voit passer des
brunes, puis des blondes, et puis des rousses. Ce qui est intéressant ici,
c'est qu'il y a zéro connexion. C'est juste un catalogue d'images qui
défilent. Un peu comme si on était un touriste dans sa propre vie, juste en
train de regarder le paysage.
Donc ouais, cette première
partie, c'est ça. Un monde de signaux assez simple. Une fille par-ci, une plage
par-là. Une beauté asiatique, et surtout, ce détail qui en dit long, « Every
green lights », tous les feux sont verts. La vie invite à avancer, tout le
temps, mais sans jamais s'arrêter pour vraiment s'impliquer. Et forcément, à un
moment, ça coince. C'est là qu'on sent la première vraie tension de l'histoire.
C'est un conflit intérieur, un
tiraillement entre un ennui, mais alors profond, dans le présent, et en même
temps, une sorte de nostalgie, une fierté pour tout ce qu'il a déjà vécu. Et
ça, c'est super bien exprimé dans le morceau « What a ride? ». On le ressent,
ce déchirement. D'un côté, il y a le présent, l'ennui total. Je m'ennuie
tellement, je veux faire quelque chose. Et de l'autre, ce regard en arrière,
presque admiratif. Mais quand je regarde mon passé, quelle aventure. C'est
vraiment ça l'impression d'être écartelée entre deux époques.
Et là, bam, tout bascule. C'est
le moment clé du récit, l'impact. Finie l'observation passive, place au choc,
l'événement qui va absolument tout remettre en question. Du coup, ça veut dire
quoi concrètement, To Be Louisville Slugger’d ? Eh bien, c'est l'idée de se
prendre une claque monumentale, une expérience qui change la vie, une force qui
met à la fois à terre, mais qui, bizarrement, fait aussi se sentir transportée.
C'est le choc qui force à réaliser que « je compte ». Mais ce qui est peut-être
le plus dingue, c'est comment il interprète ce qui se passe après. Tout ce
chaos intérieur. Il le dit lui-même. Certains appellent ça des crises de
panique. Mais lui, il voit ça complètement autrement. Il recadre tout et dit «
j'appelle ça vivre, vivre pleinement ». Il prend un truc qui fait peur et le
transforme en preuve ultime d'être en vie.
Donc, une fois que l'impact a eu lieu, la perspective change du tout au tout. Le narrateur va complètement redéfinir ce que c'est la joie, l'excitation. C'est le début de la quête du banger. Et après un tel choc, la joie, elle ne se trouve plus dans les grands trucs. Elle est dans le simple, le quotidien. C'est quoi un banger maintenant? C'est une pizza kebab. Un banger, c'est la famille, les moments passés ensemble, tout simplement. Et c'est même, avec cette touche d'humour géniale, le fait qu'à 36 ans « je n'ai toujours pas détruit Paris».
On voit bien que cette nouvelle
joie, elle est hyper personnelle. Elle n'est pas conventionnelle, mais elle est
ancrée dans le vrai. Et cette nouvelle façon de voir les choses, ça s'applique
aussi à l'idée de « fast life », la vie à cent à l'heure. Pour lui, maintenant,
ce n'est plus le chaos, les excès. C'est boire un Orangina devant les vagues de Corse. Ce sont des moments hyper sensoriels, tout simples, mais hyper riches.
C'est l'odeur de la mer, du soleil.
Et on arrive tout doucement à la fin de ce parcours, à la résolution. C'est la dernière étape du voyage, celle où on atteint une sorte de sagesse, de tranquillité, d'acceptation. Et tout ça, ça débouche sur une nouvelle philosophie de vie, qui est parfaitement résumée dans cette phrase, que je trouve magnifique « Un ami m'a dit que ma place, c'est dans les coulisses de la vie », et il répond « Je dois admettre qu'il a raison, puisqu'on s'y sent si bien ». Le bonheur, ce n'est plus d'être sur scène, sous les projos, mais d'être tranquille, en backstage. Et de cette philosophie, on peut tirer quelques règles de vie, très simples, très claires :
- Ne pas être la victime- Prendre les choses comme elles arrivent
- Et cette dernière idée, rassurante, on est dans la bonne équipe.
C'est la sagesse finale, celle de
l'apaisement après la tempête. Et tout ça, ça laisse avec une dernière
question, une pensée sur laquelle méditer. Que se passerait-il si on se mettait
à réexaminer nos propres moments sluggers? Tous ces impacts qui, sur le coup,
nous ont semblé terribles, mais qui, avec le temps, nous ont peut-être aussi
appris à vivre, vraiment.
Très interessant et bien écrit !
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