The Tourist


Zim zim zimma !
J'en avais un avis positif jusqu'à ce que les premières notes du générique ne sonnent. Le célèbre groupe anglais Muse fait une nouvelle fois des ravages à l'écran ! Pourquoi donc avoir choisi "Starlight" ? Le truc là ne va pas du tout avec "The Tourist" (déjà que Muse... voilà quoi, Twilight powaaa !) et flingue toute la partition qui se développait dans le film (bon, musique typique d'un film américain, une partition pour orchestre avec des rythmes d'ascenseur et des ponctuations de cymbales dignes d'un excellent porno, mais quand même !)...



Première impression sur le film : malgré ses cent minutes de longueur, il n'est point ennuyeux pour peu que l'on adhère à l'histoire et au jeu des acteurs. Le remake du film de Jérôme Salle, "Anthony Zimmer", nous livre une histoire d'amour entre une agent infiltrée d'Interpol et un malfrat qui vole de méchants mafieux russes et ne paie pas ses impôts. Ce petit malfrat est donc recherché activement par les autorités policières, suivant à la trace les mouvements de l'agent infiltrée afin de récupérer le pognon des impôts... Pas grand chose d'original dans la trame scénaristique, mais cela reste tout de même acceptable pour passer un bon petit moment devant son écran de télévision, le home cinéma allumé et les enceintes à fond. Sûr que ce n'est pas un grand film (loin, très loin de là), cependant si vous avez du temps à perdre (ou envie de dormir sur le canapé devant la télé), "The Tourist" est alors fait pour vous !


"The Tourist" a sur le papier un très bon casting, entre un Johnny Depp, un Timothy Dalton, un Paul Bettany et une Angelina Jolie, il y avait de quoi faire. Et pourtant, rien. Les acteurs n'en branlent pas une. Angelina Jolie donne l'impression d'être une juive fraîchement libérée des camps par les alliés (pour votre santé, mangez plus qu'elle !), Johnny Depp obtient à peine la moyenne avec sa prestation suffisante, Timothy Dalton est préférable en Alexei Volkoff (le criminel numéro un de "Chuck") qu'en inspecteur-chef stupide et sans répartie, Paul Bettany n'arrive pas à crédibiliser son rôle de faire-valoir, tandis que les méchants criminels (bouh !) sont risibles de nullité. On ne retiendra alors de ce film que les plans sponsorisés par l'office de tourisme de Venise, ainsi que la chute vertigineuse d'Angelina Jolie dans la catégorie "fille qui porte bien son nom". Un petit voyage en gondole ?

Nuit et brouillard



Non non non, pas de titre...
"Nuit et brouillard" est LE film que tous les collégiens subissent au moins au fois dans leur vie. Subissent, car c'est une véritable torture. Trente minutes seulement d'une horreur inqualifiable, d'un culte de la mémoire qu'on nous impose sans nous demander notre avis. Oui, les camps de concentration et d'extermination sont une abomination de l'être humain nazi, propulsé sur les devants de la scène par un Hitler haineux. La Shoah pourtant ne nous laisse pas le choix : tu t'en souviens ou t'es antisémite ! C'est pas cool tout ça, d'autant plus que les jeunes générations (et même les moins jeunes, nous sommes en 2011) n'ont pas les mains salles de la collaboration, de Vichy, des camps, du national-socialisme allemand de la seconde guerre mondiale. Alain Resnais tourne en 1955 ce film-documentaire propagandiste pour expier quelque peu la responsabilité française dans l'exportation des juifs...

Si vous ne voulez pas regarder "Nuit et brouillard", c'est compréhensible. Cette petite demi-heure alterne des images d'archives fortes et des plans tournés dans les camps quelques années après leurs fermeture. Nous observons alors entre le glauque et la violence des images récupérées, des camps vides (ouf, on peut souffler !) de toute vie. Seule une lourde pensée à tous les déportés qui s'y sont éteints plombe tout espoir. Car ce documentaire de propagande est dénué d'espoir, et tend à faire penser au spectateur que ce qui est arrivé est de sa faute. En 1956, cela devait avoir un fort impact, aujourd'hui le sens tourne vers le devoir de mémoire. Contrairement aux nombreux documentaires sur la Shoah, "Nuit et brouillard" apparaît bizarrement comme le plus pédagogique. On y apprend beaucoup sur l'intérieur des camps, sur la construction de ceux-ci, sur les déportés (qui ne sont pas tous juifs ; politiques dissidents, gays, handicapés, ...), sur le travail imposé aux détenus (car il s'agit bien de détenus, j'imagine mal les SS et autres licencier ses "ouvriers" et les renvoyer chez eux...), sur la crémation et le gazage, sur la hiérarchie militaire dans les camps... Une mine d'informations compactées en un laps de temps très court. Idéal pour se faire une idée globale de l'Holocauste.

Le texte lue par la voix-off est l’œuvre d'un résistant français déporté durant la guerre, Jean Cayrol. Il nous indique avec poésie la dureté de la vie dans les camps. La musique quant à elle est de Hanns Eisler, et illustre plutôt mal les images. Elle donne l'impression d'être dans sa chambre, avec un petit quartet sympathique à écouter pour s'endormir. Seule la beauté des mots de Cayrol parviennent à effacer la partition incongrue. Alain Resnais pour filmer les camps use et abuse des travellings, mais cela donne du charme à l'ensemble et la pilule passe mieux. Au final, "Nuit et brouillard" se ponctue sur un appel à la vigilance, afin que plus jamais cette horreur ne se reproduise. Comme quoi, la propagande a du bon !

Skyline


Bonjour Alien !
Les frères Strause, maîtres des effets spéciaux (on leur doit ceux de "Les 4 fantastiques", "Avatar", "Terminator 3", "Le jour d'après", "Fog" (2005), "300", "Wanted", "2012", "Benjamin Button"... bref, du bon matos quoi !) reprennent les rennes d'une caméra, après avoir souillé deux sagas cinématographiques avec leur "Alien vs Predator : Requiem". Il n'est alors pas étonnant de retrouver dans leur nouveau film des effets spéciaux très sympas...



Vas-y mon p'tit short, c'est ton anniversaire ! Terry fête son anniversaire dans son appartement à Los Angeles, au dix-neuvième étage d'un bel immeuble. Avec quelques amis, ils célèbrent (in)dignement l'événement lors de cette soirée bien arrosée. Peu avant l'aube, tous sont réveillés par une intense lumière bleue venant de l'extérieur. Des extraterrestres envahissent la Terre...


Une petite bande d'aliens qui ne mettra que trois jours pour dominer la planète (presque autant de temps qu'il aura fallu aux scénaristes pour pondre une histoire calquée de "Cloverfield"). Un scénario indigne des pires nanars ! Fête, aliens, apocalypse... Trois mots suffisant pour résumer le film. Un scénario pondu par des créateurs d'effets spéciaux qui voulaient faire un film pas trop cher et se faire un peu de blé. Des dialogues à faire rougir de honte les muets ("Je préfère tenter ma chance que de rester dans une cible de vingt étages, ici avec ces créatures et les radiations : on n'a pas de chances d'y échapper" ; "M'oblige pas à te démolir" ; "Vaya con dios espèce de merde" - on notera au passage la petite censure des doubleurs, qui traduisent "son of a bitch" par "espèce de merde"...). Une relation amoureuse pourrie qui est le fil rouge du film. Un message intrinsèque : l'amour, c'est plus fort que tout... Des acteurs crédibles comme un cul (il est dommageable pour les fans de feu "Scrubs" d'y voir un Donald "Turkelton" Faison, jouant une cruche bodybuildée et grassouillette). Des climax censés être dramatiques, mais qui se révèlent comiques par l'idiotie des répliques... Un film regrettable à voir.

Black Swan



Et un chausson aux pommes, un !
Il m'aura fallu quelques longues semaines avant de pouvoir "critiquer" le film de Darren Aronofsky, "Black Swan". Pourquoi avoir attendu si longtemps avant d'exprimer un jugement sur l’œuvre du cinéaste ? Tout simplement parce que le long-métrage fait quelque peu débat sur la toile, entre les fans aveugles et les matraqueurs malhonnêtes, les premiers encensant ce potentiel chef-d’œuvre, les derniers descendant sans arguments véritables "Black Swan", taxant le réalisateur de pitoyable utilisateur de cheap tricks (grosses ficelles, nda). De même, mon admiration inconditionnelle envers la somptueuse Natalie Portman ne m'aurait guère permis une objectivité et un recul suffisants. C'est parti pour l'avis d'un amoureux du septième art...

Danseuse étoile, Nina rêve d'incarner la reine des cygnes dans le ballet "Le lac des cygnes". Cependant, son caractère trop effacé et doux risque fort de lui coûter ses ambitions. En effet, le metteur en scène Thomas Leroy émet des doutes sur sa capacité à camper le personnage schizophrène de la reine, tantôt cygne blanc symbole de pureté et de grâce, et cygne noir, son double maléfique et torturé. Ce doute est d'autant plus présent qu'une nouvelle danseuse fait son arrivée sur la scène, en la personne de Lily, jeune fille magnifique au caractère libéré. Il va s'en suivre une compétition psychologique chez Nina, enfermée dans un cocon surprotecteur, sous l'égide de sa génitrice. Peu à peu, Nina va s'imprégner de l'essence du cygne avant de ne faire plus qu'un avec lui...


Natalie Portman dans "Black Swan" est une centrale nucléaire qui vient d'exploser : elle irradie le monde du cinéma par sa présence exceptionnelle, son charme d'actrice qu'elle seule possède et qu'elle nous offre avec une grâce folle depuis le "Léon" de Besson. Une prestation exceptionnelle qui lui vaut une pluie de récompenses (Oscar, BAFTA, Golden Globe, Screen Actor Guild Award...). Il faut avouer que son rôle n'était guère évident, Aronofsky ayant pondu un personnage torturé avec une palette de sensibilité totalement singulière et étrange, animée par une psychologie perverse. La belle israélo-américaine obtient avec Nina la consécration de son talent (talent que le spectateur admire depuis ses débuts chez Besson, en passant par son jeu sublime dans le "Garden State" de Zach Braff, son rôle de Padmé Amidala dans la prélogie de "Star Wars"...).

Dans "Black Swan" Natalie Portman se fait kunislinguer par la belle Mila Kunis (la fameuse Jackie Burckhart de "That's 70's Show", la jolie réceptionniste une fleur dans les cheveux de "Sans Sarah rien ne va", la cute McCallister de "Moving McCallister"...), demoiselle qui en profite au passage pour savourer la masterclass de l'oscarisée Portman. Sa prestation est un peu effacée par celle de Natalie Portman, malgré tout, elle ne passe pas inaperçue.

Face aux danseuses, il y a le talentueux Vincent Cassel. L'acteur français convainc, sans plus. Winona Ryder fait aussi partie du casting, endossant la peau d'une danseuse sur le déclin, Beth, écartée de la compagnie de danse car trop âgée. Quant à la mère de Nina, le rôle est donné à Barbara Hershey, une excellente actrice que l'on a pu voir dans "Chute Libre", "Emprise", "Hannah et ses sœurs", "Un monde à part", "Le Bayou"... Dans "Black Swan", elle effraie par son talent de manipulation et sa folie perceptible.


La réalisation quant à elle s'attache à jouer avec une variation de la palette de couleurs, oscillant entre le noir maléfique et le blanc immaculé, faisant de "Black Swan" un film très gris. Les décors apparaissent comme sinistres, fortement sensibles, à l'image de la protagoniste Nina, dont l'esprit vacille entre la douceur et la folie. La photographie et le grain de l'image (le film est tourné en 16mm) accentuent l'impression cinématographique, à l'heure du numérique et des images lisses. Tournés à l'épaule, les plans du long-métrage nous plongent littéralement à l'intérieur de celui-ci, faisant de la caméra le metteur en scène du ballet. De même, Aronosfky ne nous épargne pas les cadrages glauques sur les pieds souffrants de la danseuse (un petit penchant fétichiste à souligner, les pieds ayant une place importante dans l’œuvre). Le spectateur est pris alors d'une sorte de dégoût face à tant de difformités et de souffrance. Car oui ! La danse est un monde de souffrance terrible pour le corps humain ! Au-delà des cadrages, il y a des effets spéciaux nickels, accompagnant avec réussite les mouvements dansés et les transformations psychiques de Nina. A noter également la partition signée Clint Mansell, adaptant avec brio "Le lac des cygnes" de Tchaïkovski (en même temps, il n'est guère difficile de rater l'adaptation d'une œuvre aussi magnifique que celle du compositeur russe). Les puristes apprécieront également le jeu omniprésent (et facile) avec les miroirs, reflets d'une personnalité dérangée. Quelques références à Buñuel ne font pas de mal...


"Black Swan" se révèle au fil du visionnage l'un des meilleurs films de ces dernières années, grâce notamment à la performance extraterrestre de Natalie Portman. Un drame chorégraphique à découvrir impérativement pour les amateurs de danse et de cinéma.

Notre jour viendra (Redheads)


Et le chat dans tout ça ?
Après m'être immergé dans les ambiances terribles et glauques des clips réalisés par Romain Gavras (oui oui, le fils de Costa), notamment "Stress" de Justice et "Born Free" de M.I.A., il me fût tout naturel de me mater le premier long-métrage du réal'. "Notre jour viendra" met en scène un roux qui pète un câble (trop de pression tue la sagesse)...



Rémy, adolescent roux sans cesse persécuté par les jeunes de son âge, trouve du réconfort dans une relation virtuelle (un jeu vidéo, World of Warcraft) avec une personnalité nommée Gaëlle). Légèrement dépressive sur les bords, cette dernière lui envoie un petit sms sympathique pour lui dire qu'elle va se mutiler. Dans un esprit d'assistant social, Rémy accourt jusqu'à son foyer afin de se connecter sur son jeu. Comble de malchance, sa frangine occupe l'unique PC de la maison. S'en suit une dispute qui tourna à la virulence... Alors qu'il rentre chez lui après une journée de travail triviale, Patrick Alain, conseiller d'orientation psychanalyste, s'étonne de voir des gendarmes au domicile du jeune Rémy. Il continue son chemin et croise le gamin courant dans la rue, comme s'il faisait son jogging. Tous deux vont alors entamer une guerre "contre le monde et sa morale, dans une quête hallucinée vers l'Irlande et la liberté".

Le film est plutôt original en soi, car le septième art ne s'intéresse que trop peu aux roux, cette catégorie d'individus aux clichés tenaces.

- Les roux puent.
- Les roux ne savent pas nager, puisque les roux coulent.
- Les roux n'ont pas d'âme
- Les roux sont des êtres diaboliques
- ...

D'autres stéréotypes et blagues en tous genres continuent à faire la vie dure à cette population spécifique. Oui, car le racisme anti-roux existe bel et bien ! Avec "Notre jour viendra", il vient immédiatement à l'esprit du spectateur la dénonciation de ce racisme, et par de là même toutes formes de racismes. Dans cette optique, plusieurs séquences révèlent cette intention du réalisateur. Il y a par exemple une scène dans un café, où Patrick lance des cacahuètes sur des "arabes" ; une scène où Patrick insulte deux jeunes à l'allure hippie dans la rue ; une scène d'altercation avec un vendeur de voiture juif... Toutes ces séquences servant à appuyer la trame scénaristique, consciencieusement tournée vers la tolérance. L'on se souviendra alors de la réplique lancée avec beaucoup de conviction par Vincent Cassel : "Nous sommes le peuple qui a ni langue, ni armée, ni pays". Admirer Vincent Cassel s'en prendre gratuitement à n'importe lequel des individus de la planète tend même à donner un aspect comique et drôle au long-métrage.


L'actorat de "Notre jour viendra" est transcendé par un Vincent Cassel au sommet de son art, secondé par un Olivier Barthélémy plutôt timide, qui ne convaincrait guère s'il n'était pas happé par l'aura de Cassel. L'acteur français récemment au casting du cygne noir d'Aronofsky montre ici sa capacité à transmettre les sentiments de son personnage aux spectateurs. Grâce à lui, le film parvient à toucher. Sans cela, "Notre jour viendra" n'aurait été qu'une vulgaire œuvre prétentieuse et provocante. Au final, elle devient un film prenant à ne pas manquer. Bordel, ça fait du bien !

Les émotifs anonymes


Bah alors ?! On n'attend pas Patrick ?
Il est aux environs de 23 heures lorsque je me décide à user du DVD fraîchement reçu du film de Jean-Pierre Améris, "Les émotifs anonymes". Ma platine allumée et connectée à ma télévision impatiente de recevoir de nouvelles images, me poussent à m'emmitoufler bien au chaud sous les couettes. Il était prévu que ce long-métrage m'aide à me retrancher dans le bunker du sommeil, point n'en fût. L'histoire des "Émotifs anonymes" est certes convenue, légèrement stupide sur les bords et inconcevable (si le scénario est tiré d'un fait divers, je me tire une balle !), elle parvient malgré tout à me tirer hors des tranchées hypnotisantes qu'avait préparées Morphée. C'est parti pour une heure et quinze minutes de cinéma...

 

Une chocolatière de génie rencontre le gérant d'une fabrique de chocolat sur le déclin. Le seul hic est que tous deux sont sacrément émotifs. L'un a une peur terrible des femmes, tandis que l'autre craque dès lors qu'il y a trop de regards sur elle. Le premier ira chez un psy pour régler son problème, tandis que l'autre se rendra à des réunions d'émotifs anonymes. Au fil du temps, ces deux êtres prédestinés à s'aimer vont se découvrir et transcender peu à peu leurs difficultés sociales avant de s'enlacer avec tendresse. Pas grand chose de bien original et imprévisible dans le scénario (si ce n'est peut-être que les personnalités émotives ne trouvent que très peu leur place au cinéma), il n'empêche que l'on y adhère à cette glu visuelle. Le mérite en reviendra à une réalisation axée sur une esthétique rétro (kitsch pour certains), à un duo d'acteur touchant et drôle. La performance de Benoit Poelvoorde redore son blason et lui confère une bonne place dans le top 10 des meilleurs acteurs francophones du moment ; quant à Isabelle Carré, son jeu sonne très juste et l'on ressent à travers ses yeux pétillants le talent qui lui a fait gagner huit ans plus tôt le César de la meilleure actrice.



Le long-métrage est au final une excellente surprise. Et forcément, un film avec comme fil rouge le chocolat, sérieusement, difficile de passer à côté... Bonne nuit les émotifs !

Pina


Lorsqu'un grand nom du cinéma allemand, Wim Wenders, fait un documentaire sur un monstre sacré de la danse contemporaine, Pina Bausch -germanique elle aussi-, ça nous donne un long-métrage magnifique ! Wenders, le documentaire ça le connaît, et il y excelle dans le genre (il n'y a qu'à revoir "Buena Vista Social Club" pour s'en convaincre, en passant par "The Soul of a Man" ou "Docu Drama"). Mais sur ce coup-là, il transcende le genre. Alors, les récalcitrants ultimes à la danse ignoreront d'emblée la suite de cette critique ; les gamines rêvant de tutu tout beau tout rose zapperont fièrement "Pina" pour user à la place leur DVD de "Billy Elliot" ; les spectateurs qui voient une affiche avec une danseuse qui donne l'impression d'être un oiseau, et qui se disent que ça sera beau et tout et tout... courez ! Loin de "Pina". Car la danse de Pina Bausch est loin d'être douce et mignonnette. Elle nous plonge dans un monde de souffrances...


On retrouve dans le documentaire de Wenders toute la violence que porte la danse de Pina Bausch. Ses créations sont de véritables tortures pour le spectateur (dans la mesure où celui-ci est doté d'empathie). En effet, l'expressionnisme allemand post seconde guerre mondiale alourdi les épaules des jeunes générations germaniques du poids de la culpabilité de leurs aïeux dans la tragédie nazie. On ressent fortement ce poids dans la violence des mouvements des danseurs de Pina Bausch, dans l'anomalité de leurs gestes, dans le caractère bestial des chorégraphies. Malgré tout cela, la danse-théâtre de l'allemande reste magnifique, très harmonieuse et en accord avec des musiques cinglantes. Pour le documentaire de Wenders, la compagnie de la Tanztheater de Wuppertal remontent quatre œuvres majeures de Bausch [Café Muller, Vollmond, Kontakthof et Le sacre du printemps (un "remake" à la sauce Bausch du chef-d’œuvre de Nijinski)], sur scène et dans la ville si chère au travail de Pina Bausch.


"Pina" est l'occasion pour le spectateur de découvrir l'une des muses de la chorégraphe allemande, à savoir Wuppertal, une ville industrielle germanique (qui faisait et fait peut-être encore toujours fureur dans le textile et la métallurgie) avec un très sympathique monorail suspendu, qui sera pris d'assaut par la troupe de danse dans quelques scènes impérieuses. On remarquera également le talent du réalisateur en tant que photographe, qui nous offre ici une couleur d'image magnifique, une profondeur de champ faisant honneur à la technologie 3D, des contrastes agréables et des décors naturels pas désagréables du tout (au contraire, cela donne même envie de faire un petit détour par la Rhénanie-du-Nord-Westphalie ! Wenders sponsorisé par l'office du tourisme allemand ?).


Wenders nous offre un film hommage très fluide, alternant des scènes de danse magnifiques et des témoignages émouvants sur Pina Bausch. Un documentaire à voir absolument par tous les amoureux de la danse contemporaine, d'autant plus si le travail de la chorégraphe allemande signifie quelque chose pour vous. Sublime.

Titanic 2

"Titanic 2"...
Maman les p'tits bateaux...


Une production low cost télévisée américaine (d'autant plus que la majorité du budget fut allouée à l'achat des droits de la chanson phare du premier titanic, le titre de Céline Dion, "My heart will go on", servant de générique de fin...  Si ce n'est pas la loose ça, je ne sais pas ce que c'est !). Les studios The Asylum sont à la charge de massacrer le film de James Cameron. Le spectateur sait donc à quoi s'attendre s'il s'intéresse un tant soit peu aux producteurs : les pros (euh... disons plutôt les amateurs) des mockbusters ! Les auteurs de "Snakes on a train", "Sunday School Musical", "Paranormal Entity", et autres merdes assumées s'attaquent cette fois-ci au film adulé par les oscars (sponsorisés cette année-là par le monde capitaliste...), vu des dizaines de fois au cinéma par les mêmes spectateurs, bluffés par tant de naïveté, par un DiCaprio qu'ils considèrent comme trop bon acteur et une Kate Winslet qui se fout à poil pour qu'on la dessine. Et surtout pour la scène culte de la main qui efface la buée sur une vitre...





C'est moche, mal filmé, les effets spéciaux ne sont pas vraiment spéciaux, les couleurs sont atroces, les acteurs mauvais, les scènes ridicules, l'histoire idiote... On dirait un film de boules sans cul ! Les décors en carton-pâte, la photographie exagérément désagréable et non harmonieuse, des musiques et une ambiance à faire saigner les oreilles, un jeu d'acteur qui te pisse à la gueule, des dialogues écrits par des lamantin... "Titanic 2"!


L'histoire de mecs qui, une centaine d'années après le naufrage du Titanic première génération, décident d'en faire un nouveau, encore plus insubmersible ! L'histoire se répète... en pire ! Que celui qui a aimé ce film me jette la première pierre.

The Ten


Et ils y allèrent...
Les dix commandements façon la Bible, réactualisées par des scénaristes en mal de reconnaissance, ça donne "The Ten". Une série de dix courts sketchs à vocation humoristique. La définition de l'humour est très vaste aux États-Unis, et ce film en est la preuve. Avant même de le voir, je me disais qu'il était impossible de rater une comédie parlant d'un texte biblique, considérant ce dernier comme l'une des meilleures vannes de la planète (accompagnée de la lecture de l’œuvre complète de BHL, les zygomatiques fonctionnent à plein régime !). Et pourtant, les ricains qui ne sont pas de Porto ont réussi à effacer l'aspect comique du décalogue. Cette succession de situations grotesques et absurdes contentera les moins regardants (attention blague subtile : "A votre place j'éviterais l'école maternelle de Sainte Géraldine, le directeur s'est déjà tapé la moitié des gosses"), ou les jean-foutre frustrés incapables d'assumer leur penchant pour la pornographie et se forçant à s'astiquer la nouille devant les quelques rares plans mettant en scène la somptueuse sylphide qu'est Jessica Alba, avec sa magistrale chevelure.



Sans transition, le casting. Là, c'est du mi-moyen. Jessica Alba (lourd, très lourd, trois minutes à l'écran - suffisant pour les précoces), Paul Rudd (le mec pas drôle qui jouait Mike Hannigan dans "Friends" et qui fait que des comédies), Gretchen Mol (la fille qu'on se demande comment elle a réussi à faire carrière dans le cinéma), Bradley Cooper (si si, l'un des mecs de "Very Bad Trip" !), Adam Brody (bah oui c'est Seth Cohen de "Newport Beach"), Winona Ryder (qu'on sait pas ce qu'elle fout là) et les acteurs qu'on ne sait pas vraiment s'ils sont connus mais qui ont une tête qui nous rappelle plus que leur nom (Ken Marino, Bobby Cannavale, Famke Janssen, Justin Theroux, Rob Corddry...). Pas énormément de talent à l'affiche, pas beaucoup de volonté de bien jouer, c'est du cabotinage classique sans prétention.


Les petites saynètes s'enchaînent rapidement : un gars qui saute en parachute sans parachute va devenir une star car il survit enfoncé dans la terre ; une coincée de la moule qui va découvrir l'amour pendant ses vacances mexicaines avec un dénommé Jésus ; un chirurgien qui pour déconner laisse une paire de ciseaux dans l'abdomen d'une patiente et se retrouve en prison ; deux frères noirs et leurs parents blancs ; deux voisins qui se livrent une guerre consumériste qui aboutira à l'irradiation mortelle de soixante-quinze enfants (avouons qu'une fois mise dans le contexte de Fukushima, la scène peut prêter à sourire) ; un prisonnier qui cherche à piquer la pute d'un autre ; une femme fraîchement mariée qui tombe sous le charme d'une marionnette, au point de la voler à son propriétaire ; des héroïnomanes qui réinventent l'origine du SIDA (une meute de chien en rut qui désire organiser une partouze meurtrière) ; un homme marié qui désire se re-farcir son ex-femme ; un gars qui préfère échapper à la messe du dimanche matin pour se la jouer naturiste chez lui avec d'autres hommes...


On se retrouve alors avec devant nous un long-métrage STV qui nous laisse un goût amer dans le palais, celui du gâchis (d'abord pour Jessica Alba, qui ici n'est ni stripteaseuse, ni une Wonder Woman dans une combinaison moulante, ni une danseuse, ni une bombasse qui paraît naturelle à la Saint Valentin...), du foutage de gueule visuel. Mais un foutage de gueule religieux également, ce qui tend à redorer le blason en toc d'un film écrit avec les pieds d'un unijambiste, regardable par des aveugles aux yeux cousus de fil blanc, mais surtout par des petits cons qui n'ont rien d'autre à foutre de leur journée.

Vampires Suck : Mords-moi sans hésitation


Serre les dents et ferme ta gueule !
"Mords-moi sans hésitation" est la première parodie de film à être encore moins drôle que les films qu'elle parodie ! En effet, la saga Twilight regorge de vannes cinématographiques sans précédents (ce qui lui vaut d'ailleurs d'être dans le top ten des meilleurs comédies), tandis que "Vampires Suck" ne fait que reprendre (limite plan par plan) l'intégralité des scènes de Twilight, en modifiant un peu quelques éléments, en ajoutant des répliques lourdes et absurdes, en insistant sur le cabotinage de son casting, en incluant des mini-sketchs un peu partout... Cinq minutes à la télé, ça pourrait être sympa. Une heure et vingt-deux minutes au cinéma, c'est impossible. Dans la foulée, il faut à tout prix se re-mater les Twilight pour récupérer l'essence humoristique originelle. Car ce "Vampires Suck" craint autant que son nom l'indique et seuls quelques énergumènes au sens de l'humour absent pourront apprécier cette parodie dont le seul trait drôle est son sous-titre : "Ça va finir au pieu".

Spanish Movie


N'hésitez pas à me flinguer !
C'est la mode de faire des parodies de films ces dernières années. Space Movie, News Movie, Disaster Movie, Sexy Movie, Dance Movie, Scary Movie, Big Movie, Super-héros Movie, Extreme Movie, Sci-fi Movie, Scary Scream Movie, ... et maintenant Spanish Movie. Quand les espagnols se foutent de la gueule du cinéma, on s'attend à du beau et bon, à l'image du septième art hispanique. Mais non, ça devient un pastiche de la parodie américaine.


Difficile de tenir face à ce film. Difficile d'esquisser sur son visage un sourire face aux centaines de blagues enchaînées à une vitesse faramineuse. Impossible de rire devant tant de pitoyable, même avec un sens de l'humour extra-développé et un amour des vannes grasses et vaseuses. "Spanish Movie" est un supplice terriblement long et ennuyeux. Un long-métrage qui donne envie de s'arracher les yeux pour s'en servir de boule Quiès. Même la présence de feu Leslie Nielsen, illustre personnalité du monde comique, ne parvient pas à donner de la vie (...) à ce film. Une succession de scènes (et de scènes dans les scènes) sans trame, sans lien véritable et sans humour. Dans la catégorie "pas drôle", Spanish Movie remporte la palme d'argent (l'or allant naturellement à "Vampires Suck").

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...