Polisse




Une réalisation passable, rétrograde (on dirait un film pour ado dans les années 80, avec la caméra à l'épaule en plus).
Des stéréotypes raciaux : blancs pédophiles, roumains voleurs, arabes tapeurs, noirs violeurs...
Des images aux airs provocants, présentes pour exiger une émotion (un foetus de quelques mois déposé sur une table, filmé en premier plan ; un petit noir arraché aux bras de sa mère pour qu'il puisse vivre dans un foyer plutôt que dans la rue, et qui va nous emmerder à brailler et chialer pendant 90 secondes ; une bande de pickpockets... euh non, des roumains dans un campement qui voient défiler à 6 heures du matin une armada de condés parce que leurs parents sont des méchants Roumains et qu'ils les forcent à voler - une fois libérés de l'emprise de leurs géniteurs, ils vont s'empresser de danser comme des guiches dans le bus de la police ; une engueulade entre les policiers aux abords d'un kebab parce que Fred est trop impliqué émotionnellement parlant dans son travail dans la BPM, et qu'il décide de libérer la pression en engueulant la photographe envoyée par le Ministère pour faire un livre photo ; ... Un montage chiant balançant le spectateur dans un ascenseur émotionnel forcé et désagréable (scène 1 : je dois glisser une larme ; scène 2 : applaudir ; scène 3 : faire la moue ; scène 4 : esquisser un sourire, etc.) Malgré cette envie d'être expressif, le film se révèle si plat et morne, qu'aucune des réactions escomptées par la réal' n'a réussi à transpercer, ni même effleurer ma sensibilité. J'ai vécu le vide deux heures durant. Le ton général du film en devient condescendant envers le spectateur, trop stupide pour apprécier la signification des codes du cinéma.
Pour moitié, les acteurs sont mauvais... Ouais, mais non, la majorité des gens les encense, disent qu'ils sont d'une justesse terrible, que ouah ils n'avaient jamais vu autant de talent. Ça doit venir de ma palette de sensibilité actorale. Juste envie d'écrire : "Maïwenn, juste, talent ? Cherchez l'intrus." À côté des moins bons comédiens, JoeyStarr, Marina Foïs et Karole Rocher sont pas mal...
Une oeuvre surestimée par des péquenauds pisse-copie de torchons critiques, mais aussi par les différents prix et récompenses du septième art :
César du cinéma : meilleur montage.
Festival de Cannes : prix de la mise en scène et Prix du Jury
Prix Lumières : meilleur réalisateur
Prix Jacques Deray : Meilleur film Policier
Prix Cinéma de la SACD pour Maïwenn
...
L'immersion au sein de la brigade de protection des mineurs est ratée, et la caserne prend la flotte.
Porte-avions en C3, C4, C5, C6 et C7. Touché, coulé.

Sexe entre amis (Friends with benefits)




Ah ouais d'accord : il suffit de mettre l'une des actrices les plus sexys de notre époque, un acteur/chanteur plutôt beau gosse, quelques petites blagounettes (pas facile de pisser quand on bande!), un scénario suintant le sex-contract entre deux amis/amants qui vont, oh surprise, devenir sans s'en rendre compte fous amoureux l'un de l'autre au point d'incarner l'amour originel... pour attirer au cinéma des consommatrices aigries et en manque d'amour ! L'art cinématographique est si accessible, que Will Gluck s'amuse avec une habileté molle à se moquer des clichés de la comédie romantique, alors qu'il les exploite tous sans exception (protagonistes qui vont finir ensemble, ami homosexuel, alternance entre scènes humoristiques et séquence émotion, une musique expressive pour que la spectatrice sache quelle émotion ressentir à tel ou tel endroit...). Une comédie romantique comme on en a vu (ou pas) des centaines. Et c'est là que le mât mlesse (ah, ah) : quelques mois plus tôt, un long-métrage, avec exactement le même thème (avec au passage un conflit pour le titre...), avec deux acteurs de haute voltige (Natalie Portman et Ashton Kutcher), sortait dans les salles : "Sex Friends". Quelques semaines avant "Sexe entre amis", il paraissait en DVD... Mauvais timing.

Dommage, car s'il n'y avait pas eu cette belle concurrence, le film aurait pu trouver sa place dans le paysage cinématographique de 2011. Le scénario est un peu plus fourni que son prédécesseur, et les répliques plus scabreuses sur les relations sexuelles (cf. quinze lignes plus haut ; "Ton boulot ne te dira jamais qu'aimer un doigt dans le cul, c'est être gai ! - Je n’ai jamais dit 'dans'. J'ai dit 'autour', comme un petit bouton"...). Une pointe de piment dans l'oeuvre, qui va rapidement se transformer en une insipide et banale boîte de conserve chauffée au micro-ondes par un scénariste blasé et conditionné à la mièvrerie environnementale. Le couple Justin Timberlake/Mila Kunis fonctionne difficilement, malgré leurs efforts communs. à noter que la voix de Justin est absolument agaçante en VO (lorsqu'il parle, non lorsqu'il chante, nda), et absurde en VF (celle du doubleur ne colle pas du tout au personnage, d'autant plus lorsque l'on reconnaît le timbre de JD de "Scrubs", ou Fry de "Futurama"... point de vue absolument subjectif, nda). La bande originale quant à elle, n'est pas franchement top, et les reprises sont à la limite de l'écoutable. Heureusement insignifiante, elle se cantonne à un rôle de papier peint, et se fait aisément oublier par le spectateur. Terminons par un point positif : le générique de fin, façon iPad (ce dernier ayant une place prépondérante dans le long-métrage, un placement produit pesant), qui fait comprendre au spectateur qu'il n'est qu'un pauvre consommateur parmi tant d'autres. Toujours décevant d'être pris pour un pigeon.

How I Met Your Mother



Lettre fermée qui crie haro sur le baudet à mon cul sur la commode.

Par pitié Ted Mosby (et les scénaristes de la série),
Montre-nous ta femme avant que ne s'éteigne la flamme
De notre curiosité pour son hypothétique beauté.
Huit années aujourd'hui que l'on se farcit le récit de ta vie,
Raconté à tes deux héritiers, arnachés à ton canapé.
Exhibe à nos yeux fatigués le visage de ta dulcinée,
Que l'on puisse enfin réaliser le temps perdu à attendre son arrivée.
De petits indices glissés au fil des épisodes, nous confirme qu'elle n'est pas un gastéropode (??) :
Belle (espérons) étudiante aux jolies chevilles, elle aime son jaune parapluie,
Les chiens, les mots croisés, et fait chanter son petit déjeuner.
Quelques notes de basse pour que nous ne soyons plus las
D'une série qui fait traîner les choses, quitte à risquer l'overdose.
Gageons d'une fin à la hauteur de nos espérances, et que le dessert ne soit pas rance.
Parce qu'on l'attend cette cerise sur le gâteau, et rapidement ne serait pas trop tôt.

Chroniques de Tchernobyl (Chernobyl Diaries)



Pas de becquerel en vue...

Arborant une affiche copiant-collant les codes de la réclame du cinéma horrifique des dernières années (une femelle épeurée, un arrière-plan très sombre et une source lumineuse au devant pour donner un petit effet clair-obscur à l'ensemble...), à l'opposé des compositions illustrées et bourrées d'imagination (et de talent) des (plus ou moins) vieux films d'horreur (voir ici ou ), "Chroniques de Tchernobyl" n'attire point par son poster, mais par son sujet. Six jeunes vacanciers décident de tenter l'expérience du tourisme de l'extrême en se rendant au plus près de Tchernobyl, ville ukrainienne point de départ de la plus grande catastrophe nucléaire du vingtième siècle... Un propos parfait pour un reportage télévisé ! D'ailleurs, la première demie-heure du film laisse croire à un petit documentaire (tourné à l'épaule, nous découvrons le processus du tourisme aux alentours : paiement d'un guide/tour opérateur, visite des zones environnantes dans lesquelles les autorités locales accordent une autorisation, explication des lieux...). Passée cette courte partie d'intronisation, le fumeux réalisateur Bradley Parker (qui signe ici sa première oeuvre derrière la caméra) nous bombarde des grosses ficelles du cinéma horrifique : quelques jeunes gens aux réactions stupides et non-naturelles (dont au moins une blonde bien foutue), une vieille bagnole qui va tomber en panne, une ville morte et des décors censés être lugubres, des créatures bizarres qui ont envie de détruire les protagonistes (oui, parce que les créatures bizarres ont forcément un désir de haine et de mort) mais qu'on ne fera qu’entre-apercevoir pour des raisons financières (mais aussi du fait que les maquilleurs et autres responsables SFX n'ont ni talent)... et bien évidemment un scénario prévisible (écrit par le non moins talentueux Oren Peli, coupable des "Paranormal Activity"). En somme, un énorme navet tourné entre Belgrade et Budapest. Dommage, quelques doses de sievert en provenance direct de Pripyat n'aurait pas fait de mal au film. Aucun risque nucléaire à déclarer.

L'Amour braque





Des travellings omniprésents, une caméra à l'épaule constamment en mouvance (Zulawski incarnant en retard la Nouvelle Vague polonaise...), un jeu d'acteur axé sur l'outrance, des dialogues inaudibles, car gueulés à tout va par des personnages givrés, un pastiche caricatural du film d'auteur, des incompréhensions scénaristiques durant l'entièreté du long-métrage (un triangle amoureux entre une pute, un gangster fraîchement sorti d'un braquage réussi, et une sorte de - achtung, ceci est une supposition - prince hongrois nouvellement débarqué d'un asile psychiatrique, rencontré dans le train pendant une hétéroclite et innocente cavale)... un titre choisi par un foetus, "L'amour braque", car le film parle d'amour et de braquage...

Ce film d'Andrzej Zulawski semble particulièrement décousu, difficile à suivre pour un spectateur n'ayant pas envie de se prendre la tête face à tant de grotesque et d'exagération. Sophie Marceau, qui incarne une succulente aguicheuse dans une toilette de prostituée de bal polonaise, s'affranchit, cinq ans après la consécration de "La Boum", de son éternel rôle de Vic Beretton. Elle est malheureusement desservie par une direction d'acteur protubérante. Et c'est le cas pour les deux autres membres du trio amoureux, Tchéky Karyo et Francis Huster. Un grain de folie dommageable pour ce qui aurait pu être un bon film d'auteur ; quelques rares éléments intrascènes se révèlent intéressants, accompagnés d'un léger leitmotiv musical, rappelant ainsi au spectateur les moments du long-métrage où une éphémère qualité est au rendez-vous :

"-Jai mal. Je saigne.
- Non, tu jouis. C'est moi qui saigne."

"- C'est pas ma faute.
- C'est la mienne.
- Idiot."

Cinq répliques pour autant de secondes d'intéressantes... en apparence ! Car lorsque l'on se penche un peu plus en détail sur "L'Amour braque", nous découvrons un film excellemment rythmé par une mise en scène maligne, une photographie éprouvée et expressive, un choix de partition simple (et efficace), un univers violent, éhonté, malsain... mais toujours dans cette idée poétique d'un amour sauvage. À voir à deux reprises pour en apprécier toutes les qualités.

Chilly Gonzales - Live at Opera National de Lorraine (Nancy Jazz Pulsations #39)




Chilly Gonzales en studio ? Des compositions aux arrangements succulents avec beaucoup de musicalité et des études pianistiques agréables lorsqu'elles effleurent un tympan, quand elles murmurent leurs harmonies au pavillon auditif de l'être humain. Gonzo, c'est également un bon rappeur, aux textes drôles, naïfs et incisifs. Une dizaine d'albums de qualité inégale, mais toujours accompagnée d'un grain de folie, et d'une touche de virtuosité au piano.

Chilly Gonzales sur scène ? Un véritable génie capable de faire se lever de leurs confortables fauteuils des vieux et des jeunes pour un standing ovation, avant même de commencer à effleurer les quatre-vingt-huit touches de son piano à queue. Une star qui affiche complet, et qui parvient, en véritable chef d'orchestre, à faire chanter neuf cents personnes de tous âges, en harmonie parfaite avec ses partitions. Un monstre de scène, qui interprète ses oeuvres sur piano, complètement transporté dans un univers transcendant le commun des mortels, emportant en association symbiotique un public abandonné in extenso à l'euphonie époustouflante des créations musicales du génie autoproclamé. Avec énormément d'humour, de tendresse, et une forte modestie (même si le personnage de Chilly Gonzales donne l'impression d'être un mégalomane arrogant et prétention), l'artiste savoure les applaudissements autant que le public se délecte de la prestation du Canadien. Plus qu'un concert, une communion entre un homme et ses sujets. Un brasier de frissons et d'émotions.

Prometheus



Une préquelle inutile à la saga "Alien".

Dommage, car le titre évoquant la mythologie grecque pouvait laisser filtrer un tantinet d'espoir quant à un potentiel troisième bon film de Ridley Scott (après "Alien" en 1979 et "Blade Runner" en 1982... Oublions "Gladiator" en 2000, qui n'est rien d'autre qu'une tapisserie pour l'excellente BO d'Hans Zimmer...). Mais bon, comme on a affaire à un réal' surestimé qui dispose, par brouettes, de moyens faramineux (oh les millions de dollars !), on va pouvoir empocher le jackpot avec une daube mettant sur un piédestal la fumisterie du grand spectacle hollywoodien.

On se prend dans la gueule des effets spéciaux indignes d'un budget de production supérieur aux cent millions de dollars, on se farcit des références pourries à "Avatar", "Lost" ou "Mission to Mars"... Soit, un film qui s'auto-liquéfie, à la manière du Voldemort en mousse de la séquence d'ouverture. Navet en vue.

Rock Forever (Rock of Ages)



"Rock Forever" est une comédie musicale censée narrer l'histoire d'amour entre une petite provinciale venue à Hollywood pour réaliser son rêve de devenir chanteuse, et un garçon de la ville, serveur de son état, et guitariste/compositeur/chanteur/beau gosse au plus profond de lui-même (mais il est au début du film, le seul à le savoir...). Alors on assistera à des saynètes musicales sur fond, comme le titre de la comédie musicale ne l'indique pas, des meilleures chansons pop/glam/love de groupes de rock connus (Def Leppard, Poison, Foreigner, REO Speedwagon, Twisted Sister, Journey, un peu de Guns N' Roses'...). Le choix de la tracklist n'est pas des plus judicieux pour les amoureux du rock (en effet, pour coller au scénario bisounours de l'amour, les paroles doivent coller à la trame, et donc être les plus niaises possibles !), mais le spectateur lambda ne se sentira pas dépaysé de sa non-culture rock. Il est regrettable que l'accent soit porté principalement sur des compositions commerciales, aux qualités musicales discutables...

Le casting, lui, envoie du lourd. Tom Cruise se la pète en pastiche du génie rock auto-proclamé, entouré de groupies stupides et enivrés.
Catherine Zeta-Jones est toujours au paroxysme de sa beauté et de son charme, en campant la femme frustrée du maire de la ville. Elle est à la tête d'une association religieuse, dont le dessein est d'interdire toute production de rock, les incarnations musicales du démon...
Bryan Cranston, l'anti-héros de "Breaking Bad", joue le mari de Zeta-Jones et maire de Los Angeles.
Le couple à l'écran Russel Brand et Alec Baldwin, principal intérêt du long-métrage, en co-gérants de la dernière scène rock de la cité des anges. Tenues vestimentaires délurés, choix capillaires connotés seventies, et relation ambiguë : ouf, un peu de rock caché sous la variété...
La jolie blondinette Julianne Hough a la lourde tâche d'incarner la vedette du film : la provinciale. Sa voix tire un peu trop vers les aigus, mais l'ensemble sonne juste et suffisant pour le tampon "TOUS PUBLICS" à apposer sur les affiches du film. Elle porte dans son petit coeur naïf, le chanteur/acteur mexicain Diego Boneta... Nous lui infligerons les mêmes remarques qu'à sa comparse féminine.

La réalisation... il n'y en a pas, "Rock Forever" étant une copie stylistique de "Glee" (normal, puisqu'Adam Shankman s'est laissé tenter par la direction de quelques épisodes de cette merveilleuse série musicale sur le monde adolescent et scolaire), avec en guests des stars hollywoodiennes. En bref, "Rock Forever" est une erreur de visionnement, durant plus de deux heures !

Joeystarr - Mauvaise réputation




Le livre est bon, bénéficie d'avis dithyrambiques voire élogieux. Personne n'ose casser cette putain de bombe littéraire sous le joug de Philippe Manoeuvre et du leader des "Nique Ta Mère", mythique groupe de rap français. Didier Morville livre avec beaucoup de pudeur et une honnêteté crue (à la limite du dérangeant) une autobiographie convaincante. Avec une plume simple, le chanteur des NTM enchaînent les souvenirs et livre une analyse in situ des évènements médiatiques qui l'ont étiqueté à vie comme "le mec qui tape son singe" et "celui qui frappe les gazelles". Le petit délinquant commun du rap, en somme...

Une enfance douloureuse, une adolescence transcendée par des délits et petites bagarrounnettes entre técis, un service militaire houleux et des conneries à la pelle, des bribes de vies dominées par une violence intrinsèque qui s'exprime parfois (souvent ?) physiquement. C'est ce point précis que l'on met en avant dès que l'on parle de Joeystarr : ce mec est (était) un violent trublion, grande gueule avec ses quenottes en or. L'incarnation du petit (insistons bien sur le "petit") malfaiteur parisien qui s'emmerde avec ses potes, et qui va taguer des rames de métro, qui possède un pit', qui commet des vols et des délits... sans jamais franchir la frontière du crime. Bref, tout ce qu'il y a de plus commun de nos jours.

Nous avons tendance à rester obnubilés par l'image que les médias donnent (et a fortiori que l'on se fait) de Joeystarr, au point d'en oublier qu'il s'agit d'un artiste. Didier Morville est un très bon rappeur (il encense d'ailleurs avec un peu trop de vanité les qualités d'NTM et de leurs textes...), et est un élément clé dans l'évolution et l'aura du rap français dans les années 90. De même, son apparition récente au cinéma dans "Polisse" montre au public ses qualités d'acteur... Et ce livre autobiographique met en exergue la maturité d'un homme, fraîchement entré dans la quarantaine (Joey est né en 1967, le livre sort en 2007), et portant un regard analytique sur son parcours personnel, le monde du rap et les médias.

Un livre agréable à lire (logique, parce qu'un livre agréable à manger, ça ne veut rien dire...), qui redore le blason d'une personnalité qu'on a tendance à désigner comme coupable avant de la connaître.

Men In Black 3



Ouah ! Enfin ! La clôture (inutile) de la saga "Men In Black". Le troisième volet, filmé pour la 3D au cinéma (et a fortiori pour récolter quelques brouettes de dollars supplémentaires avec les suppléments "3D"), conclue les aventures des hommes en noir, et des agents K et J. Alors quand on le voit en 2D dans son lecteur de salon, difficile de tenir face aux agressifs cadrages troisdesques, forçant sans cesse le spectato-consommateur à se jeter contre des éléments de décor.

Pour ce "MIB 3", l'agent J doit faire un saut dans le passé afin d'empêcher le méchant Boris l'animal (fraîchement échappé, grâce à l'aide de l'anecdotique Nicole Sherzinger, de sa prison lunaire dans laquelle il fût enfermé des décennies plus tôt par K) de tuer l'agent spécial K (ah ah... le roi du fitness) avant que ce dernier ne l'arrête (en lui explosant au passage le bras gauche...) et empêche une invasion extraterrestre. Pourquoi Boris est un méchant ? Parce qu'il appartient à la race extraterrestre des Boglodytes, espèce décimant entièrement les populations des planètes qu'ils "visitent". Heureusement que K parvint à arrêter le blitz Boglodyte en déploiement autour de la Terre un bouclier Arcnet, repoussant l'envahisseur...

Le scénario est plutôt bon, dans la lignée de la saga MIB, même s'il est desservi par un montage criblé d'erreurs, de mauvais raccords et d'ellipses incompréhensibles pour le spectateur n'ayant point lu le script original. Alors, il se rattrapera par son côté abracadabrantesque, son foutraque casting et ses délires cocasses (Andy Warhol est en fait une couverture pour un agent secret, râlant quelque peu car il est à court d'idées, et se met à peindre des boîtes de soupe et des bananes... ou encore la scène où Will Smith, en 1969, est arrêté par la police au volant d'une voiture volée, et qu'il expose le cliché du noir voleur...).

Les effets spéciaux sont acceptables (dommage que les 225 millions de dollars de budget soient principalement saupoudrés au-dessus de l'aura - aka porte-liasses - du tandem phare de la trilogie, Smith et Lee Jones, accompagnés de Josh Brolin, campant l'agent K à ses débuts au MIB...), et le casting convaincant (il est drôle de voir l'acteur vedette de FOTC, Jemaine Clement, dans la peau de Boris l'animal ; ou encore Emma Thompson ; ouah ! Justin Bieber, Lady Gaga et Tim Burton en extraterrestres ! Trop génial, c'est trop des génies les directeurs de casting, surtout lorsqu'il s'agit de caméos presque invisibles...). Le film en est donc efficace, et sera agréable à regarder pour les inconditionnels de la "saga", et de même pour le spectateur lambda qui prendra du plaisir devant ce bon blockbuster américain.

LOL USA



La version originale avec le tandem Sophie Marceau/Christa Theret était sympathique, sans plus. Elle délivrait une vision niaise mais juste des tumultes amoureux du monde adolescent lambda, trente années après "La Boum", référence française des jobards impubères. Le remake américain en est une copie quasi-conforme, réarrangée par la même scénariste, retournée par la même réalisatrice (coup de bol, Lisa Azuelos est l'auteur des deux). On se retrouve donc face à la même histoire, adaptée pour les américains. Exit Sophie et Christa, bonjour à Demi Moore et Miley Cyrus. Les remplaçantes étasuniennes sont convaincantes et paraissent complices à l'écran... Et puis c'est tout. Rien de bien intéressant dans ce navet bis qui contentera les jeunes adolescents impatients de découvrir les peines et les joies des petits coups de coeur d'enfulte, et énervera les parents qui se rendront compte qu'ils ne sont plus dans le vent.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...