Alizée - 5



Alizée, c'est ma chouchoute. Déjà parce qu'elle est grave canon. Et aussi parce qu'elle a un timbre qui m'excite me touche m'intéresse (mon côté philatéliste...), avec un léger accent sudiste, un calfeutrage sur son souffle et une petite voix mélodieuse. Au niveau de la tessiture, c'est sûr qu'on est très loin des Mariah Carey, Maria Callas ou Candido, mais il y a un charme particulier dans son fluet organe, avec ses airs niais et enfantins.


La cinquième galette de la délicieuse chanteuse corse renferme, à l'instar de son précédent disque "Une Enfant Du Siècle", des pépites qui n'ont rien à voir avec l'image que l'on se fait de la lolita enfermée dans une minauderie éternelle. Ici, "5" est franchement l'album de la maturité (le cliché!), en ceci qu'elle accepte sa personnalité enfantine et naïve (de même pour ses tatouages colorés et cartonnesques). Également parce qu'elle se dévoile complètement sur un album intimiste, exhibant la douce chaleur d'une mélancolie amoureuse sous des airs de pop sixties. Sucré et harmonieux, l'essentiel des titres est écrit et composé par Thomas Boulard (leader de "Luke") et Adrien Gallo (leader des "BB Brunes"). De véritables artisans de la musique qui créent un disque rappelant forcément la période Gainsbourg de France Gall. Succulemment moderne, cette nouvelle facette d'Alizée, tendre et délicate, a ravi mes esgourdes par ses mots susurrés avec brio. Perfectible en nombreux points, l'audiogramme se révèle un diamant brut taillé un peu trop à la hâte (voire à la hache) pour une artiste trop longtemps cantonnée à son rôle de nymphette de Mylène Farmer. On regrettera alors des morceaux manquant de sensibilité et de profondeur ("Dans mon sac", "La Guerre en dentelle", "Je veux bien", "Happy End"). Malgré tout, cela reste de l'excellente variété française.


Mike Oldfield - Tubular Beats (2013)



Prenons l'album pour ce qu'il est, une succession de remix des plus grands tubes de Mike Oldfield, par des artistes de la vague DJ/électro (essentiellement Torsten "York" Stenzel) : nous avons droit à des versions commercialement plus actuelles, profilées pour le dancefloor des boîtes de nuit hype. Là, ça envoie le pâté, car la base musicale (Mike Oldfield, ce génie ! "Ommadawn", "Tubular Bells", "Moonlight Shadow", "Guilty", "To France"... ) est sublimissime à souhait. York fait son taf, et il le fait bien. Rythmé et percutant, ce "Tubular Beats" montre les capacités dansantes de tubes sensiblement intellectuels. Des beats à la pelle, pour le plus grand plaisir des amateurs de musiques électroniques.


Prenons l'album pour ce qu'il n'est pas, un nouvel album de Mike Oldfield : un virage musical pour l'un des meilleurs compositeurs du vingtième siècle. En collaboration avec l'allemand York, l'artiste revisite ses classiques pour leur donner une vie nouvelle, un souffle original. Et c'est là que le bât blesse ! D'une part, car les classiques, ça reste les classiques. Quid d'une reprise meilleure que l'originale ! Autant pour "Tubular Bells", album mythique qu'il avait réenregistré en 2003 pour corriger les quelques imperfections de l'original, cela valait le détour, car ce disque montrait l'évolution de Mike Oldfield, et remettait son oeuvre au goût du jour et du son actuel. Pour "Tubular Beats", c'est une autre histoire, car il ne reprend pas un album complet, mais des bribes de ses albums. En tant que puriste, difficile d'accepter la parcellisation de chefs-d'oeuvre, d'albums concepts indivisibles, dont la lecture doit se faire du début à la fin, d'une traite, pour apprécier pleinement l'entièreté des subtilités musicales d'un disque magistral. Ici, c'est un best of fourre-tout remixé en attendant la prochaine galette.


Sébastien Patoche - Look d'enfer



Ayant beaucoup aimé le premier album de Sébastien Patoche, de même pour ses interventions télévisées fréquentes (c'pas ma faute, y m'fait marrer Cartman...), il était évident que je prendrais un panard pas possible sur le deuxième opus. Et pourtant, j'ai eu beau essayer, essayer et réessayer, le cake est resté dans le moule, et au final je me suis essuyé à sec.

Sebastien Patoche a vu large au niveau des influences, très large, beaucoup trop large. Si le public est réceptif à ses titres, c'est pour leur énergie paillarde, leur second degré, et l'amusement que les sous-entendus souvent entendus procurent. Dans cette optique, les morceaux "La Dernière Goutte", "La Crotte De Nez" et "On Va La Foutre Au Fond" sont très réussis, dans un bel hommage à Patrick Sébastien et ses chansons populaires. Mais là où la pêche flotte dans le bassin, c'est sur les sources d'inspiration trop évidentes des cadres de la variété des années 80, voire 90 : Jean-Pierre François, Florent Pagny, Début de Soirée, Gilbert Montagné, Chagrin d'Amour, Kool & The Gang... Nous nous retrouvons alors avec une variété pauvre et loin d'être originale musicalement. De même, les "paroles" n'ont pas réussi à activer mes zygomatiques, et sourires et pouffements sont restés coincés dans les coutures du calfouette que j'ai mis avec violence sur ma tête pour ma tentative de suicide scatologique. Un comble pour un album humoristique !

L'album est décevant, tout comme mon expectation devant les haut-parleurs. Un disque à foutre au fond de la poubelle bleue.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...