Pastiche à mi-chemin entre Patrick Sébastien et la chanson paillarde, Sébastien Patoche livre treize titres à ses fans, pour la plupart fidèles téléspectateurs de l'émission TV "Touche pas à mon poste". Dans un registre populaire avec de nombreuses allusions érotiques, le disque enchaîne les chansons à boire, à chanter entre amis un soir d'été. Bien que musicalement peu évolué (l'album a été écrit, composé et enregistré en quelques semaines, pour surfer sur le succès du titre phare "Quand il pète il troue son slip" et des sketchs de l'humoriste Cartman, l'homme derrière le personnage), l'auditeur ayant un sens de l'humour gras développé et une tétrachiée de second degré, s'amusera assurément de ce folklore païen, où se mêlent quarante minutes durant des paroles simplistes et des rythmes entêtants. Les non-amateurs de chanson populaire se réconforteront en lisant des recueils de poésie, et en se rappelant avec cynisme que la chanson est un art mineur.
Selena Gomez - Stars Dance
Alors que son précédent album avec son groupe Selena Gomez & The Scene était excellent, la sublime créature hispanique revient dans les bacs, et cette fois-ci toute seule, en solo. Beaucoup d'attente pour les fans de la première à la dernière heure, pour la génération Disney Channel, et pour les vieux croûtons amateurs de jeunes filles en fleur (qui sont beaucoup moins nombreux avec le temps, car la jeune pousse malgré son minois juvénile ne fait plus les quatorze/quinze piges de ses débuts à Waverly Place, foutue croissance diront-ils).
Les nouvelles compositions offertes par les faiseurs de tubes de l'industrie musicale américaine à Selena Gomez manquent cruellement d'originalité et de caractère. Les inspirations, que l'on pourrait presque qualifier de plagiat, fusent dans les enceintes fébriles des chaînes hi-fi : Taylor Swift (compréhensible, puisqu'il s'agit de la BFF* de Selena...), Lady Gaga, Lana Del Rey, Britney Spears, Skrillex, Carly Rae Jepsen, Miley Cyrus, Rihanna (beaucoup trop de Rihanna !), Ke$ha... Un pot-pourri de tout ce qui marche ces derniers temps. Malheureusement la mayonnaise ne prend pas, et elle se casse la tronche sur le plan de travail lorsque l'on retourne le bol.
Pléthore de styles musicaux, au détriment d'un choix unique et cohérent pour la personnalité de la comédienne aux origines latines. Un mélange de reggae, hip hop, dubstep, pop, electro/dance, ballade... alors que la pop sucrée lui va à ravir. Dommage, car de toute la génération de chanteuses Disney, elle est de loin celle qui a la plus belle voix.
Pourtant, les Selenators guincheront avec gaillardise sur le balatum de leur chambre d'adolescents en écoutant cet impersonnel disque de leur idole. Quinze titres inégaux, avec de l'acceptable, du moyen, et du très mauvais.
*BFF = Best Friend Forever, meilleure amie
Pacific Rim
A regarder l'affiche de plus près, il fallait s'y attendre : des robots géants, des explosions de partout, un scénario écrit un soir de beuverie, et des effets spéciaux en veux-tu en voilà juste pour en mettre plein la vue et faire oublier à sa chèvre de spectateur la vacuité d'un long-métrage racoleur à souhait (allez petit, monte dans la camionnette, j'ai des tonnes de bonbons rien que pour toi !)
Le pitch en quelques mots : des robots géants foutent la pâtée à des envahisseurs aliens.
Le scénario en quelques phrases. Alors que la Terre subit des attaques de Kaijus, des monstres gigantesques provenant d'une faille spatio-temporelle, l'ensemble des Etats de notre chère planète mettent en commun leur désir inné de survie pour livrer bataille à ces envahisseurs. Le résultat de cette collaboration exceptionnelle : la création d'une armée de robots géants (des Jaegers, mot qui vient de l'allemand et signifie "chasseur") pilotés par des soldats triés sur le volet. Mais à force de se prendre des branlées par les humains, les Kaijus s'adaptent et deviennent de plus en plus forts et perfectionnés au point de renverser la tendance et être à un poil de moustache d'exterminer les Terriens et d'en dominer leur planète... Mais ce fût sans compter sur d'irréductibles résistants qui, dotés d'une motivation à toute épreuve et des meilleurs talents de la Terre vont peut-être, remporter cette guerre inter-espèces...
Ouah, quel scénario original ! Tellement singulier qu'il est impossible de deviner les scènes à venir, les dialogues, les morts prochaines, les retournements de situations, le comportement des personnages, l'épilogue... Véritable génie que ce Guillermo, el Toro du septième art. Allant de surprises en surprises, ce très long-métrage (cent trente et une minutes tout de même) emmène le spectateur de cinéma dans un imaginaire inimaginable, flirtant avec le délire psychotique. Un talon de ticket sans nul doute imprimé sur un buvard de LSD !
Et puis cette 3D, merveilleuse conversion numérique après tournage, largement plus agréable qu'un anaglyphe avec des lunettes rouge/cyan sur le haut du nez ! Pour une fois qu'un film est servi excellemment par la 3D, non pas présente pour renflouer les caisses d'un studio qui a investi deux cents millions de dollars dans un blockbuster et qui veut per fas et nefas rentabiliser l'investissement au détriment de spectateurs trop stupides pour se sentir offusqués et floués, mais pour apporter une profondeur jamais-vu et offrir à ses sous-fifres une expérience hors du commun.
Quelle claque ! Vivement la sortie du Bluray 3D Edition Prestige Collector Limitée Numérotée Director's Cut avec en plus un des Jaegers en statuette !
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