Taken


Un jeudi soir lambda : pas d'émissions intéressantes à la télévision ("Masterchef"... "Des paroles et des actes"... "Braveheart"... "Tellement vrai"... des trucs déjà vus, du recyclage, de la langue de bois...). Et sur la sixième chaîne, un film qui me tâtait déjà à sa sortie, mais qui n'avait point survécu à ma flemmardise, et à la difficulté de mettre la main dans la bourse pour regarder au cinéma un long-métrage écrit et produit par Besson (oh, je suis d'une mauvaiseté !). De fait, une envie par défaut m'a traversée, et "Taken" partagera mon encéphale pendant quatre-vingt treize minutes, plus dix autres de publicités (servies en deux plats, à chaque demie-heure entamée).

Résultat : des réclames peu alléchantes, mon cerveau n'étant pas disponible pour envisager des achats futurs. Un film porté par Liam Neeson, excellent dans son actorat, desservi par un scénario attendu et too much (la fille d'un ex-espion du gouvernement américain se fait enlever lors de son voyage à Paris par un réseau underground de maquereaux pour riches Cheikh et autres puissants... ah, sacré Luc !), une réalisation ringarde qui en fait trop pour paraître américain (des scènes d'action avec un montage frénétique : ouah !). Dommage qu'un premier rôle aussi bon soit gâché par un réalisateur embrigadé par Europa Corp, la société de production de Luc Besson, véritable sepsie pour le cinéma (d'action) français.

L'innocence des musulmans



Pour des raisons évidentes de sécurité (du fait de l'absolue idiotie d'une minorité de musulmans n'ayant point de sens de l'humour, et dont le seuil de tolérance ne dépasse pas le bout de leur Coran, ma petite personne ne souhaitant se faire violemment agresser dans la rue par des pirates de l'air incapables de faire atterrir un avion convenablement), la suite de ce texte ne sera visible qu'aux yeux de ceux dont l'âme est suffisamment pure et innocente pour percevoir la grandeur de celui-ci . Et accessoirement aux autres.

Difficile de comprendre la ferveur diabolique qu'entraîne ce film [enfin film... c'est un bien grand mot... il s'agit d'une succession d'extraits d'un probable film, salade de navet certain... un petit quart d'heure difficilement supportable pour l'amoureux du septième art... un scénar' qui ne fait pas la part belle à l'Islam, tout comme certains musulmans (certains, n'est-ce pas !) sont une honte pour leur religion, en faisant abstraction de textes sacrés prônant la tolérance, l'amour de son prochain, le respect... avec quelques sourates néanmoins qui peuvent être interprétées différemment selon le désir de haine de son interprète (propos applicables aux autres religions : christianisme, bouddhisme, hindouisme, capitalisme...)... mais cette daube est si insignifiante qu'il en devient peu concevable qu'elle en soit mauvaise dans son fond. Au contraire, elle démontre l'obscurantisme dont a fait preuve l'auteur, et dont font preuve les ignorants manifestant (enfin manifestant... mettant à feu et à cendres les ambassades américaines, massacrant au lance-roquettes des innocents sous prétexte qu'ils sont américains - bon, comme les Américains font la même chose en sens inverse, sous prétexte qu'ils ont du pétrole des armes de destruction massive, ça peut se comprendre). Car oui, manifester pour ceci est inutile, d'autant plus que le film en version intégrale n'aurait été projeté qu'une fois en juin à Los Angeles devant des sièges quasi vides, et que la "bande-annonce" de quatorze minutes est disponible depuis début juillet sur YouTube, et c'est seulement en septembre qu'ils se décident à jouer les barbares primitifs. Réactualisez les mecs, et arrêtez de vouloir faire le buzz à tout prix ! Ça ne sert à rien, et le tourisme va en prendre un coup. Et ils nous font chier ces médias, à tout le temps diaboliser les musulmans, à les imposer comme notre ennemi commun à nous les gentils démocrates qu'on n'est pas content que des islamistes ils sont méchants ! Ouais, bouh les mollahs ! Avec leurs conneries aux journalistes, on serait presque tenté de se convertir, comme ça on pourra aller casser de l'Amerloque' pendant nos voyages au Moyen-Orient, et se régaler devant un couscous, un tajine ou un mouloukhia... Bon, fin de la parenthèse].

C'est de la merde sur disque dur, qui suscite des réactions de merde, dans un monde de merde. Suicidez-vous tous, vous serez quitte de nous casser les couilles.

L'Antisémite



Ah, Dieudo... Dieudo...

Toi le merveilleux humoriste qui conquiert les plates-bandes de l'antisionisme avec une subtilité dont toi seul as le secret. Avec une plume plongée dans l'essence même du drôle, tes spectacles sont un divin régal pour nos zygomatiques qui, dans un contexte de crise (m'fin, crise... ce sont les médias et les politiques qui le disent, n'est-ce pas ?), se révèlent un excellent exutoire de frustration, se transforment en un traitement quotidien antidépression.

Toi l'excellent comédien que l'on défendrait bec et ongles pour ses prestations remarquées et remarquables dans "Hors Service", "Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" ou "Casablanca Driver"... pourquoi "L'Antisémite" ? Parce que tu voulais montrer au public (qui n'est autre que le cénacle limité de tes admirateurs insatiables, buvant tes paroles comme un anglais boit son tea à la dix-septième heure de la journée) que l'image que les médias, la télé ou les politiques donnent à la populace de ta personne, est erronée, que le Dieudo que l'on aime (et admire parfois dans des proportions cyclopéennes) n'est point l'antisémite décrit par la pensée dominante. Tes travaux d'artistes l'avaient déjà prouvé.

Mais voilà qu'arrive ton premier long-métrage en tant que réalisateur, mettant en scène un antisémite notoire (j'en connais un très sympa d'ailleurs, hein, petit Louis) jouant dans un film pour le cinéma. Il va alors suivre une psychanalyse chez un psychothérapeute juif, pour tenter de se délivrer du mal profond qui le ronge, à savoir son racisme envers le peuple élu (dit-on).

Sans cesse dans la provocation et la surenchère, Dieudonné attise le brasier de la haine, allume le feuj par des attaques farouchement déplacées et vulgaires qui ne feront que confirmer l'opinion médiatique qu'est faite du sieur M'Bala, à savoir un trublion infréquentable. Dommage qu'il soit si drôle sur scène, et si mauvais derrière la caméra. Les acteurs du long-métrage (de même pour les techniciens) ont déjà fait une croix sur leur ambition professionnelle, et la seule chance pour eux de refaire un jour un film serait de retravailler avec Dieudo. Et pourquoi cela ? Parce que tous sans exception sont entraînés dans l'abysse de la médiocrité de "L'Antisémite". Aucun des acteurs n'émet, ne serait-ce pendant une fraction de seconde, une lueur d'espoir ou de talent. Pas étonnant non plus, car nous assistons à une succession de personnages clichés (un réal' homo, un producteur juif...) aussi chiants que mal écrits. L'étalonnage du film est sans nul doute l'oeuvre d'un daltonien (Averell ou William je pense), tandis que le montage et le jeu entre le film (sorte de making-of raté d'un stagiaire de l'ESRA), et le film dans le film (l'accumulation d'une haine inexplicable entre les sexes, les cultures et les religions), est absolument inutile d'un point de vue artistique ou esthétique. Rien ne justifie ce choix, mis à part peut-être les énormes lacunes scénaristiques (le script n'est qu'un ramassis de vide). Ce film est le paroxysme du mouvement vers rien, dont Dieudonné est la figure de proue.

Par pitié, enjuive-toi un peu qu'on arrête de regarder tes fans comme des malpropres, des reclus néo-nazis parce qu'on va voir tes spectacles... Commémore pendant que tu pètes dans ton bain... Parce que ce "on", c'est un gros connard et qu'il est très méchant. "L'Antisémite" est un double ratage à l'état pur.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...