J'ai ri devant "Bienvenue chez les Ch'tis", même si le sentiment de discrédit prédomine aujourd'hui.
Je me suis emmerdé devant "Rien à déclarer".
Je regarde régulièrement "RRRrrrr !!!".
Je glousse comme une fillette quand je vois Pierre Richard dans "La Chèvre".
Je bois une bonne tasse de thé devant "La grande vadrouille".
J'ai ne frisonne pas devant "La Cité de la Peur" mais je me fends la tirelire.
J'ai toujours "La classe américaine" sur moi.
Ma rate s'est dilatée devant "Les vieux de la vieille".
Juste Leblanc est mon idole.
Le premier "Bronzés" m'a fait marrer, les suivants pleurer de honte pour la comédie française.
"C'est arrivé près de chez vous" est une référence.
"Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" m'a donné envie de visiter l'Egypte. Les médias m'en ont dissuadé.
Je me gondole avec Gabin, Ventura, Bourvil, Fernandel, de Funès, Dieudo... euh Coluche, les hommes politiques...
La nouvelle génération du rire est marrante, ou pas.
J'ai beaucoup d'humour. Je suis bon public. J'aime tout et n'importe quoi. Et pourtant, je suis difficile.
Ce qu'il y a d'agréable dans "Intouchables", c'est son minuscule côté dissident face à la pensée dominante. En effet, le long-métrage ose l'impensable en France : rire du handicap physique, du handicap social, du monde. La(les) question(s) est(sont) : va-t-on avoir droit à des manifestations d'handicapés dans la rue (s'ils ne sont pas trop feignasses pour descendre), à des émeutes dans les cités parce qu'on se moque gentiment d'eux ? Une sorte de Ligue de Défense des Handicapés Physiques et Sociaux va-t-elle enchaîner les procès et les actions violentes pour faire taire les clichés présents dans le film d'Olivier Nakache et Eric Toledano ? Après plusieurs mois d'exploitation en salles et près de vingt millions d'entrées (please : dépasse les Ch'tis !), il n'en est rien. Deux hypothèses : "Intouchables" ne possède aucune once de subversion et use donc d'un humour vu/revu/rerevu/rererevu et prévisible ; ou alors le trou du cul de l'humour et de la largesse d'esprit laisse passer de temps à autre un filet de blagues déviantes sur un sujet pas franchement brûlant mais qui pourrait s'attirer les foudres de quelques intégristes de l'ennui incapables de comprendre la moindre galéjade. L'essentiel étant que le film soit une réussite. Aujourd'hui, Omar m'a tué.








