Un hiver à Central Park (The Other Woman)


Ouah, quelle affiche géniale !
Le scénario tenait la route jusqu'à un moment totalement impossible pour tout être humain mâle : refuser une partie de jambes en l'air avec Natalie Portman ! Aucun homme normalement constitué ne peut décliner une invitation de ce calibre par la femme dont le corps a été sculpté par Vénus elle-même !


L'histoire d'une jeune mère au caractère imprévisible suite à la perte de sa petite fille. Pour tenter de remonter la pente et sauver ce qui lui reste d'espoir, et faire tenir son couple, elle va se rapprocher petit à petit de son beau-fils, William, un enfant comme les autres, avec ses défauts et ses qualités. A un moment, Emilia (Natalie Portman) lance en parlant d'un film qu'elle vient de voir un cinéma : "C'est nul quand l'héroïne est sublime et que son mec est un crétin". Cette réplique somme toute banale, résume quelque peu le sentiment qui s'empare du spectateur en regardant "Un hiver à Central Park". D'une part, tout film mettant en scène une relation de couple entre Natalie Portman et un acteur quel qu'il soit entraînera dans l’encéphale masculin une réaction de dégoût et de haine envers cet acteur. Même si c'est pour du "semblant", nombreux sont les fans considérant Natalie Portman comme sacrée. Alors quand les médias parlent de bébé... D'autre part, la gent féminine s'identifiera avec vigueur au personnage d'Emilia, et ne comprendra pas l'incompréhension et l'impatience du mari, aveugle face à la détresse morale du personnage.


L’œuvre de Don Roos bénéficie comme atout majeur d'un casting de choix. Déjà, il y a Natalie Portman (du lourd quoi!). Puis il y a Scott Cohen, pas vraiment connu du grand public (ni même du petit), mais suffisamment convaincant pour transmettre une large palette d'émotions au spectateur selon les scènes. Le gamin est joué par Charlie Tahan qui, comme la majorité des enfants acteurs surfe sur la naïveté et l'innocence. Et enfin, il y a la plus douée des "Friends", Lisa Kudrow alias Phoebe. Une équipe d'acteurs persuasifs et une réalisation académique font de ce "Un hiver à Central Park" un beau film, émouvant, à défaut d'être exceptionnel. Les larmes de la ménagère et des personnalités sensibles couleront aisément devant cette histoire charmante et douce, idéale pour évacuer la pression du quotidien.

Sex Friends (No Strings Attached)


Love et autres drogues...
"Sex Friends" est l'incarnation de la magie du cinéma, du rêve que donne à voir le septième art. "Sex Friends" met de l'espoir dans la vie de chacun. Et pourtant, c'est un non-adepte de la comédie romantique qui vous écrit...


Malgré une histoire qu'on a vue venir à des centaines de kilomètres, qui a déjà été exploitée des dizaines et des dizaines de fois au ciné et à la télé ; malgré des situations et des rebondissements attendus ; malgré tous les clichés qu'il enchaîne, le réalisateur Ivan Reitman parvient à faire de ce "Sex Friends" l'un des meilleurs films du moment. La raison de cette réussite est toute simple : Natalie Portman et Ashton Kutcher, deux des acteurs les plus convaincants de ces dernières années.


D'un côté, il y a la plus que parfaite Natalie Hershlag, divine sylphide dont la seule pensée résout tout problème de libido, consacrée reine du cinéma aux oscars pour "Black Swan". Une personnalité extraterrestre, intouchable, et pourtant tellement proche et naturelle. Natalie Portman incarne l'image d'une femme comme les autres, avec ses qualités et ses défauts. Cette banalité exceptionnelle fait d'elle une icône.


De l'autre côté, nous avons le gentleman et very good-looking Ashton Kutcher. Un acteur de talent qui nous a fait croire pendant huit saisons de "That 70's Show" qu'il était beubeu. Aujourd’hui, il roucoule dans les bras de la cougar la plus désirable au monde : Demi Moore ! Frais, jeune et beau gosse, son charme agît sur la gent féminine tel un aimant sur de l'acier. Et pourtant, Ashton pourrait être n'importe qui !


Alors, faire en sorte que ces deux individus se rencontrent dans un film d'amour où le sujet principal est le sexe, ça ne relève pas du génie, mais de la logique pure. Il ne s'est pas foulé le chasseur de fantômes ! Mais ce n'est pas grave, nous avons tout de même droit à un long-métrage ultra efficace, aux dialogues percutants et au jeu d'acteur al dente. Saupoudré de situations drôles et coquinettes, ce "Sex Friends" est un luxe dont il ne faut pas se priver.

22/10/2012 Edit : après la succulente Demi Moore, Ashton Kutcher a mis dans ses draps la splendide Mila Kunis ! Well done Dude !

Cheats (Opération Antisèche)


T'as pas d'bite !
"Cheats" ("Cheaters" pour son titre français, à ne pas confondre avec le long-métrage avec Jeff Daniels ; "Opération Antisèche" pour les québécois...) est une petite comédie sympathique mettant en scène un groupe de quatre adolescents qui se sont spécialisés au fil de leur cursus scolaire dans la triche. A l'heure où le baccalauréat crée la polémique à cause de fuites de sujets, il est très appréciable de revoir ce film sans prétention pour oublier toutes les bouffonneries que les médias nous assènent au JT.


Handsome Davis et Sammy Greene se connaissent depuis la maternelle. Ils ont appris au fil du temps à déjouer le système et truander ingénieusement leurs examens. Entre vol de copies et moyens mnémotechniques pour se remémorer les réponses qui tomberont le jour de l'exam', ces deux amis d'enfance nous entraînent dans un génie de la triche à faire pâlir d'envie les jeunes étudiants qui galèrent à obtenir la moyenne. Enchaînant les clichés du cinéma adolescent hollywoodien, la réalisation n'en est pas pour autant désagréable. Certes nous n'avons pas droit à des plans et cadrages originaux, d'une beauté extrême, cependant la relation entre les acteurs semble tellement naturelle qu'on en oublie les grosses ficelles du réalisateur (Andrew Gurland, qui semble se spécialiser dans le teen-movie : il a récemment tourné "The Virginity Hit"). Une succession de scènes attendues mais efficaces (je me rappelle encore de Trevor Fehrman pétant un câble dans les couloirs alors qu'un de ses professeurs l'accusait de tricherie ; ou de "Ça c'est une boule. Ça c'est l'autre boule. Elles voyagent toujours ensemble."), qui font de ce cheap "Cheats" un excellent film pour se vider la tête et se remémorer quelques souvenirs d'adolescent. Un plaisant divertissement.

Jackass 3D


Ouille, ouille, ouille, qu'est-ce que j'ai mal aux couilles !
Du pipi, du caca mou, de la transpiration, des nutshots, du paintball, des coups sacrément vaches entre "potes", des déguisements carnavalesques toute l'année, des cascades débiles, des combats entre nains, de la colle : une succession de sketches avec parfois des mises en scène frisant le ridicule, et flirtant avec le pitoyable cinématographique.


La bande à Steve-O est reviendu sur les écrans de cinéma pour surfer sur la vague de la 3D accessoire et uniquement présente pour engranger un peu plus de fric et faire payer un supplément à la place de ciné. J'y ai préféré la version DVD, dans un élan de refus d'un monde cinématographique sans cesse sous le joug de la censure. Pas envie d'aller dans les salles obscures pour entendre des bips sur les f@&#, rater des séquences potentiellement marrantes parce que les producteurs et distributeurs veulent faire toujours plus de pognon en proposant une version commerciale, une version uncensored, une version longue, une version cinéma, une version director's cut (bon... pour Jackass il n'y a pas véritablement de réalisation...)...


Quitte à lâcher du pognon, autant choisir la version que l'on veut regarder. Ou soyons fous, téléchargeons ! Pour éviter qu'Emma Leprince fasse un album, pour ne pas permettre à Kelian Gomez de créer une série télé, pour que jamais ne sorte le "Tue-moi à gage" (la rencontre fortuite d'un dépressif et d'une tueuse à gages...) de Nathan Molina, pour que 2022 ne soit pas une déchetterie artistique ! Déjà que Jackass 3D... la suite de la suite de la suite de la suite, c'est pas forcément high level niveau qualité, autant préserver l'avenir et son porte-monnaie.

Vanessa - Un truc de ouf (clip)


Un truc de ouf ce clip ! Le réalisateur du clip aurait dû apprendre au détour de ses vidéos de famille du dimanche, que mal filmer en contre-plongée une fille qu'a de grosses joues et un manque de charisme évident, ce n'est pas très flatteur et agréable, que ce soit pour la demoiselle en question (qui au final fait peur, d'autant plus si l'on porte le regard sur la casquette sponsorisée par Senna et Secret Story), ou pour les mâles qui dans un élan de stupidité arbitraire (dictée par la fatigue et l'ennui sur la toile) ont décidé de regarder ce clip vidéo (et regrettent amèrement cet ennui et cette fatigue). Le réalisateur aurait aussi dû apprendre quelques rudiments du clip vidéo avant de se lancer, parce que les zooms pourris sur des boules à facettes d'une discothèque ça ne se fait plus depuis Claude François (il en est mort d'ailleurs !), et le fond vert transformé en figures psychédéliques... même les Forbans n'ont pas osé (c'est la raison de leur séparation d'ailleurs !). Peut-être que le réalisateur a été influencé par une bande musicale rappelant l'heure de gloire de Vincent Lagaf et de son joli lavabo, ou bien peut-être  est-il handicapé mental, aveugle et sourd?

Par contre les paroles sont ultra-profondes et mettent en exergue la difficulté d'acceptation des cultures locales, mais aussi la puissance de la rumeur et de l'étiquette. Ainsi, lorsque la chanteuse lance :
A peine entrée, on m’a déjà collé une étiquette
La blonde qui a soi-disant piqué le mec de sa copine
On sent une forte dénonciation des idées reçues au travers de ce style très fluide et musicalement parlant. Puis vient la réaction parfaite à toutes ces fumisteries, réaction digne d'un Buddha dans toute sa splendeur :
Je sais qui je suis, je sais ce que je vaux
Je suis Vanessa, la ch’ti blonde qui est toujours restée digne
Enfin arrive la révélation de génie, assénant à la société superficielle une critique juste, à coups de mots subtilement choisis :

C’est un monde, de fous et de mépris
Rien de vrai, rien que de l’apparence
Tout est dit. Les mots parlent avec une puissance que seule Vanessa de Secret Story 3 possède. Dommage alors que la demoiselle n'ait pas une voix agréable à entendre, qu'elle manque d'énergie lorsqu'elle chantonne son pamphlet contre le monde. Sus au manque de talent faisant de ce potentiel hit un ramassis d'ignominies sans nom. Bouh le méchant styliste imaginaire qui m'a collé sur le dos une veste sans manches, avec un capuche à poils. Enfoiré le producteur de disque qui me laisse me ridiculiser devant tout le monde... Je colle sur ce clip l'étiquette de la merde absolue.

Senna - Clap your hands (clip)

En regardant ce clip, j'ai vomi.

 

Un mec plutôt pas mal dans le genre "je n'ai aucune expérience de la musique et en chantant sous la douche je me suis dit que peut-être j'avais une belle voix alors comme j'ai fait une émission de télé-réalité les gens me connaissent et savent que je suis une star et comme je suis une star bah je peux faire tout qu'est-ce que j'veux et même faire un disque qui ne se vendra pas et qui deviendra l'archétype de la nullité sur internet alors que moi je trouve que c'est pas mal et j'en profite pour rentabiliser au maximum l'acquisition d'un plug-in Autotune en le mettant sur ma voix de merde tout au long de la chanson parce que les gens qui ont enregistrer la musique ont dit que ça passerait peut-être mieux avec de la chance"...

Un clip plutôt pas mal dans le genre "je cumule tous les clichés possibles et imaginables et mon monteur a trouvé le moyen de faire un faux raccord ultra évident avec le seul élément vaguement intéressant du clip qui est en fait une blonde qui marche au ralenti sur la plage et l'accessoiriste a déguisé le pseudo chanteur en abruti des temps modernes incapable d'avoir un semblant de style et qui abuse avec les duckface alors que tout le monde est d'accord pour dire que c'est ringard et pitoyable de faire ça mais pourtant il continue tout comme le chorégraphe qui ne propose rien de plus trivial qu'un claquement de mains pour faire bouger un peu les protagonistes"...

Nous sommes la nuit (Wir sind die Nacht)


Ich bin ein Berliner !
J'ai entendu une foé une jeune débile de douze ans comparer "Wir sind die Nacht" (ouais parce que l'écrire en allemand ça fait rock 'n' roll, mais ça te colle sur le front l'étiquette du nazi et de la secousse tout le monde te déteste, et ça, c'est encore plus rock !) à "Twilight" (ouais, en anglais pour que ça fasse international...). Ni une ni deux, je l'ai attrapée par les cheveux, balancée dans la cave avec un joli Pedobear, et j'ai appelé Marc pour qu'il s'en occupe ! Non mais ras-le-bol qu'on mette toujours sur le tapis ce (chef-d'oeuvre) Twilight ! Une gamine qu'a même pas encore de poils me parle cinéma, et vampires de surcroît... C'est la foire au pesli, merde !


"Wir sind die Nacht" est vendu comme un film de lesbiennes, avec du cul sans poil mais avec duvet, avec des vampires sexys et re-sexys... On se retrouve avec un club de vampires lesbiennes ultrasélect (si tu n’as pas les yeux d'une telle couleur, tu ne peux pas rentrer dans le groupe... Tiens, ça me rappelle quelque chose ça...) qui ne font que danser dans les boîtes de nuit, draguer quelques mecs et faire les fofolles dans la rue à quatre heures du mat' (bah oui normal c'est des vampires, si c'était à quatre heures de l'aprem', elles seraient mortes !). Bien loin des promesses de l'affiche, de la bande-annonce, du pitch, du film...


Le scénario ne révolutionne pas le genre, au contraire, il s'attache à revenir aux sources du mythe du vampire, à contrario d'une Stephenie Meyer livrant ses "Twilight" (la preuve par l'exemple que la société est de plus en plus prude et inculte). Le spectateur suit les tribulations d'une petite délinquante, Lena, qui va s'attirer les faveurs de la chef des vampires, Louise, qui va de ce fait la transformer et l'initier à son mode de vie et lui présenter ses copines vampires. Mais notre petite junkie tombe peu à peu amoureuse d'un flic mortel... Bon, on sentait le truc venir à deux millions de kilomètres, et la fin ne surprendra pas les initiés. Cela aurait pu être sympathique à regarder si :

  1. L'opérateur-caméra avait pris la peine de faire une mise au point à chaque plan, plutôt que livrer des scènes où tout est flou. Ça aurait pu donner une petite touche personnelle, si seulement il y avait un sens à ce flou.
  2. Le réalisateur avait choisi de ne pas mettre plein de plans caméra à l'épaule parce que c'est trop à la mode et que les Américains ils font ça, et comme j'aimerais bien avoir moi aussi un public large je vais tenter ma chance...
  3. Les actrices avaient daigné se mettre un doigt durant les scènes pour donner un semblant d'ambiance érotico-sexuelle. De même, le choix des actrices n'est pas forcément des plus adéquats. Lena (interprétée par Karoline Herfurth) tient la route malgré une cote en dent de scie chez les mâles ; Charlotte (la mignonne Jennifer Ulrich) est sympa ; le reste fait plus marrer qu'envie...
  4. Le scénario n'avait pas surfé sur la vague des "films qui marchent en ce moment parce que Bella et Edward c'est le nouveau rêve des petites vierges effarouchées alors on va tenter de faire un truc pareil mais uniquement pour les keums". 
  5. Elle est où Kristen Stewart ?
"Nous sommes la nuit" n'intéressera même pas les insomniaques, qui préfèreront aller se coucher. Les autres resteront au lit pour profiter du spectacle proposé par Morphée.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...