Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]


Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l'éclat du métal noble, et nous livre des sédiments de plomb. En moins de deux minutes, le film pose un diagnostic implacable sur sa propre industrie, celle qui croit que l’on peut financer le néant pourvu qu’on l’habille de noms familiers. Cette quête saharienne, au lieu de nous emporter, s'enlise dans une heure trente de stase narrative, transformant une promesse de comédie d’aventure en un inventaire de faux départs.

Chronique : La trilogie de l'apocalypse (5/5) – Le spectateur avalé


Il y a un fil invisible qui traverse les trois films, et qu'on ne remarque généralement pas avant de les regarder à la suite. Ce fil, c'est vous. Ou plutôt : la place que Carpenter vous assigne, et qu'il modifie soigneusement d'un film à l'autre. Dans le premier, vous êtes le treizième homme de la base – invisible, impliqué, paranoïaque. Dans le deuxième, vous savez ce qui va arriver et vous ne pouvez rien faire. Dans le troisième, la frontière entre vous et le personnage que vous regardez a disparu. Douze ans pour vous avaler. Et quand la lumière se rallume, quelque chose a changé – vous n'en êtes pas tout à fait sûr, mais vous sentez que la porte derrière vous n'est plus tout à fait la même qu'à l'entrée.

Chronique : La trilogie de l'apocalypse (4/5) — L'art de ne pas tout montrer


Six fois. C'est le nombre de fois que la Chose apparaît pleinement à l'écran dans le film éponyme. Sur près de deux heures. Six. Tout le reste, c'est ce qu'elle pourrait être, ce qu'elle a peut-être déjà contaminé, ce qu'on ne voit pas encore. Carpenter a compris quelque chose d'essentiel que beaucoup de cinéastes oublient : la peur ne vit pas dans l'image – elle vit dans l'espace entre les images. Dans la couleur qui vire imperceptiblement. Dans le cadrage qui exclut précisément ce qu'on voudrait voir. Dans la fin qui refuse de se refermer. La trilogie de l'apocalypse est un traité sur l'économie du regard – et sur ce que l'œil du spectateur fabrique quand on le laisse travailler seul.

Chronique : La trilogie de l'apocalypse (3/5) – Ce que l'oreille retient


Faites l'expérience : fermez les yeux, lancez n'importe lequel des trois films. Vous saurez en moins de trente secondes où vous êtes — pas grâce à un dialogue, pas grâce à un effet sonore identifiable, mais grâce à une façon d'occuper le silence. Une pulsation basse qui ressemble à un cœur qui ralentit. Un synthétiseur qui imite la respiration sans vraiment y parvenir. Un vide sonore tendu comme une peau de tambour, juste avant que quelque chose crève dedans. Dans la trilogie de l'apocalypse, la musique et le son ne commentent pas les images — ils les précèdent, ils les contaminent, ils font le travail que les mots ne peuvent pas faire.

Chronique : La trilogie de l'apocalypse (2/5) – Pas de sortie


Dans les trois films, les personnages n'arrivent pas à s'en aller. Pas par manque de volonté – par impossibilité physique, concrète, absolue. Une tempête de neige qui condamne toute sortie. Une église encerclée par une horde silencieuse. Une ville qui n'existe sur aucune carte et dont les routes ramènent toujours au point de départ. Le huis clos est l'une des figures les plus anciennes du cinéma de genre – mais Carpenter en fait autre chose : pas un simple cadre narratif, pas une contrainte budgétaire habillée en choix artistique, mais une arme. Un dispositif pensé pour faire de l'enfermement une expérience partagée entre les personnages et le spectateur. Bienvenue à l'intérieur.

Chronique : La trilogie de l'apocalypse (1/5) – L'époque avait peur


En 1982, une créature sans visage s'infiltre dans une base antarctique isolée. En 1987, un Mal antéchristique sommeille depuis des siècles dans les caves d'une église de Los Angeles. En 1994, un roman d'horreur commence à réécrire le monde réel. Trois films. Douze ans. Une seule question : de quoi avons-nous vraiment peur ? Avant de parler de monstres et de mise en scène, il faut d'abord parler du bruit de fond – de cette Amérique des années 80 et 90 qui vacille et voit ses certitudes s'effriter une à une. Parce que la trilogie de l'apocalypse ne sort pas de nulle part : elle sort de son époque. Et son époque était terrifiante bien avant que la caméra ne se mette à tourner.

[Plongée dans les textes de] We are dead - Smurfette


DISCLAIMER

Le texte qui suit porte exclusivement sur les paroles de « Smurfette », leur structure, leurs images, leurs silences, ce qu'on peut raisonnablement, ou déraisonnablement, en tirer. Elle extrapole, théorise, convoque Donnie Darko et les forêts nordiques de Tove Jansson, assume pleinement les moments où elle tire un peu fort sur le fil interprétatif.

Elle ne dit rien de la musique elle-même, de ses arrangements ou sa composition. Encore moins de ce que la mélodie fait aux mots ou les mots à la mélodie. Ce serait une autre critique, pour une autre fois.

Celle-ci ne s'intéresse qu'au texte. À ce qu'il dit, à ce qu'il ne dit pas, et à tout ce que j'ai pu projeter dessus.

Retour à Silent Hill


Soyons honnêtes : Christophe Gans a sorti ce film pour une communauté de fans qui allait le détester quoi qu'il arrive. C'est un peu comme offrir un dessin à ta mère... elle va trouver quelque chose qui cloche. Sauf que là, la mère a un compte SensCritique et 40 ans de rancœur accumulée.

Code 3


Qui s’attendait à quelque chose en lançant un film sur des ambulanciers américains sur Paramount+ ? Personne. Et pourtant.

Christopher Leone plonge sa caméra pendant 24 heures dans une ambulance aux côtés de Randy (Rainn Wilson, alias Dwight Schrute pour les fans de The Office), de son partenaire Mike (Lil Rel Howery) et de leur nouvelle recrue, Jessica. Le pitch tient sur un post-it. Et c’est très bien comme ça.

[Discussion avec moi-même] Thomas Poncet - Louisville Slugger

Les bonnes choses ont-elles une fin? Je ne sais plus. Je livre ici, avant de me lancer prochainement (d'ici un an, un siècle, une éternité?) dans la critique pure et dure de l'album "Louisville Slugger" de Thomas Poncet, une discussion que j'ai eue avec moi-même autour des textes du (non) disque, noyau de la plongée précédemment publiée. Les amateurs de redondance s'en donneront à cœur joie, les autres pourront vaquer à d'autres occupations, ou pas.

Le critique fou 



Quand on lit l'album Louisville Slugger de Thomas Poncet, on pourrait croire que c'est juste une suite d'images, comme ça, un peu sans lien. Mais en fait, si on creuse un peu, on découvre une histoire puissante, celle d'une transformation personnelle. C'est ce que je vais décortiquer ensemble avec moi-même

[Plongée dans les textes de] Louisville Slugger de Thomas Poncet


Louisville Slugger
de Thomas Poncet est une pépite auditive de dix morceaux, fragments d’un journal encéphalique complexe. Les textes, concis et d’apparence simplistes, se révèlent une fois juxtaposés, comme les pièces d’un puzzle mental complexe. Nous nous baignerons dans cet abîme particulier, et tenterons d’en saisir une psyché: que nous disent ces paroles, parfois limpides, souvent cryptiques, de l’état d’esprit, des obsessions, de la vision du monde de son auteur?

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...