Un heureux événement



"Un heureux événement" est l'adaptation cinématographique réussie d'un mauvais roman à tendance autobiographique d'Eliette Abécassis.
Caché derrière un histoire superficielle, prévisible et naturellement sexiste, le réalisateur enchevêtre avec dépit et facilité les clichés du cinéma, les tristes références et la maladresse visuelle. Un labeur pénible à faire, et horrible à voir. Heureusement pour Bezançon, le long-métrage est porté par un casting tout à fait honorable :
- Louise Bourgoin est absolument délicieuse dans le rôle de l'agaçante future mère avec ses sautes d'humeur et son cheminement philosophique sur les joies et les peines de la maternité (oui, parce qu'il n'y a pas que du bon dans le fait de devenir parent...).
- Pio Marmai est très bon dans le rôle d'un abruti fini que l'on a envie de frapper à cause de son égocentrisme ultra-démesuré et sa misogynie exacerbée qui semble tout à fait normale si l'on en croit le développement du scénario.
- Daphné Burkï, Josiane Balasko, Thierry Frémont ou encore la chanteuse Anaïs Croze... Tous quatre sont convaincants.
Ce film transmet quelques relents aux spectateurs, ainsi qu'une folle envie de se faire ligaturer les trompes ou vasectomiser. Si vous rêvez de fonder une famille, ne regardez pas "Un heureux événement", cruel constat d'une société castratrice.

Le Caméléon




"Le Caméléon" met en scène la quête d'identité de Jarod, un être doté d'une intelligence supra normale, un génie qui possède entre autres la faculté d'assumer n'importe quelle identité. Arraché à ses parents par une entreprise appelée "Le Centre" alors qu'il n'était âgé que de quatre ans, le petit garçon devenu grand ne sait pas qui il est, qui sont ses parents, quel est son nom. Toutes les informations dont il dispose sont celles qu'il découvre au fur et à mesure de ses recherches. Fraîchement évadé de son centre d'exploitation des jeunes génies qu'on enferme pour en faire des cobayes scientifiques, il prend naïvement conscience de ses années perdues, de son enfance ignorée, de son adolescence gâchée, de sa vide existence. Il n'est rien d'autre qu'un protée avide de ses racines généalogiques.

Chaque épisode développe les mêmes éléments :
- Jarod déniche un gadget enfantin ou des sucreries qu'il n'a pas pu connaître durant ses jeunes années (le fameux M. Patate, des bonbons, des glaces, un Rubik's Cube, des chewing-gums...)
- Le caméléon sort un de ses petits carnets rouges. Dans ceux-ci, il y a des articles de journaux concernant l'histoire qui va être développée dans l'épisode, et à fortiori le rôle que va endosser Jarod.
- Le petit génie recherche des indices concernant ses parents, les secrets que le Centre lui cache depuis sa plus tendre enfance.
- Quelques petites vidéos des expériences subies par Jarod, prouvant une fois encore ses capacités supranormales.
- Une chasse au caméléon, avec la stupide Miss Parker (fille d'un haut responsable du Centre), Sydney (le psychologue scientifique qui éleva Jarod au gré des expériences, et qui a une drôle de façon de tenir un combiné téléphonique...) et Broots (un geek fada de l'informatique).

Outre des personnages légèrement caricaturaux sur les bords et naïfs à volonté (Miss Parker en tête, Jarod médaille d'argent, Sydney en bronze...), "Le Caméléon" souffre cruellement de sa trame scénaristique hyperbolique, encore plus grosse qu'une galaxie : une entreprise appelée "Le Centre" kidnappe des petits génies pas encore formés, a des dizaines de nettoyeurs à ses ordres, possède un compte en banque encore plus renfloué que le PIB du Canada, donne des armes à tous ses employés, simule à l'avance tous les événements dramatiques du XXème siècle... et personne n'est au courant ? Mais que font les électriciens ? C'est quoi ces francs-maçons du mal, cette société tellement secrète que ses membres peuvent courir à poil dans la rue, des Kalachnikovs aux bras sans qu'on les remarque ? Je soupçonne Harry Potter d'avoir vendu à ces malfrats des capes d'invisibilité... Malgré tous ces petits défauts, la série et les comédiens sont attachants, et l'on peut facilement se scotcher devant quelques épisodes du Caméléon pour passer le temps agréablement, sans chichis.

The Glee Project



Là ou "Glee" m'avait un tant soit peu refroidi par son manque de piquant, "The Glee Project" a réussi à me convaincre l'espace de cinq épisodes (soit la moitié de la durée de l'émission). Un petit programme télévisuel qui surfe sur le succès de la série musicale, et qui met en scène une compétition entre douze candidats. Le déroulement du concours, avec à la clé un rôle dans la série phare, est très simple :
- Une phase individuelle où chaque candidat fait ses preuves vocales devant un des acteurs de Glee
- Le vainqueur désigné du premier tour gagne une mise en avant dans le clip vidéo du jour : dans une ambiance très Guilee Guilee Guilee la troupe de chanteurs enregistre en studio la bande son et tourne ensuite le clip musical (des chansons allant de Katy Perry à Tears for Fears, en passant par Lady Gaga ou autres...).
- Une session de rattrapage : le tiercé de postulants ayant le moins convaincu les jurés se retrouve en ballottage et a droit à une dernière chance avant l'élimination.
- Les résultats du ballottage : comme pour le baccalauréat, le verdict est affiché sur une liste au tableau d'informations du lycée.
- Une session d'adieu à l'éliminé du jour, avec comme chanson récurrente l'insupportable "Keep Holding On" de l'horripilante Avril Lavigne. Le perdant chante donc une dernière fois sur la scène du Glee Project avec ses anciens camarades.
Ce qui est intéressant dans cette émission, c'est la capacité des "professionnels" à gommer la singularité des personnalités qui sont en compétition. Chacun des candidats arrive avec un vécu, une mentalité, une essence propre... et se retrouve devant un jury qui les pousse à effacer cette trempe naturelle qui fait leur charme. L'on découvre au fil des épisodes des candidats qui vont se fondre dans un moule superficiel que l'industrie musicale impose au consommateur. Il n'est donc plus étonnant de perdre de vue toute face originale dans la musique (et l'art en général). Le reflet parfait de la société contemporaine.

La vengeance



Pour faire honneur à "La Vengeance" de Morsay, cette critique sera bourrée, autant que faire se peut, de fautes d’orthographes, d'erreurs syntaxiques, d'argot ou autres bêtises peu aisées à lire. D'avance, pardon.

Yo zyva cé koi se film de tarba ? Morsay ki s'prend pour le king de la téci. Mé le kem il a rihein conpri à la life koi. Cé un boufon plécom, y nou prand trop pour des payday nou les gars du 93, boloss va !

Marre de mal écrire, place à un poétique délire...
Le Sieur de la Cité a perdu l'huile de son moteur charismatique,
Chauve comme Vin Diesel, il jouera de son caricatural physique.
"C'est pas ma faute que toi t'as été en prison" lâcha-t-il entre deux postillons
Pour dénoncer vaillamment l'injustice et défendre ses opinions.
Pas d'autres choix que de manier l'Opinel s'ils ne veulent pas être privés du ciel.
"- Les filles, vous voulez une glace ?
- Non
- Okay, bisous."
Tant pis pour l'autre cruche, avec ses airs nunuche
Dans sa scène superflue, qui nous trouera le cul.
Ambiance Yamakasi, Morsay saute tel un puceron de mur en mur.
L'ancien policeman aujourd'hui à la tête d'une équipe de pucelles néo-nazies,
Incapable de casser par lui-même du beur de la Téci,
Il délègue avec Führer sa haine à ses sbires,
Qui nuiront à ces "parasites immigrés" avec plaisir.
"Merci pour les journals" nous fera aussi mal que les cadrages biaisés d'une bande de truands mal baisés,
Tandis que les répliques ratés s'enchaînent dans un rythme effréné.
"Eh les filles, je vous ai montré mon nouveau tatouage" lancé par un gros SS fier d'exhiber son Svatiska gravé au crayon de couleur noir sur un flasque dos.
"La vengeance est un plat que je mange tout de suite" ponctuera avec brio
La bévue cinématographique que nous inflige cette bande de sado.
Des selles de haineux.

Les Tuche



Cathy, génitrice et femme de ménage au foyer, se voyait à Monaco au plus proche de la princesse Stéphanie.
Jeff, père et supporter avant tout, vit par et pour le foot.
Donald, fils cadet et "Coin-Coin" pour les intimes, est un surdoué tellement gentil et attentionné qu'il fait semblant d'être débile pour ne pas être rejeté et rié par les siens.
Wilfried, l'aîné et "Wesh-Wesh" de la famille, se réfugie dans le rap et le bling-bling pour cacher son homosexualité.
Et Stéphanie, fille-hommage à la principauté élevée depuis sa plus tendre enfance par les magazines people, espère de tout son petit cœur d'écervelée devenir une star.
Une belle famille archétypale.

Quand la famille Tuche, une meute de rustres campagnards vivant de miettes de pain, empoche le jackpot au Loto™ (cent millions d'euros, soit 7597 années de salaire au SMIC), les rêves non-enfouis d'une bande de joyeux lurons, largement inspirés de la brochette nationale du cliché, peuvent enfin devenir réalité. Alors fini les pointes sèches et les cheveux cassants, fini les fins de mois dictées par la besogne et la disette, fini les allocations chômage, fini l'odeur des campagnes... Place à une vie de rêve dans la plus belle villa de la côte monégasque. Mais place aussi aux regards hautains de la haute bourgeoisie en or qui n'accepte guère les péquenauds nouvellement venus. En terre inconnue, cette famille de plouc luttera tout au long des 95 minutes du long-métrage pour s'intégrer dans ce nouveau monde...

Quatre-vingt quinze longues minutes durant lesquelles Isabelle Nanty surjoue le lieu commun de la campagnarde, durant lesquelles Jean-Paul Rouve nous ressort inlassablement le personnage-animateur de "Radio Bière Foot" des Robins des Bois (sympa pour quelques sketchs, mais très lourd pour un film complet), durant lesquelles les acteurs principaux et secondaires rivalisent de grandiloquence médiocre.

Un illustre échec inattendu lorsque l'on sait tout le talent d'Olivier Baroux, le réalisateur, qui nous avait offert un excellent "L'italien". Même en le prenant au dixième degré et avec un sens de l'humour élargi, difficile d'esquisser le moindre sourire face à cette comédie manquant cruellement de joyeuseté.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...