Jack Frost (1996)


"D'abord il vous glace, ensuite il vous tue !"
L'institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES), sous l'égide du ministère de la santé, nous recommande de manger cinq fruits et légumes par jour. Aujourd'hui, c'est parti pour le navet !
Voilà, le décor est planté grâce à cette accroche foireuse.



"Tonton Henry ! Raconte-moi une histoire ! Une histoire qui fait rire et qui fait peur..." Un tueur en série prolifique, trente-huit meurtres à son actif, est enfin arrêté par les autorités policières. Alors que par une sombre nuit d'hiver il est transféré vers son lieu d’exécution où une chaise l'attend de pied ferme, le convoi l'escortant a un accident. Le détenu sort alors de l'estafette avant d'être inopinément aspergé d'un liquide douteux, vraisemblablement de l'acide provenant de recherches génétiques. L'effet de cet acide nouvelle génération ne va pas tarder à faire un malheur : Jack Frost disparaît, fond littéralement dans la neige, sous les yeux ébahis d'un policier portant une guirlande de noël comme écharpe. Volatilisé le méchant tueur ! Tant mieux, ça allégera la facture d'électricité du gouvernement. Et bien non ! Car le fameux liquide a transformé cet infréquentable personnage en un bonhomme de neige maléfique, capable de se liquéfier et se solidifier à n'importe quel moment ! Et en plus, il a toujours au fond de lui le désir profond de se venger du shérif l'ayant arrêté. Le glaçant Jack Frost va alors se diriger vers le secteur dudit policier afin de mettre sa vendetta en œuvre. Avec un brin de folie, il va terroriser le petit comté de Snomonton. Coïncidence ultime, la ville organise son concours annuel de bonhomme de neige...


Alors que les autorités font face à l'un des premiers crimes sur le comté, le FBI commence de loin à s'intéresser à l'affaire, craignant la possibilité d'une mutation génétique de Jack Frost. Les aventures du bonhomme de neige peuvent commencer. Sur son parcours de glace, il laissera des petits souvenirs aux habitants : neuf meurtres et un viol. Parlons-en de ce viol ! L'une des scènes cultes du film. Alors qu'elle prend tranquillement son bain, Shannon Elizabeth (alias Jill Metzner) va subir le châtiment ultime, harponnée par la carotte du bonhomme de neige la plaquant contre le carrelage de l'espace-douche. Bien évidemment, le ton humoristique de la séquence est donné par les cris majestueux de la demoiselle, par une bande-sonore rock'n'roll, et la phrase qui tue : "Hum, on dirait que Noël est un petit peu en avance cette année. En tout cas, j'espère que tu as pris ton pied, chérie". Sans oublier le cliché du mec (ici un bonhomme de neige) fumant après l'amour (avant de lancer une nouvelle  réplique inoubliable : "Oh, il faut que je me souvienne d'envoyer des fleurs à cette petite").


"Jack Frost" est un assemblage de scènes nulles à en crever, de répliques écrites avec un couteau à steak, d'un jeu d'acteur pitoyable et agaçant, d'effets spéciaux en carton et d'humour à deux balles à foison. Mais ici, tout est assumé et même revendiqué. Il n'y a qu'à écouter l'exposition, où un gamin demande à son oncle de lui raconter une histoire drôle et qui fait peur. Bon, l'oncle a tout de même un peu merdé, on ne retient que le côté comique du film, et non la face terrifiante, pour la simple et bonne raison que cette dernière est inexistante.


Certes ce film est une merde à n'en point douter, il n’empêche que c'est sacrément bon ! Un délice, un énorme bol de crème glacée, saupoudré d'un nappage au chocolat et parsemé de biscuits. Une gourmandise à savourer sans modération.

Love, et autres drogues


Régis fait du cinéma !
Après avoir vu "Love, et autres drogues", je me suis immédiatement rendu aux toilettes afin de vomir le souvenir de ce film. Malheureusement pour moi, déglutir ceci n'aura pas suffit ! De ce pas je cours vers le centre de désintox le plus proche afin d'éradiquer toute souvenance de ma mémoire, de me purifier l'esprit et surtout afin éviter d'ancrer la cauchemardesque vision de ce... film dans mon anamnèse. Car il  faut avouer que ma palette de sensibilité et mon taux d'acceptance de la médiocrité cinématographique n'ont jamais été frondés aussi violemment par un long-métrage que j'eusse jugé avant même la vision comme intéressant (voire agréable) à regarder.



J'en viens à regretter l'imagerie mentale que je me faisais (elle me suit cette imagerie) des deux acteurs principaux : Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway. Le premier pour son rôle de Donnie Darko (cultissime !) et son lien de sang avec l'une des plus jolies frimousses du cinéma américain, à savoir Maggie bien entendu. La deuxième, princesse malgré-elle consacrée reine par Tim Burton, au physique parfait et aux cheveux à faire rager la gente féminine. Deux talentueux acteurs (pour la demoiselle, il n'y a qu'à admirer "Rachel se marie" pour se convaincre, et pour le keum, si Richard Kelly vous indiffère, regardez "The Good Girl" avec l'ex-Friends Jennifer Aniston) qui n'arrivent qu'à emmouscailler avec leur pseudo-relation pourrie et leur petite couveuse orgiaque prétexte à câlins que leur sert chaque organe de l'univers.


Et le scénario dans tout ça? N'en parlons pas : l'histoire d'un commercial coureur de jupon qui va s'énamourer d'une fille qui le repousse, donc inexorablement ils vont finir ensemble... Ajoutez à cela quelques éléments mélodramatiques pour que la fumisterie audiovisuelle laisse paraître un semblant de travail (zut j'ai un Parkinson, rupture, réconciliation...). C'est parti pour l'overdose.

Hunt to Kill


Un chasseur sachant chasser...
"Quand je chasse, je chasse pour tuer" restera la réplique culte du film, l'idiotie que chaque héros de film d'action et de série B sort pour se rendre intéressant et faire croire à un trait d'esprit épiphanique. Avec "Hunt to Kill", on a droit à la totale de chez Total : des explosions de temps en temps, un flic qui se fait descendre par des dealers de drogue dans un labo clandestin, un Davy Crockett qui va aider des voyous parce qu'ils menacent sa fille chérie, ce même aventurier qui va décimer petit à petit toute l'équipe malfaisante pour récupérer sa progéniture, mais surtout des décors ultra-surprenants : une immense forêt canadienne, bercée par une photographie mormone et un caméraman atteint de Parkinson. La moindre des choses eusse été d'investir dans du matériel de professionnel...



Bouh les méchants braqueurs sans scrupules qui se jouent des tours pour dérober à leurs partenaires de crime les 10 millions de dollars qu'ils ont volé. Bouh les pas-gentils bonshommes qui n'aiment pas laisser des témoins vivants et qui à chaque erreur d'autrui vont sortir leur flingue pour le dégommer. Et tout ça pour quoi ? Pour aider un petit peu le gentil de l'histoire, Jim Rhodes, qui aura moins de boulot à faire si les méchants s'entretuent tous seuls, forcément.


Stone Cold Steve Austin et ses gros bras ont la lourde tâche de porter le poids de ce film. En effet, même la présence d'Eric Roberts (nous nous rappelons tous de "Best of the Best" !) ne parvient pas à donner de la crédibilité à ce long-métrage d'action, d'autant plus que (mis à part Steve Austin qui ne s'en sort pas trop mal) le casting est effroyablement désagréable et cabotin. Une série B qui contentera les moins regardants.

The Chaperone


Such a shame...
/join #delirium
Après "The Marine" et "The Marine 2", après "Knuckelhead" et "The Condemned", WWE Studios présente sa nouvelle perle : "The Chaperone" ! Des mois d'une attente interminable et impatiente, que dis-je, des semaines et des semaines de martyr, des moments de souffrance à n'en plus finir... qui aujourd'hui sont enfin récompensés ! "The Chaperone" sort sur nos (écrans) platines de salon (... depuis le 18 février tout de même), foncez chez Walmart avant que la cohue des fans de Paul "Triple H" Levesque ne vous bouscule à travers le rayon peluche pour chiper les derniers exemplaires restants sur les étalages. N'ayez point peur d'user de la violence pour acquérir cette œuvre, et battez-vous pour en être l'un des heureux propriétaires. Sur ce coup-là, d'ici à un millier d'années, vous pourriez devenir l'unique détenteur du DVD de "The Chaperone", le roi Arthur de la sagesse et de la maîtrise de soi.

 

Ma théorie est toute simple : dans un élan de frustration, de honte et de culpabilité face au visionnage de cette splendide déjection optique, l'être humain va malgré-lui devenir la proie d'une possession démoniaque l'astreignant à une violence physique sans précédent ! Chaque parcelle du disque, du boitier et de la jaquette (ou tout ce qui entoure de près ou de loin le film), sera détruite pour le bien de l'humanité. Seul un homme, une femme... une personnalité surhumaine aura réussi à transcender la nullité abondante de cette chose, arborant fièrement le DVDexcalibur de "The Chaperone", et soumettant la planète entière à son bon vouloir. Cet être sera le maître incontesté et incontestable du monde !


Triple H, Paul Levesque, peu importe. L'essentiel est là. Un scénario aussi bidon qu'une bouteille d'eau, un jeu d'acteur plat comme une planche à repasser, les musiques d'un ascenseur dont les hauts-parleur ont cramé, une réalisation puritaine et des décors peints par des gamines en manque de tendresse. La combinaison gagnante d'un film perdant.
/quit Souffrance psychique


/join #Reality
"The Chaperone" n'est pas le film de l'année (loin de là 2010 et 2011 étant déjà dominées par "Black Swan" - notamment grâce à la performance extraterrestre de Natalie Portman), il n'en est pas pour autant un mauvais divertissement. Certes, le récit est prévisible et chaque scène est jouée à l'avance dans notre tête d'amateur du septième art ; Pour sûr que le jeu d'acteur ne brille pas de mille feux (le personnage principal étant une olive cultivée par la WWE, on sait à quoi s'attendre : un mec bodybuildé aux expressions faciales limitées) et que les décors ne surprennent pas par leur beauté. A côté de cela, il y a tout de même le côté divertissant du film qui ne se prend pas la tête, qui nous vide les esprits et nous permet de combler les lacunes d'un emploi du temps sous-chargé. Le spectateur que je suis s'est même fait prendre à glousser des ricanements de fillette (face à l'absurde scénario et les dialogues sponsorisés par "L’Encyclopédie du déjà-vu", ça excuse un peu...). Du bon mauvais cinéma qui donne l'impression d'être face à une série télé qu'on déteste, et que pourtant nous regardons.

Les voyages de Gulliver (2010)


/join #lilliput
"Les voyages de Gulliver"... Des bouquins fabuleux qu'on ne fait pas lire aux écoliers, des adaptations plus ou moins réussis à la télévision ou au cinéma (la meilleure est à mon sens le téléfilm de 1996, avec Ted Danson), et la version bien hollywoodienne, sauce 2011...



Jack Black alias Lemuel Gulliver est employé au service courrier d'un journal dans un grand building américain... (faute grave ! Le mec, on est en 2011, il s'appelle Lemuel Gulliver!), et est secrètement amoureux d'une jolie journaliste à qui il livre son courrier. Un jour, dans un élan de stupidité lié à son coup de foudre, il va lui faire croire qu'il aime voyager et qu'il a un petit talent d'écrivain. Du coup la demoiselle va lui confier un reportage de voyage au triangle des Bermudes... Oui, dans le monde du journalisme, un préposé au courrier n'a qu'à dire qu'il aime voyager pour devenir reporter, évidemment... Alors qu'il navigue, tranquillement guidé par son puissant bateau à moteur, le capitaine Black traverse un nuage de brouillard avant d'être happé par un vortex étrange qui l'envoie au royaume de Lilliput, un monde où les habitants sont minuscules (de la taille d'un soldat de plomb pour les plus grands) comparé au géantissime monstre qu'est Gulliver. S'en suivent des péripéties prévisibles, des gags pas vraiment marrants, mais avec Jack Black quelques sourires peuvent tout de même s'esquisser sur les visages...


Mais bon, il n'y a pas cette petite flamme, cette étincelle cinématographique qui fera de ces "Voyages de Gulliver" une œuvre marquante. Le film est plaisant à regarder (un petit peu long par moments), on ne pouffe pas de rire, mais on ne s'ennuie pas ferme non plus. C'est bien, et en même temps c'est pas terrible. Mais au moins, la première adaptation de Gulliver du troisième millénaire est une version plus moderne (heureusement, car le livre date de 1721), insérant au récit notre époque contemporaine et son inhérent consumérisme. Là peut-être est le point important du long-métrage, qui laisse se dessiner au loin une satire sociale et politique, à l'instar du livre de Swift. Un petit divertissement à cent douze millions de dollars.

The 41-Year-Old Virgin Who Knocked Up Sarah Marshall and Felt Superbad About It


Fuyez, et ne revenez plus jamais !
Il est vingt-trois heures, je suis crevé : dans un élan de fatigue terrible je me décide à regarder un film au titre à rallonge sorti direct en vidéo (STV...). Un supplice qui aura duré une heure, dix-sept minutes et cinquante trois secondes! Les pires moments de l'existence ne sont rien à côté de la torture télévisuelle que nous inflige Craig Moss, le réalisateur de cette parodie subtilement pas drôle.



"41 ans toujours puceau" est l'archétype du film comique qui en fait tellement beaucoup trop qu'il est impossible pour le spectateur, quel qu'il soit, de rire à la moindre blague (si tant est que l'on puisse considérer des dialogues vaseux comme des vannes). L'ensemble du long-métrage ne fait que surfer sur une vague qui a la cote auprès des ados immatures et peu regardants face à la qualité artistique ; cette vague tsunamiesque qu'est la parodie de films existants (ici nous avons droit entre autres à "Twilight", "Sans Sarah Rien Ne Va", "40 ans toujours puceau", "Scary Movie", "Supergrave", "Funny People", "En cloque : Mode d'emploi", "L'étrange histoire de Benjamin Button", "Star Wars", "Slumdog Millionnaire", sans oublier un soupçon d'Uwe Boll), ou le comique du sillon glutéal (du cul pour les moins éduqués). Dans cette merde audiovisuelle sortie droit du fion d'un puceau queutard se branlant sur un catalogue de lingerie des années 60, le jeu d'acteur atteint le zénith de la médiocrité. Jamais auparavant un casting n'a été aussi mauvais, que ce soit les acteurs principaux ou les figurants (qui figurent très mal!). Les plans sont pitoyablement piteux et les décors brillent magistralement par leur pauvreté. Chaque parcelle du film, chacune des 116 825 images de cette daube sont le paradigme de l'erreur cinématographique.

Rien de bon ne peut être retenu de "The 41-Year-Old Virgin Who Knocked Up Sarah Marshall and Felt Superbad About It", le film au titre à rallonge qui espère qu'en faisant des parodies pourries de films qui au fond ne sont pas aussi pourris que ça va remplir les po-poches de producteurs aveugles et inconscients avec des petits sous-sous qui leur permettront de fréquenter des prostituées qui enlèveront leurs dessous contre une petite pièce que le même producteur a subtilisé à un abruti de spectateur qui ne savait que foutre de sa fin de soirée et qui s'est dit que ça ne peut pas être aussi terrible que ça et que ça pourrait passer le temps et qu'en plus il contribuerait au bonheur pécuniaire d'une pute qu'élève seule ses trois gosses et qui est en cure de désintox une semaine sur deux. Si l'on vous conseille de voir ceci, ayez le bon réflexe, sortez le fusil.

L'autre monde


Sliders, les mondes parallèles...
Un gars quelconque, un jeune flirtant la majorité, trouve avec sa petite pucelle d'amie un téléphone portable dans une cabine de plage. Forcément, la curiosité des jeunes les poussent à checker ce-dit téléphone : ils trouvent des photos d'une demoiselle plutôt jolie. Résultat de cette micro-invasion dans l'intimité du portable : le gars tombe sous le charme de cette inconnue, et va petit à petit renier sa relation amoureuse d'avec sa girlfriend pour vivre une pseudo-histoire virtuelle avec Audrey (la fameuse inconnue), dans le monde créé par un jeu vidéo, le non-célèbre "Black Hole"...



Le film aurait pu être intéressant, développer sur les dérives et les attraits que peuvent entraîner les "Second Life" et autres "Sims". Le long-métrage aurait gagné en crédibilité s'il n'avait pas été écrit par un enfant manchot et sans cervelle. Les dialogues qu'osent nous proposer les scénaristes feraient se retourner Roal Dahl dans sa tombe. Du creux farci à l'inintéressant et bien sûr un soupçon de naïveté.


Et que dire du jeu des comédiens, frôlant le pitoyable avec à sa tête Grégoire Leprince-Rinquet, ne parvenant même pas à s'auto-convaincre de l'efficacité de ses paroles. Pauline Etienne quant à elle souffre énormément d'un manque d'aisance face à la caméra, tandis que Louise Bourgoin prend plus de plaisir à montrer son joli petit cul qu'à lire le scénario et potasser son rôle (incroyablement mal écrit de surcroît). Le seul intérêt résidera donc dans le plaisir visuel que peut entraînera l'ex Miss Météo chez les aficionados du Grand Journal, adolescents en mal de désir, des ampoules plein les mains.


Ce film sera peut-être une réussite dans un autre monde, une dimension parallèle où le navet serait consacré au rang d'art.

Chute Libre

Le voilà : le meilleur film de Schumacher, Joel de son prénom! Oui, le réal' qui aime bien les plans estampillés tour de Pise! "Chute Libre" est un régal, total.



Ahhhh ! Je tombe...
D-Fens pète un plomb aujourd'hui. Alors qu'il s'apprête à rendre visite à son ex-femme à l'occasion de l'anniversaire de sa fille, la société se met en travers de son chemin... Un embouteillage causé par des travaux, un épicier asiatique qui pratique des tarifs trop élevés sur des canettes de Coca-Cola, un gang de malfrats mexicains qui lui refuse le droit de circuler sur leur "territoire", un fast-food qui ne sert plus de Whamlette jambon fromage ni de Wham frites après onze heure trente (dépassée de quelques secondes seulement!)... suffiront à le faire sortir de ses gonds.


Servies par un Michael Douglas au sommet de son art, les frasques du personnage de William Foster font un bien fou, bien qu'elles soient démesurées. Il est toujours frustrant de devoir se plier à des règlements idiots (comme le fameux "Nous ne servons plus de petit-déjeuner à partir de 11h30"), ou de devoir se coltiner des travaux d'une infinie lenteur sur des routes  vierges de toutes dégradations. A travers ce film, le spectateur se libère, autant que faire se peut, du poids de la société telle que nous la connaissons aujourd'hui encore, capitaliste, consumériste et stupide. Il exprime son mécontentement face à l'ahurissant prix de cette canette en aluminium en mettant le petit magasin de quartier à sac. Il démonte à coups de batte de baseball les petits délinquants qui se prennent pour des caïds. Il sort une mitraillette dans le fast-food pour tenter calmement de raisonner le directeur de celui-ci, et de se faire servir son petit-déjeuner... William Foster dans son périple met un terme à toutes ces fumisteries sociétales...


Face à Foster, il y a le détective Martin Prendergast, à une journée de son départ à la retraite. Cet officier de police est le seul du commissariat à sentir quelque chose d'énorme se tramer, lorsque le gentil petit épicier aux prix prohibitifs vient témoigner de ses malheurs. Prendergast n'aura pour seul indice que le fait que le suspect porte une chemise blanche et une cravate. Autant chercher une châtaigne sous un marronnier! Pourtant, malgré l'incompréhension de ses collègues, voire les moqueries, il persévérera. Bien lui fût, pour lui, comme pour nous. En effet, la mise en scène malicieuse de Joel Schumacher nous laissait penser que ce type à bout de nerfs, William Foster, était un individu lambda qui péta un coup trop fort (le spectateur s'attache même à cet homme, notamment par la prestation de Douglas) ; alors qu'en fait il est un homme dévasté psychologiquement, déséquilibré suite à la perte de son emploi et à l'échec de son mariage, et désormais reclus chez sa génitrice ("Dannyyyyy!").


Un scénario qui tient fort bien la route, un jeu d'acteur excellent (Michael Douglas évidemment, et Robert Duvall), une réalisation maligne et efficace suffisent à faire de "Chute Libre" un excellent film, exutoire magnifique pour les frustrés du quotidien. Attention cependant à ne pas reproduire les séquences relatées dans le long-métrage, sauf en cas de déséquilibre mental.

Gasland



Salée la facture de gaz !
Il aura fallut près de trente ans à Josh Fox pour se rendre compte que l'industrie énergétique prenait le monde (nature + être humain) pour des prunes. Issu d'une famille de hippies, le "réalisateur" ouvre enfin les yeux sur l'abrutisme collectif. "Gasland" est en quelque sorte l'enquête d'un individu lambda, qui se décide à faire un documentaire sur un sujet qui le touche. En effet, une compagnie de forage minier propose à notre apprenti cinéaste la rondelette somme de 100 000 dollars pour louer ses terres afin d'y installer des puits, et au final récolter le gaz de schiste à quelques trois kilomètres sous terre. Heureusement pour lui, Josh refuse. Et il décide de mener sa petite enquête sur la fracturation hydraulique...



On se doute bien que la petite somme (qui pourrait paraître généreuse pour le pauvre habitant ayant du mal à payer les traites de la maison) offerte par les géants de l'énergie est dérisoire dans leur porte-monnaie. Qu'est-ce qu'un petit chèque face aux milliards de mètres cube de gaz qu'ils pourraient exploiter? Et qu'est-ce que ce morceau de papier mis sur une estrade avec les dommages collatéraux dus à ces forages de sauvageons? Eh bien oui, les magnats du gaz font la sourde oreille et ignorent ces soucis. Migraines violentes, eau du robinet inflammable, contamination de l'air, détraquement de la faune et du monde animal... Et tout le tralala habituel pour nous alarmer sur les dangers méconnus de cette nouvelle exploitation énergétique. Et qui paie pour tout ça? Le facteur du coin, le bon petit villageois près d'un puits, notre voisin et nous-mêmes (tout ceci se passe pour l'instant aux Etats-Unis, mais pourquoi cela ne se déplacerait-il pas en Europe? Des projets à venir sans doute...)!


Enfin voilà pour le propos, qui se veut une explication claire et lucide des dangers de cette exploitation du gaz. On en sortira quelques scènes intéressantes (je pense notamment à l'eau qui s'enflamme, ou l'explosion d'un puits...) ainsi qu'une fin somptueuse, en ceci qu'elle est un ascenseur émotionnel : une séance du Congrès américain allume une lueur d'espoir, avant que la voix-off (le réalisateur) nous l'éteigne par le souffle pessimiste de son documentaire.

Accros au plastique



Plastique... et Bertrand dans tout ça ?
"Accros au plastique" se veut, j'imagine, comme un documentaire terrifiant, qui chamboule totalement notre univers, qui nous ouvre les yeux sur la réalité nous entourant, qui nous change à tout jamais. Avec sa voix-off nous expliquant les méfaits du plastique en nous lançant des statistiques sorties de nulle part (5% du plastique occidentale est recyclé, tandis qu'en Inde, ce chiffre monte à 60!), et nous aveuglant d'images de déchets dans des poubelles géantes à ciel ouvert. "Accros au plastique" nous alarme également en nous informant que nous avons certainement ingéré du plastique! Et bien oui, comme les océans sont en quelque sorte notre urinoir, nos toilettes... les gentils petits oiseaux trop idiots confondent des granules de plastique avec leur nourriture. Et comme nous allons les manger ces oiseaux, forcément nous mangerons également ce polymère, résidu de pétrole qu'est le plastique. CQFD.



Le documentaire n'est pas mauvais en soi. Au contraire, son alarmisme tendre nous pousserait presque à nous remettre en question. Cependant, il ne va pas assez loin dans l'extrême. Quitte à nous faire réfléchir ou nous faire peur sur nos habitudes du quotidien, autant y aller à fond! Dommage donc que ce film soit trop soft. Il eusse été intéressant de montrer les dangers directs du plastique, du genre d'un gamin ne dépassant pas les 36 mois qui avale par mégarde un petit jouet de plastique et qui doit de ce fait se faire opérer d'urgence, sinon c'est la mort! Ou bien montrer les effets de l'inhalation (par inadvertance bien sûr) de vapeur de plastique, puisque bon nombre d'illuminés connaissent ces dangers... Mais non, Ian Connacher préfére y aller mollo, et rend son documentaire peu marquant. Autant filmer sa poubelle.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...