Black Books



Assez déroutante, cette série britannique narre les aventures un chouia déviantes et cyniques d’un gérant de bibliothèque londonienne de seconde zone, Bernard, complètement blasé de la vie sociale et des clients qu’il s’efforce de supporter. Sa voisine Fran (que l’on rencontrera plus tard dans la série "Episodes", avec Joey Tribianni, aka Matt LeBlanc), dans un esprit plus féminin, apparaît comme la conscience (relative) de la sitcom, plus sociable et respectueuse des conventions. On y ajoute un troisième personnage principal, Manny, un faux stupide qui parvient à se faire embaucher comme assistant de Bernard.

La série enchaîne avec une belle écriture les méandres sociaux du vendeur de livres le plus détestable de la planète. D’origine irlandaise, il ne supporte pas ses clients, et n’hésite pas à se foutre de leur tronche (plutôt que "sur", au moins il n’y a pas de violence physique). Alors pour compenser ces excès sociaux intolérables, il est toujours un verre de vin à la main, cigarette au bec, et mots pas doux dans la cervelle. Accompagné de ses fidèles acolytes, il va s’engouffrer dans des situations vaudevillesques (un peu trop d’ailleurs) toujours sur un ton (humoristique) très sombre, noir, à la limite du sarcasme télévisuel.

Dix-huit épisodes au total pour trois saisons, c’est court, mais suffisant, car l’ensemble tourne rapidement en rond et aurait fini par lasser à force de persévérance, d’autant plus que si l’on n’accroche pas tout de suite à la série, le jeu d’acteur exubérant peut agacer. Une petite pastille à découvrir pour les fadas d’humour anglais satirique.

Machete Kills



Exptdr, le mec il est tellement mégalo que, non content d'avoir pondu un premier volet ahurissant de nullité et de vacuité, chie une suite, encore plus pénible qu'une coloscopie pour un anus non dilaté. Machete tue, une fois de plus. Sans aucune originalité, avec un humour difficilement décelable et une mise en scène de feignasse, Rodriguez viole incessamment les spectateurs. Mêlant sans subtilité ni finesse des références en pagaille (les plus visibles étant "Hot Shots!" -notamment avec la présence de Charlie Sheen, ou le scénario qui en est plus que clairement inspiré, alors même que celui-ci pompé "Rambo 2"!-, et Star Wars), de la violence gratuite pseudo gore, de la chatte à foison (que des actrices top canon [Amber Heard, Michelle Rodriguez, Jessica Alba, Sofia Vergara, Alexa Vega, Vanessa Hudgens...], même Lady Gaga, qui est physiquement moche, est bonne ici) et des faux raccords à chaque séquence/scène. Un nanar à ultra gros budget que les incultes amoureux d'un dessous de table Tarantinesque considèrent comme un génie. Dire que son seul bon film, "Sin City", en fait ce n’est pas lui. Lollilol.

Les Douaniers



Les doigts dans le Nied.
Dans la série des webséries qui ne valent pas le coup d’œil, voici Les Douaniers. Créée par Dieudonné M’Bala M’Bala, elle met en scène une équipe de deux douaniers, un vieux de la vieille, et un jeune bleu. Tous deux n’ont aucune crédibilité, que ce soit par leur jeu d’acteur (Dieudonné, qui pourtant est était un excellent acteur au cinéma, fait mal à voir ; tandis que Nicolas Metrich, inconnu au bataillon, ne semble pas avoir d’avenir reluisant dans la comédie. Peut-être est-il drôle ailleurs, ici, à part passer pour un teubé déficient, il n’en retirera aucune gloire), par le comportement des personnages qui n’ont rien de professionnel (quid du douanier qui va interpeller une femme aux gros nibards dans l’unique dessein de reluquer avec perversion son physique avantageux...), d’un poste de "contrôle" en bois, ou par l’insuffisance des dialogues. Couplé avec une image dégueulasse (noire et blanche, pour pallier à la pauvreté des du décor unique), d’un rythme décevant (qui peut être détourné pour faire des microsiestes) et d’un cadrage insupportables (toujours filmé de face, à la manière d’Un Gars Une Fille...). L’ensemble est si navrant que j’ai failli me jeter sous un train.

Jean-Luc Lemoine est inquiétant



Un spectacle somme toute assez classique, composé d'une suite de sketches aux personnages variés : un couple en crise au bord de la rupture, un surveillant d'école un chouia sadique, un psychopathe angoissant qui travaille dans la promotion par téléphone, un animateur/vendeur de centre commercial, un client d'agence matrimoniale qui se plaint des rendez-vous bizarres qu'on lui propose, un florilège de réflexions absurdes, mais logiques sur... la logique ; un couple de cas sociaux qui se rend à un entretien pour une adoption, un vendeur en électroménager, une camionneuse qui ressasse ses souvenirs dans un café, un pompier qui vend des calendriers en fin d'année, et conclure le spectacle avec un rappel qui parle du rappel dans les spectacles.
L'ensemble est très bien écrit, Jean Luc Lemoine vend excellemment bien ses blagues, et presque toutes les chutes font mouche.

Dates



En soi, la série est originale. Elle raconte les Dates, c'est-à-dire les premiers rendez-vous physiques de personnes qui se sont trouvées sur Internet. Créée par Bryan Elsley, à l'origine de l'emblématique Skins, elle en reprend les codes principaux : le générique d'une part, presque copié/collé, avec les mêmes effets, la même musique passe-partout, des plans rapides sur Londres (en opposition à Bristol pour Skins), des couleurs flashys qui tournoient... La seule différence est que les personnages mis en valeur dans l'épisode ne personnalisent pas le générique. Car chaque épisode est centré sur un protagoniste, un couple, un rendez-vous. Ça a pas mal marché pour Skins, mais ici c'en devient morose, car le rythme de la série n'est pas assez fort, de même pour l'écriture qui laisse à désirer. Manquant cruellement de panache et de réalisme, Dates pêche par son côté trop trash et cru, faisant fit d'une certaine finesse au profit d'escapades sexuelles devenues normales dans la société contemporaine. Il n'en restera qu'un souvenir graphique, que ce soit par la mise en scène mettant en valeur la lumière et les acteurs (Erica et Kate dans un club, Jenny et Christian dans la chambre, Heidi et Stephen dans la piscine d'un hôtel ou encore Mia, sublimée à chacune de ses apparitions), ou pour Oona Chaplin, qui en plus d'être une divine actrice, est physiquement sidérale.

Six Sexy (Coupling)



Dans la lignée des séries créées par Marta Kauffman et David Crane (Dream On et Friends), Steven Moffat nous propose de l'autre côté de l'Atlantique, une petite pépite qui aurait mérité d'être plus connue en France. L'histoire d'une bande de six trentenaires londoniens, amis de surcroît, qui narrent leurs aventures et mésaventures, sexuelles principalement.

Hilarante de bout en bout, cette sitcom est clairement inspirée de Friends : trois filles, trois garçons. Des personnages aux caractères équivalents : le tombeur de ces dames, l'intelligent, la fille avec une araignée au plafond, la frustrée... Des situations similaires : là où les Friends se rejoignaient au Central Perk, le lieu de prédilection de Coupling (ou Six Sexy pour le titre francisé...) est un pub. Les mêmes séquences s'enchaînent, mêlant des scènes au bar avec celles dans leurs appartements. Mais l'avantage principal de cette série reste son écriture qui relève du génie. Là où Friends montrait clairement un puritanisme américain ambiant, Coupling se lâche et parle ouvertement de sexe, sans langue de bois, et surtout sans jamais être vulgaire. Et pourtant, niveau cul, c'est 70 % de la série ! Une classe et un raffinement qu'on envie aux Britanniques. De même, on dit que les Français ont du vin, et les Anglais de l'humour. Cette perle en est une nouvelle illustration. Quatre trop courtes saisons qui sont un cocktail explosif de rires, de crampes au ventre à force de glousser, et de zygomatiques paralysés par le bidonnement.

Star Wars : Episode VI - Le retour du Jedi



Comme pour souligner une récurrence cinématographique devenue parole d'Évangile, ce dernier volet de la trilogie originelle de Star Wars use et abuse des rouages du septième art. Entre un scénario pas franchement habile, qui arrive malgré tout, grâce à la toute-puissance d'un mythe créé par George Lucas, à tenir le spectateur en haleine, tellement impatient de savoir ce qui l'attend, comment se clôture cette saga (avant les milliards de Walt...) ; une omniprésence de bons sentiments allant à l'encontre même d'un raisonnement enfantin ; des personnages qui viennent gâcher un côté obscur si désirable (qu'ils sont cons ces méchants ! Et encore, je pèse mes mots) ; des seconds rôles et des figurants aux costumes complètement fralés (c'est quoi ces musiciens et ces esclaves ?)

Bon en fait c'est quoi cet épisode ?

La princesse Leïa veut libérer Han Solo des griffes de Jabba (alors même qu'il est enfermé dans de la carbonite, ancêtre de la cryogénisation), mais elle se fait pincer et deviendra alors le fantasme ultime de tous les fans de la saga grâce à son bikini doré, et une silhouette affinée de cinq kilos (dixit Carrie Fisher, mise au sport pour le tournage... Foutu diktat de la beauté !). Alors, Luke s'en mêle et d'un coup de baguette magique libère ses amis (version édulcorée et écourtée, nda). Pendant ce temps, l'Empereur Palpatine inspecte ses troupes... Puis Luke retourne voir Maître Yoda, qui pour ses dernières paroles (oui, il meurt !), lui met une pression de malade sur les épaules : "Luke, quand je ne serai plus, le dernier des Jedi tu seras". Bref, l'Alliance Rebelle se prépare à anéantir l'Empire. Mais ce dernier n'est pas dupe et élabore un plan basé sur une manipulation des informations afin de saboter l'Alliance une bonne fois pour toutes ! Mais c'était sans compter sur la rencontre sur la planète Endor entre Leïa et Wicket, un petit Ewok (... marketing pour gamin...). De là va en découler un Allié de choix, des petits ours en peluche avec des têtes bizarres et des bâtons en bois, qui vont être décisifs pour la suite. Puis, Luke se rend compte qu'en fait Leïa est sa soeur. Ensuite il se rend, littéralement et dans tous les sens du terme, à son ennemi, l'Empereur Palpatine. Il manque de se faire tuer, sauvé in extremis par Darth Vader, dont le bon côté n'était pas totalement annihilé ! Soulagement pour la famille Skywalker, mais le prix à payer pour sauver son fils est le sacrifice de sa vie. Snif, bouh bouh bouh :'( Au même moment, une bataille intergalactique fait rage, et malgré toutes les mauvaises intentions et les pièges de l'Empire, les forces Rebelles vont parvenir à détruire la deuxième Étoile Noire (last but not least ? Disney nous le dira). C'est génial, les méchants ont perdu, Han et Leïa s'aiment : faisons un banquet autour d'un feu de camp pour célébrer la victoire ! Le point essentiel de l'histoire étant que Anakin Skywalker avait rejoint les forces du côté obscur pour mettre fin aux guerres intergalactiques, et qu'il y parvint en retournant sa veste.

Il n'empêche que sans ses acteurs convaincants et attachants, son lot d'humour (et une parcelle d'amour), ses décors monstrueux, et une musique qui mérite l'attention des tympans, Star Wars n'aurait pas réussi à trouver son public. Qu'il soit bon ou mauvais, c'est un film qui a marqué l'histoire du cinéma.

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...