L'arnacœur


Une daube bien de chez nous !
J'entends encore siffler ici les encouragements à voir "L'Arnacœur", les "ouais moi aussi au début je pensais que c'était de la merde, mais en fait en le voyant on se rend compte que c'est pas si mauvais que ça", ou les "Ca, tu dois absolument le voir, c'est génial!". Résultat des courses : un film survendu et pas terrible.


Je ne m'attendais à rien, je n'ai guère été déçu. L'arnacœur, c'est l'histoire d'un briseur de couple professionnel qui va tomber amoureux de l'une de ses cibles. Ce que cet "arnaqueur" fait : il séduit grâce à ses charmes (mouais... Romain Duris quoi, ça vaut pas Johnny Depp) une femme pour lui ouvrir les yeux, lui faire comprendre qu'elle mérite d'être avec un homme qui l'aime corps et âme. Un pitch bien plus poétique que la technique archi-clichée de la séduction. Je suis un homme, je me fais passer pour une sorte d'idole auprès de certaines gens (un petit billet dans la poche pour les plus récalcitrants à l'hypocrisie), je sors mon baratin comme quoi j'ai beaucoup souffert dans la vie, que l'amour ne m'a jamais souri, et une fois que la femme fond dans mes bras, je lui offre un baiser avant de lui dire que pour moi l'amour ne fera plus d'étincelle, mais que elle (la donzelle) a toujours la chance de trouver son âme sœur... A quelques détails près...



En simplifiant le jeu de séduction d'une manière aussi énorme, le film tend vers le machisme à l'état pur, voire à la mysoginie flagrante. Réduire une femme à un être stupide succombant à quelques paroles niaises est d'autant glauque que celle-ci est en couple. Donc ces "femmes" peuvent être perçues comme des catines véritables, des Marie-couche-toi-là modernes. Un pas de plus vers le sexisme... Et après, les jeunes et moins jeunes demoiselles allant au cinéma regarder "L'Arnacœur" vont crier sur tous les toits leur besoin compulsif de romantisme et de mots tendres. Voilà le monde d'aujourd'hui! Et après on nous remballe toujours la vieille rengaine du "Femme et homme c'est la même chose, égalité". La femme devrait choisir son camp plutôt que de surfer sur l'indécision. Égalité sexuelle ou domination masculine? Noir ou blanc merde!



A en croire "L'Arnacœur", la femme est et restera le deuxième sexe. Quant à "L'Arnacœur", il restera pour moi un mauvais souvenir cinématographique. Pour les quelques extrapolations ci-dessus, mais également pour le côté ultra-prévisible et cliché du film, pour les situations vues et revues et encore re-revues, pour le jeu d'acteur de minette, et surtout pour le plaisir. Car c'est vraiment bon de dire non au peuple quand il désire un oui! Que la puissance du mâle soit avec moi.

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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