The Experiment



"The Experiment" nous raconte les affres de l'être humain. Dès le début, le générique nous offre une sorte de parallèle entre l'animal et l'homme. On est donc immédiatement dans le bain du long-métrage, qui ne fera, tout au long des quatre-vingt douze minutes qu'il dure, que dresser un portrait pessimiste et sauvage de l'habitant de la planète Terre.





Le film attaque fort, déjà par son entrée en matière, son ouverture très marquée par un fatalisme de la violence. On suivra pendant une heure et demie, une bande de vingt individus réunie pour les besoins de scientifiques faisant une expérience comportementale, d'une durée de quatorze jours. Cette expérience consiste à mettre ces chers cobayes dans une prison totalement coupée du monde extérieur. Une fois placé à l'intérieur de ce monstre de briques, le chef des scientifiques leur explique le fonctionnement de l'expérience : six des cobayes seront les gardiens, et le reste sera les détenus. Pour toucher le gain final de l'expérience (quatorze milles dollars chacun), les détenus et gardiens tout neuf doivent respecter quelques règles : si une seule personne abandonne, personne ne touche sa "prime" ; s'il y a une seule violence, tout s'arrête et chacun rentrera bredouille chez lui...



Une fois l'expérience lancée, le film devient véritablement intéressant (même s'il y a quelques excès de zèle de la part des scénaristes, beaucoup trop désabusés par la société environnante!). Nous entrons dans une relation de pouvoir entre les prisonniers et les matons, relation qui va forcément changer et révéler le mal qui sommeille dans chaque individu. L'une des règles de cette "prison expérimentale" est que chaque détenu doit terminer son assiette (on sent déjà ici la frustration des scénaristes, qui ont peut-être eu quelques conflits culinaires avec l'autorité parentale durant leur jeunesse...). Alors si un seul de la troupe s'y refuse, tente une petite rébellion d'adolescent, les gardiens tout frais devront sévir en conséquence, et sans violence physique. Alors, forcément, un des matons, légèrement psychopathe sur les bords va lancer l'idée de génie qui fera basculer le film : on ne peut pas les frapper, mais on peut les humilier ! On aura de ce fait droit à des bizutages en règle (urinons sur le méchant prisonnier, mettons-lui la tête dans les toilettes, enfermons-le dans une sorte de cuve, menottons-le sur les barreaux de sa salle, à la vue de tous...), jusqu'au jour où notre génie sociopathe pète un petit peu son câble (Forest Whitaker est d'ailleurs très bon dans son rôle!) et lance des répercussions à la violence crescendo. Le film va maintenant partir en sucette, dans tous les sens, dans une exagération totale de la mauvaiseté innée de l'être humain, poussant à... l'émeute des détenus ! Résultat : quelques bleus à la gueule, des coups de poing par-ci par-là, du sang à ne savoir qu'en faire, et la mort d'un diabétique qui ne réclamait que son insuline...



"The Experiment" aurait pu être un très bon film, singulier (marrant pour un remake). Mais au final, il est totalement annihilé par la pauvreté de la réflexion comportementale, ainsi que par le manque d'espoir et le côté too much des réactions des personnages. Soyons francs, rester deux semaines dans une pseudo-prison sans ouvrir sa gueule, et récolter quatorze milles dollars, c'est à la portée de tous. Tout le monde sauf "The Experiment".

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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