Salée la facture de gaz !
Il aura fallut près de trente ans à Josh Fox pour se rendre compte que l'industrie énergétique prenait le monde (nature + être humain) pour des prunes. Issu d'une famille de hippies, le "réalisateur" ouvre enfin les yeux sur l'abrutisme collectif. "Gasland" est en quelque sorte l'enquête d'un individu lambda, qui se décide à faire un documentaire sur un sujet qui le touche. En effet, une compagnie de forage minier propose à notre apprenti cinéaste la rondelette somme de 100 000 dollars pour louer ses terres afin d'y installer des puits, et au final récolter le gaz de schiste à quelques trois kilomètres sous terre. Heureusement pour lui, Josh refuse. Et il décide de mener sa petite enquête sur la fracturation hydraulique...
On se doute bien que la petite somme (qui pourrait paraître généreuse pour le pauvre habitant ayant du mal à payer les traites de la maison) offerte par les géants de l'énergie est dérisoire dans leur porte-monnaie. Qu'est-ce qu'un petit chèque face aux milliards de mètres cube de gaz qu'ils pourraient exploiter? Et qu'est-ce que ce morceau de papier mis sur une estrade avec les dommages collatéraux dus à ces forages de sauvageons? Eh bien oui, les magnats du gaz font la sourde oreille et ignorent ces soucis. Migraines violentes, eau du robinet inflammable, contamination de l'air, détraquement de la faune et du monde animal... Et tout le tralala habituel pour nous alarmer sur les dangers méconnus de cette nouvelle exploitation énergétique. Et qui paie pour tout ça? Le facteur du coin, le bon petit villageois près d'un puits, notre voisin et nous-mêmes (tout ceci se passe pour l'instant aux Etats-Unis, mais pourquoi cela ne se déplacerait-il pas en Europe? Des projets à venir sans doute...)!
Enfin voilà pour le propos, qui se veut une explication claire et lucide des dangers de cette exploitation du gaz. On en sortira quelques scènes intéressantes (je pense notamment à l'eau qui s'enflamme, ou l'explosion d'un puits...) ainsi qu'une fin somptueuse, en ceci qu'elle est un ascenseur émotionnel : une séance du Congrès américain allume une lueur d'espoir, avant que la voix-off (le réalisateur) nous l'éteigne par le souffle pessimiste de son documentaire.



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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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