Amos Gitaï, figure de proue de la Nouvelle Vague israélienne, livre à nos yeux d'occidentaux incapables de comprendre véritablement les conflits géopolitiques du Proche-Orient, un film poignant porté par un trio d'actrices exceptionnelles.
Natalie Portman, Hanna Laslo, Hiam Abbass. Trois femmes, trois destins, trois cultures : le point fort du film... Rebecca, une juive américaine qui vient de rompre avec son fiancé, rencontre Hanna, une israélienne (accessoirement chauffeur de taxi) qui doit récupérer une belle somme d'argent (30 000 $) chez la troisième femme, Leila, une palestinienne quelque peu paumée.
Sous l'égide (ah... lol!) d'un contexte tendu comme un string où les attentats à la ficelle sont monnaie-courante, Amos Gitaï filme un plaidoyer pour la réconciliation des peuples et la résolution des problèmes de frontières (on sentait déjà un utopique frisson de quiétude dans son excellent "Terre Promise"). On regrettera quelques maladresses du réalisateur (des séquences entières de superposition d'images pour éviter de passer par l'incontournable flash-back : c'est cruel...) qui se morfond dans une rythmique visuelle très lourde et difficile, à l'image d'une région où la situation est la même depuis des lustres et des lustres. "Free Zone" est un long-métrage ardu pour le spectateur lambda, peu ou pas du tout habitué à la délicatesse d'une mise en scène pudique et optimiste où le non-dit possède plus de valeur que la parole. Un hymne pour la paix.

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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