Monsieur Popper et ses pingouins



Ce qu'il y a de plus surprenant avec le septième art, c'est sa faculté à redorer le blason de la tendresse et de l'innocence propres à l'enfance. Le monde des adultes n'a qu'à bien se tenir : Mark Waters est là (rien à voir avec Roger, donc ranger vos lignes de coke !). Il veille au grain et nous offre une petite fable fort sympathique et sans prétention...


Brillant et scrupuleux agent immobilier en plein coeur de Manhattan, Tommy Popper reçoit un bien étrange colis (dans son luxueux 300 mètres carré à Park Avenue...) de son défunt père : un adorablounet manchot gentoo ! Appréciant un chouilla trop sa vie de luxure (entrecoupée périodiquement par la garde de sa progéniture), il cherche à le renvoyer chez lui dans son glacial pays. Malheureusement, la délocalisation des centres d'appel va créer un petit quiproquo : au lieu de parvenir à faire réexpédier son NAC (Nouvel Animal de Compagnie, nda) en Antarctique, il va se faire parvenir cinq nouveaux manchots ! Loin de Vegas, ces petites bêtes n'ont guère d'intérêt pour lui. Il continue alors sa quête d'abandon de bestioles, mais faute à pas de chance, le jour où il en a vraiment la possibilité, c'est l'anniversaire de son jeune fils, qui considère les pingouins comme ses cadeaux (déjà, ça ne se fait pas d'offrir des animaux en cadeau... malpoli malpoli !). Le père de famille se voit alors contraint de garder en pension ces nouveaux pensionnaires attendrissants, au grand dam de sa petite vie tranquille. Bien lui en fût car [spoiler] les nouveaux compagnons de M. Popper vont lui permettre de redécouvrir l'essence de l'existence (enfin... une version de l'essence), à savoir le bonheur familial [/spoiler].


Aidé par une équipe d'acteurs convaincante (Jim Carrey, Carla Gugino, Madeline Carroll, Ophelia Lovibond...) et des images de synthèse surprenantes, Mark Waters enchaîne avec succès les gags et situations comiques, alternées parfois avec des séquences "le personnage principal est un abruti et je le tabasserai volontiers" et "oh! c'est mignon" (ça pue l’ascenseur émotionnel tout ça!). Il en ressort une comédie familiale bien relevée, même si le scénario a été tiré du pokédex de Sacha. Une belle surprise.

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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