La
gamme des FIFA, historiquement
la plus réaliste, comparée à la série des PES, eux typés arcade, offre comme
chaque année un très bon jeu de football, avec ses bonnes améliorations, des
défauts toujours présents, et des nouveaux bugs toujours aussi navrants.
Alors
que PES s'est fortement amélioré au niveau de la
modélisation des visages, des joueurs et du réalisme physique du ballon, la
saga FIFA s'acharne à négliger ces points. Hormis
quelques grosses stars du ballon rond, la majorité des footballeurs ne sont
reconnaissables qu'à leur nom sur leurs maillots. La balle semble parfois plus
en plastique qu'en cuir, et son aérodynamisme porté par des turboréacteurs
implantés dans son enveloppe.
Les
menus, les différents chargements entre les modes, pendant les matchs (un
remplacement de joueur par exemple...) ne sont pas pressés par le temps.
Parfois, il faudra attendre plus d'une dizaine de secondes pour passer d'un
écran à un autre (même un simple retour à l'écran précédent apparaît comme un
purgatoire).
Les
commentaires en matchs sont toujours aussi fidèles à l'action. 4 à 0 pour
l'équipe à domicile, Hervé Mathoux et Franck Sauzée lanceront : "5 à 0 !". Un joueur en pleine
course se verra étiqueter : "Ah, il est au sol. Espérons que ce ne soit rien de
grave." Bien d'autres incompréhensions accompagneront vos matchs.
Que
dire des menus interactifs, toujours d'une beauté codée, qu'aucun cracker n'aura
réussi à percer.
Concernant
l'équilibre entre les équipes... Je veux bien qu'un Espagne - Vénézuela soit largement dominé
par les ibériques, et qu'il faille un niveau sans faille pour l'emporter avec
les Vénézueliens, mais qu'un PSG - LOSC tourne indubitablement à l'avantage de
la capitale, ou alors que les joueurs du Barça courent trois fois plus vite que ceux
de Manchester United, et deux
fois plus vite que ceux de la Juventus, et quatre fois plus vite
que ceux de l'OM, et cinq à six fois plus vite que ceux de Galatasaray... WTFF (What The Fuckin'
Fuck, c'est quoi ce putain de bordel, nda). Zlatan Ibrahimovic zlatane les
pelouses françaises, mais il n'est point aimé des développeurs de FIFA : le joueur carbure au diesel, rate
quasiment l'entièreté de ses contrôles, ses passes sont téléphonées, son
accélération est lourde, très lourde... mais ses tirs, lorsqu'il est possible de
tirer, sont des missiles téléguidés.
La
jouabilité, pour un néophyte des jeux de football, est inexistante. Les passes,
les tirs, les contrôles... doivent être guidés au millimètre par le joystick de
la manette.Et n'espérez pas jouer avec les flèches directionnelles, elles
servent à la stratégie d'équipe. Bref, impossible de jouer correctement, même
dans un match amical au niveau le plus bas, sans être passé au préalable par les
jeux techniques (l'une des réussites de cette version, une drogue), l'arène
d'entraînement et les didacticiels interactifs .Quant au niveau maximal de
l'ordinateur, accrochez-vous pour ne pas vous prendre de raclées des semaines
d'entraînement ne suffisant pas à en venir à bout. La faute peut-être, à un
moteur trop intelligent, anticipant magnifiquement nos gestes, et analysant à
une vitesse folle les possibilités et ouvertures sur le terrain.
Malgré
tout, un plaisir immense s'empare du joueur lors de ses matchs, et la
multiplicité des modes de jeux (carrière, défis, saisons, compétitions, en
ligne...) permet de combler une branche de footeux la plus large possible. Quant
aux contrôles manuels des trajectoires de tirs, passes et autres, bien que
rebutants au départ, ils finiront par être assimilés naturellement par le
joueur, accroissant ainsi le mérite personnel d'une victoire. Une agréable
réussite.

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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