FIFA 13




La gamme des FIFA, historiquement la plus réaliste, comparée à la série des PES, eux typés arcade, offre comme chaque année un très bon jeu de football, avec ses bonnes améliorations, des défauts toujours présents, et des nouveaux bugs toujours aussi navrants.

Alors que PES s'est fortement amélioré au niveau de la modélisation des visages, des joueurs et du réalisme physique du ballon, la saga FIFA s'acharne à négliger ces points. Hormis quelques grosses stars du ballon rond, la majorité des footballeurs ne sont reconnaissables qu'à leur nom sur leurs maillots. La balle semble parfois plus en plastique qu'en cuir, et son aérodynamisme porté par des turboréacteurs implantés dans son enveloppe.

Les menus, les différents chargements entre les modes, pendant les matchs (un remplacement de joueur par exemple...) ne sont pas pressés par le temps. Parfois, il faudra attendre plus d'une dizaine de secondes pour passer d'un écran à un autre (même un simple retour à l'écran précédent apparaît comme un purgatoire).

Les commentaires en matchs sont toujours aussi fidèles à l'action. 4 à 0 pour l'équipe à domicile, Hervé Mathoux et Franck Sauzée lanceront : "5 à 0 !". Un joueur en pleine course se verra étiqueter : "Ah, il est au sol. Espérons que ce ne soit rien de grave." Bien d'autres incompréhensions accompagneront vos matchs.

Que dire des menus interactifs, toujours d'une beauté codée, qu'aucun cracker n'aura réussi à percer.

Concernant l'équilibre entre les équipes... Je veux bien qu'un Espagne - Vénézuela soit largement dominé par les ibériques, et qu'il faille un niveau sans faille pour l'emporter avec les Vénézueliens, mais qu'un PSG - LOSC tourne indubitablement à l'avantage de la capitale, ou alors que les joueurs du Barça courent trois fois plus vite que ceux de Manchester United, et deux fois plus vite que ceux de la Juventus, et quatre fois plus vite que ceux de l'OM, et cinq à six fois plus vite que ceux de Galatasaray... WTFF (What The Fuckin' Fuck, c'est quoi ce putain de bordel, nda). Zlatan Ibrahimovic zlatane les pelouses françaises, mais il n'est point aimé des développeurs de FIFA : le joueur carbure au diesel, rate quasiment l'entièreté de ses contrôles, ses passes sont téléphonées, son accélération est lourde, très lourde... mais ses tirs, lorsqu'il est possible de tirer, sont des missiles téléguidés.

La jouabilité, pour un néophyte des jeux de football, est inexistante. Les passes, les tirs, les contrôles... doivent être guidés au millimètre par le joystick de la manette.Et n'espérez pas jouer avec les flèches directionnelles, elles servent à la stratégie d'équipe. Bref, impossible de jouer correctement, même dans un match amical au niveau le plus bas, sans être passé au préalable par les jeux techniques (l'une des réussites de cette version, une drogue), l'arène d'entraînement et les didacticiels interactifs .Quant au niveau maximal de l'ordinateur, accrochez-vous pour ne pas vous prendre de raclées des semaines d'entraînement ne suffisant pas à en venir à bout. La faute peut-être, à un moteur trop intelligent, anticipant magnifiquement nos gestes, et analysant à une vitesse folle les possibilités et ouvertures sur le terrain.

Malgré tout, un plaisir immense s'empare du joueur lors de ses matchs, et la multiplicité des modes de jeux (carrière, défis, saisons, compétitions, en ligne...) permet de combler une branche de footeux la plus large possible. Quant aux contrôles manuels des trajectoires de tirs, passes et autres, bien que rebutants au départ, ils finiront par être assimilés naturellement par le joueur, accroissant ainsi le mérite personnel d'une victoire. Une agréable réussite.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques – L’Art romantique et autres œuvres critiques

Flux toxique & périssable du jour

Les K d’Or [Chronique du Désert des Ambitions]

Il est des titres qui, par une ironie involontaire, finissent par désigner le vide qu’ils tentent de masquer. Les K d’Or nous promettait l...