A regarder l'affiche de plus près, il fallait s'y attendre : des robots géants, des explosions de partout, un scénario écrit un soir de beuverie, et des effets spéciaux en veux-tu en voilà juste pour en mettre plein la vue et faire oublier à sa chèvre de spectateur la vacuité d'un long-métrage racoleur à souhait (allez petit, monte dans la camionnette, j'ai des tonnes de bonbons rien que pour toi !)
Le pitch en quelques mots : des robots géants foutent la pâtée à des envahisseurs aliens.
Le scénario en quelques phrases. Alors que la Terre subit des attaques de Kaijus, des monstres gigantesques provenant d'une faille spatio-temporelle, l'ensemble des Etats de notre chère planète mettent en commun leur désir inné de survie pour livrer bataille à ces envahisseurs. Le résultat de cette collaboration exceptionnelle : la création d'une armée de robots géants (des Jaegers, mot qui vient de l'allemand et signifie "chasseur") pilotés par des soldats triés sur le volet. Mais à force de se prendre des branlées par les humains, les Kaijus s'adaptent et deviennent de plus en plus forts et perfectionnés au point de renverser la tendance et être à un poil de moustache d'exterminer les Terriens et d'en dominer leur planète... Mais ce fût sans compter sur d'irréductibles résistants qui, dotés d'une motivation à toute épreuve et des meilleurs talents de la Terre vont peut-être, remporter cette guerre inter-espèces...
Ouah, quel scénario original ! Tellement singulier qu'il est impossible de deviner les scènes à venir, les dialogues, les morts prochaines, les retournements de situations, le comportement des personnages, l'épilogue... Véritable génie que ce Guillermo, el Toro du septième art. Allant de surprises en surprises, ce très long-métrage (cent trente et une minutes tout de même) emmène le spectateur de cinéma dans un imaginaire inimaginable, flirtant avec le délire psychotique. Un talon de ticket sans nul doute imprimé sur un buvard de LSD !
Et puis cette 3D, merveilleuse conversion numérique après tournage, largement plus agréable qu'un anaglyphe avec des lunettes rouge/cyan sur le haut du nez ! Pour une fois qu'un film est servi excellemment par la 3D, non pas présente pour renflouer les caisses d'un studio qui a investi deux cents millions de dollars dans un blockbuster et qui veut per fas et nefas rentabiliser l'investissement au détriment de spectateurs trop stupides pour se sentir offusqués et floués, mais pour apporter une profondeur jamais-vu et offrir à ses sous-fifres une expérience hors du commun.
Quelle claque ! Vivement la sortie du Bluray 3D Edition Prestige Collector Limitée Numérotée Director's Cut avec en plus un des Jaegers en statuette !

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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