Un petit film touchant, où Helen Hunt excelle dans son personnage de prostituée pour légumes... euh... d'assistante sexuelle pour les handicapés. À ses côtés, John Hawkes campe avec brio un poliomyélitique dépendant d'un poumon d'acier cherchant, la quarantaine approchant, à découvrir la félicité amoureuse.
Alors que les diktats paradoxaux de la société contemporaine veulent imposer à nos encéphales l'image d'une égalité entre TOUS les êtres de la planète, qu'ils soient valides ou non, blancs, noirs, jaunes, pourpres, beurs, cons, intelligents, juifs, bouddhistes... le septième art s'efforce d'être rogue envers les handicapés. D'une part en insistant sur leur vulnérabilité (par leur paralysie, maladie, leur dépendance à une machine ou à des hommes), d'autre part en les mettant sur un piédestal, les montrant uniquement sous leurs beaux jours : plus courageux, car ils vivent dans un fauteuil ou sont déficient mentalement, plus déterminé et volontaire dans leur éducation (car les institutions telles que fac ou autre ne sont pas spécialement adaptés pour les accueillir, par exemple) pour obtenir un diplôme, plus obstiné à réussir un parcours de vie commun (métro, boulot, dodo)... Mais, où sont les énormes connards sur roulette ? Les ingrats et profiteurs ? Les chiants ? Les malpolis ? Les violents ? Les tueurs ? Seules quelques bribes de long-métrage au cinéma esquissent une image moins lisse, alors que la télévision, le huitième art, offre une vision plus réaliste, naturelle, juste et surtout drôle (que ce soit dans Glee avec Artie Abrams, dans les sketchs de Jérémy Ferrari, dans les émissions sur la TNT, dans South Park...). C'est vraiment trop injuste.

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques – L’Art romantique et autres œuvres critiques