Des poupées et des anges



Cent-deux minutes! Mon supplice a duré cent-deux minutes! "Des poupées et des anges" est censé durer cent-deux minutes, et pourtant nous avons l'impression que le film est dix, cent fois plus long. Le supplice du visionnage du premier long-métrage de Nora Hamidi (espérons que ce soit le dernier) est causé par des facteurs très simples.

Le premier : le montage est lent, terriblement lent. Chaque "séquence" dure une éternité. Chaque seconde du film est interminable. Chaque instant perdure, malheureusement. Si à cela on ajoute des fondus au noir magistralement malvenus, on obtient un cocktail de somnifère sans précédent.

Le deuxième : la musique est inaudible. Les "raps" que nous offre la finesse majestueuse de la plume de l'auteur sont dignes du meilleur morceau de Diam's (j'en viens à regretter "Dans ma bulle"...). Raps d'autant plus exaspérant qu'ils sont chantés (narrés?) par une Leïla Behkti aux cordes vocables inconvaincantes et inconvaincues.

Le troisième : les décors! Ouah, un nouveau film sur les banlieues, et la difficulté d'être né dans la cité, d'origine maghrébine, etc. C'est toujours agréable d'aller au cinéma pour voir les moches immeubles de Bobigny. Autant allumer la télé, regarder les infos et admirer les nouvelles misères que l'on assigne aux cités, ça nous coûtera moins de kopecks.


Le quatrième : la crédibilité. Quel film convaincant! Jamais la vie dans une banlieue malfamée n'a été si attirante. Quel plaisir de voir des immeubles habités par des milliers de personnes, avec des espaces collectifs et communs totalement déserts. Et après, les médias nous assènent du "violences en cité", du "une patrouille de policiers agressée par des jeunes de banlieue", ou du "tensions sociales terribles, l'armée sur ses gardes"...? Où va le monde?

Le cinquième : le jeu d'acteur. Samy Nacéri n'a définitivement rien d'un bon acteur de cinéma. Son interprétation est particulièrement fausse et énervante. Et les filles du casting (oula, il y en a trop!) ne sont pas en reste. Leïla Behkti nous prouve son non-talent (qu'on pourra confirmer par la suite en regardant "Tout ce qui brille"), tandis que sa sœur de personnage (Karina Testa) nous pourri la vision avec un faux charme et une interprétation de prostituée qui ne s'assume pas.

Il existe encore des milliers d'autres facteurs prouvant que "Des poupées et des anges" est un déchet pur et dur du cinéma, cependant, mieux vaut cesser toute évocation de ce film, à tout jamais.

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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