La famille Jones


Du rêve en veux-tu en voilà...
"La famille Jones" nous narre les péripéties de la famille parfaitement superficielle, et en tous points magnifique. Pourquoi ? Parce que Demi Moore, avouons-le, est un sex-symbol incroyablement attirante qui a réussi à se faire des millions d'ennemies en se tapant Ashton Kutcher. Parce que David Duchovny n'a pas que fait "X-Files", c'est aussi Hank Moody, le queutard le plus cool de la planète hertzienne (note : à l'heure du numérique, cette expression est désormais obsolète). Parce que Amber Heard joue dans le nouveau John Carpenter ("The Ward") et que elle aussi est sacrément sexy. Parce que Ben Hollingsworth est un (presque) inconnu de la scène cinéma. Parce que tous ont dans le film une méga baraque décorée à la perfection, avec des joujous tout beaux tout neufs, des caisses à en faire pâlir d'envie les classes moyennes et populaires, un style de vie qui fait rêver la foule, etc.




Vous l'aurez compris, je vous vend la perfection incarnée. Et je ne suis pas le seul, car ici est tout le propos du film : la vente. La famille Jones n'est pas tout à fait exceptionnelle. En effet, tout est factice. Rien ne leur appartient. Ils "ont" tout ça car ce sont des commerciaux qui vous vendent un style de vie (sacrément huppée la vie!), dominé notamment par le consumérisme high-tech et futile. Alors bien sûr, ça fait rêver, mais ça fait peur surtout. La fascination qu'ont les classes basses pour tous les artifices de la vie, pour tout le côté superficiel de l'existence, les pousse dans la folie de cet irréel, à feuilleter jour après jour les magazines people, à se masturber l'esprit devant "Sagas" ou "E!", à jouer sa paie au Loto en espérant devenir comme ces gens, à se serrer la ceinture et s'endetter pour s'acheter le dernier écran 3D ou une belle voiture, à se ruiner le palpitant face à tant de splendeur imaginaire. Et le réalisateur de "La famille Jones" a compris tout ça en tournant des pubs, et en observant des mannequins payées pour consommer tel ou tel produit... Avec ce film, il pousse le spectateur que je suis à profiter encore plus fort de son style de vie modeste. Il m'oblige à ne pas m'attarder sur les potins people ou sur les émissions consacrées aux stars. Il me force à reconnaître la beauté et la magie d'une vie simple, sans contrefaçons. Et aussi, il m'astreint à vous recommander son film.

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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