Les émotifs anonymes
Bah alors ?! On n'attend pas Patrick ?
Il est aux environs de 23 heures lorsque je me décide à user du DVD fraîchement reçu du film de Jean-Pierre Améris, "Les émotifs anonymes". Ma platine allumée et connectée à ma télévision impatiente de recevoir de nouvelles images, me poussent à m'emmitoufler bien au chaud sous les couettes. Il était prévu que ce long-métrage m'aide à me retrancher dans le bunker du sommeil, point n'en fût. L'histoire des "Émotifs anonymes" est certes convenue, légèrement stupide sur les bords et inconcevable (si le scénario est tiré d'un fait divers, je me tire une balle !), elle parvient malgré tout à me tirer hors des tranchées hypnotisantes qu'avait préparées Morphée. C'est parti pour une heure et quinze minutes de cinéma...
Une chocolatière de génie rencontre le gérant d'une fabrique de chocolat sur le déclin. Le seul hic est que tous deux sont sacrément émotifs. L'un a une peur terrible des femmes, tandis que l'autre craque dès lors qu'il y a trop de regards sur elle. Le premier ira chez un psy pour régler son problème, tandis que l'autre se rendra à des réunions d'émotifs anonymes. Au fil du temps, ces deux êtres prédestinés à s'aimer vont se découvrir et transcender peu à peu leurs difficultés sociales avant de s'enlacer avec tendresse. Pas grand chose de bien original et imprévisible dans le scénario (si ce n'est peut-être que les personnalités émotives ne trouvent que très peu leur place au cinéma), il n'empêche que l'on y adhère à cette glu visuelle. Le mérite en reviendra à une réalisation axée sur une esthétique rétro (kitsch pour certains), à un duo d'acteur touchant et drôle. La performance de Benoit Poelvoorde redore son blason et lui confère une bonne place dans le top 10 des meilleurs acteurs francophones du moment ; quant à Isabelle Carré, son jeu sonne très juste et l'on ressent à travers ses yeux pétillants le talent qui lui a fait gagner huit ans plus tôt le César de la meilleure actrice.
Le long-métrage est au final une excellente surprise. Et forcément, un film avec comme fil rouge le chocolat, sérieusement, difficile de passer à côté... Bonne nuit les émotifs !
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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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