Ah ouais d'accord : il suffit de mettre l'une
des actrices les plus sexys de notre époque, un acteur/chanteur plutôt beau
gosse, quelques petites blagounettes (pas facile de pisser quand on bande!), un
scénario suintant le sex-contract entre deux amis/amants qui vont, oh
surprise, devenir sans s'en rendre compte fous amoureux l'un de l'autre au point
d'incarner l'amour originel... pour attirer au cinéma des consommatrices aigries
et en manque d'amour ! L'art cinématographique est si accessible, que Will Gluck
s'amuse avec une habileté molle à se moquer des clichés de la comédie
romantique, alors qu'il les exploite tous sans exception (protagonistes qui vont
finir ensemble, ami homosexuel, alternance entre scènes humoristiques et
séquence émotion, une musique expressive pour que la spectatrice sache quelle
émotion ressentir à tel ou tel endroit...). Une comédie romantique comme on en a
vu (ou pas) des centaines. Et c'est là que le mât mlesse (ah, ah) : quelques
mois plus tôt, un long-métrage, avec exactement le même thème (avec au passage
un conflit pour le titre...), avec deux acteurs de haute voltige (Natalie
Portman et Ashton Kutcher), sortait dans les salles : "Sex Friends". Quelques semaines
avant "Sexe entre amis", il paraissait en DVD... Mauvais timing.
Dommage,
car s'il n'y avait pas eu cette belle concurrence, le film aurait pu trouver sa
place dans le paysage cinématographique de 2011. Le scénario est un peu plus
fourni que son prédécesseur, et les répliques plus scabreuses sur les relations
sexuelles (cf. quinze lignes plus haut ; "Ton boulot ne te dira jamais qu'aimer
un doigt dans le cul, c'est être gai ! - Je n’ai jamais dit 'dans'. J'ai dit
'autour', comme un petit bouton"...). Une pointe de piment dans l'oeuvre, qui va
rapidement se transformer en une insipide et banale boîte de conserve chauffée
au micro-ondes par un scénariste blasé et conditionné à la mièvrerie
environnementale. Le couple Justin Timberlake/Mila Kunis fonctionne
difficilement, malgré leurs efforts communs. à noter que la voix de Justin est
absolument agaçante en VO (lorsqu'il parle, non lorsqu'il chante, nda), et
absurde en VF (celle du doubleur ne colle pas du tout au personnage, d'autant
plus lorsque l'on reconnaît le timbre de JD de "Scrubs", ou Fry de
"Futurama"... point de vue absolument subjectif, nda). La bande originale
quant à elle, n'est pas franchement top, et les reprises sont à la limite de
l'écoutable. Heureusement insignifiante, elle se cantonne à un rôle de papier
peint, et se fait aisément oublier par le spectateur. Terminons par un point
positif : le générique de fin, façon iPad (ce dernier ayant une place
prépondérante dans le long-métrage, un placement produit pesant), qui fait
comprendre au spectateur qu'il n'est qu'un pauvre consommateur parmi tant
d'autres. Toujours décevant d'être pris pour un pigeon.

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques – L’Art romantique et autres œuvres critiques