Christopher Leone plonge sa caméra pendant 24 heures dans une ambulance aux côtés de Randy (Rainn Wilson, alias Dwight Schrute pour les fans de The Office), de son partenaire Mike (Lil Rel Howery) et de leur nouvelle recrue, Jessica. Le pitch tient sur un post-it. Et c’est très bien comme ça.
S.O.S. Burnout
Ce qui frappe d’emblée, c’est que le film ne ment pas. Les ambulanciers sont épuisés, mal payés, méprisés par les médecins, ignorés par le système, et pourtant, ils sortent leur propre fric pour le boulot. Si vous avez un proche dans le milieu médical ou paramédical, il reconnaîtra chaque scène avec ce sentiment légèrement nauséeux du "Ouais, c’est exactement ça".
Le ton oscille entre le comique et le franchement difficile, et la bascule ne fait pas mal parce qu’elle est honnête. L’humour de Randy et Mike, ce n’est pas du cynisme de scénariste bien nourri, c’est le mécanisme de survie de mecs qui voient trop de merde pour rester sérieux tout le temps. On connaît tous quelqu’un comme ça.
Est-ce que le film est parfait ? Non. Par moments, il manque un peu de confiance, il explique ce qui pourrait juste être montré, et la balade à travers tous les maux de l’Amérique a un côté liste de courses qui peut lasser. Mais globalement, Code 3 fait ce qu’il dit, dit ce qu’il fait, et ne vous prend pas pour un con. Et puis Rainn, il m'a mis la larme à plusieurs moments.
Dans un paysage saturé de super-héros et de reboots, un film qui parle de types normaux faisant un boulot de dingue dans l’indifférence générale, ça mérite qu’on s’y attarde.
NDA : j'avais la partie ci-dessous intégrée, et au final après relecture, elle n'apporte rien, n'a pas de sens, n'est même pas honnête envers moi-même. Bon, je pèse un chouïa mes mots, y'a pas que du faux, mais j'ai été leurré par la fatigue, et après de bonnes nuits mon avis a changé.
Jessica, donc. Incarnée par Aimee Carrero. Alors, voici (et je l’assume pleinement, nda) : la fille est belle. Pas belle au sens "plastique aseptisé" du Hollywood habituel, pas la bombe interchangeable qu’on glisse dans un film d’action pour captiver le mâle de 15 à 49 ans. Non. Elle a ce truc plus subtil : un visage qui pense, des yeux qui doutent, la beauté un peu fatiguée de quelqu’un qui essaie vraiment. Dans une ambulance crasseuse à 3h du matin, ça change tout. Et franchement, ça n’aide pas Randy à lâcher le boulot sereinement.

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Cependant il est présumable qu’il fournira encore matière à bien des thèses et des commentaires éloquents.
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